La Bolivie reprend le chemin de la mer

Après la décision de justice rendue par le Cour internationale de justice de La Haye le 1er octobre refusant l’obligation de négocier pour un accès maritime au Chili, le gouvernement de La Paz a signé avec des sociétés privées un accord pour le développement de Puerto Bush.

Le 6 janvier, soit trois mois après la décision de la Cour internationale de Justice de La Haye, le gouvernement bolivien reprend les rênes de son avenir. Le gouvernement bolivien a signé, le 6 janvier, un accord avec des sociétés privées pour développer les installations de Puerto Bush. Ce port situé au sud est du pays est bordé par le Paraguay et permet un accès fluvial et maritime vers l’Atlantique. L’accord prévoit un investissement de 450 M$ dans ce port par les sociétés privées et l’obligation pour le gouvernement d’améliorer les accès ferroviaires et routiers. Le secteur privé devra notamment développer les installations pour faire de Puerto Bush un hub d’import et d’export pour les produits boliviens. « En termes économiques ce projet implique que nous devrons disposer d’une grande capacité de diversification de production et de nos exportations. Nous devons disposer de la capacité de réorienter nos exportations par ce point », a expliqué le ministre Carlos Romero.

Carte réalisée par le Comité intergouvernemental du réseau Paraguay Parana.

Puerto Bush présente de nombreux avantages mis en avant par le gouvernement de La Paz. Situé directement sur le fleuve Paraguay, il permet de relier l’Atlantique et offre une navigation libre pour les boliviens inscrite dans l’accord négocié avec le Paraguay en 1937. Le principal atout de ce fleuve est d’éviter tout transbordement dans un port maritime pour une expédition en voie fluvio-maritime des produits boliviens et de rester navigable toute l’année. Le Paraguay offre un tirant d’eau de 6m avec des variations minimes au cours de l’année. Selon les premières estimations, ce port pourrait traiter rapidement entre deux et trois millions de tonnes de marchandises.

Actuellement Puerto Bush ne dispose que d’installations minimales : un quai, des barges et un convoyeur pour des minerais. Dans un premier temps, Puerto Bush devrait améliorer ses installations en créant un terminal public avec des outils adaptés. Ensuite, le gouvernement devra améliorer les accès terrestres qui sont fortement handicapés lors de la saison des pluies. Juridiquement, le gouvernement devra passer par une phase de transfert de la gestion de ce port à l’administration des ports de Bolivie et demander au service des parcs naturels nationaux l’autorisation de développer ce port situé dans une zone protégée.

En 2017, le réseau de voies navigables Paraguay-Parana a transporté 1,5 Mt. Les travaux réalisés sur Puerto Bush pourraient amener un trafic annuel de 3,1 Mt dès 2020, selon les premières estimations de la Chambre du commerce extérieur de Santa Cruz, chef lieu de la région, et 3,9 Mt en 2025.

Le projet vient aussi pour libérer les échanges internationaux de la Bolivie avec les ports chiliens. « Entre 2013 et 2017, les opérateurs boliviens ont perdu quelques 300M$ en raison des nombreux arrêts de travail dans les ports chiliens. Sur cette période ce sont plus de 60 interruptions qui se sont produites », a expliqué Gary Rodriguez, directeur de l’Institut bolivien du commerce extérieur.

Cet accord signé entre partenaires privés et publics vient en complément du projet de train interocéanique. Cette voie ferroviaire entre l’océan Pacifique et l’Atlantique devra permettre aux opérateurs boliviens d’avoir un accès maritime par Santos, au Brésil sur l’est du continent et le port d’Ilo, au Pérou pour l’ouest. Les travaux s’étaleront sur plusieurs années et le gouvernement bolivien veut s’engager dès aujourd’hui dans une alternative pour développer son commerce extérieur.

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