Douala confirme son statut de porte d’entrée du Tchad

Pendant deux jours, du 9 au 10 janvier, les douaniers camerounais et tchadiens ont repris le dialogue pour faire du port de Douala la porte avancée du Tchad.

Pour les observateurs locaux, les accords signés entre les douanes du Tchad et du Cameroun n’ont pas été faciles tous les jours. Les tensions subies par les opérateurs tchadiens sur le territoire camerounais ont souvent irrité les autorités de N’Djamena. Pays enclavé, le Tchad a malgré tout besoin d’une ouverture maritime. Il a toujours été un partisan de l’utilisation du port de Douala au Cameroun, même si récemment des rumeurs d’un transfert des flux tchadiens vers le Bénin ou le Congo ont circulé.

Le Port autonome de Douala a dédié une superficie de 10 hectares pour les marchandises destinées au Tchad et à la République Centrafricaine. ©DR

Par la réunion des 9 et 10 janvier, il semble que les brouilles passagères se soient dissipées. Deux jours de travail qui ont permis de poser les bases d’une nouvelle coopération entre les services des douanes des deux pays. La concertation entre les deux pays a visé à « faciliter le transit entre le Cameroun et le Tchad, améliorer les recettes douanières des deux pays, échanger les données sur le transit conventionnel, poursuivre l’encadrement du transit non-conventionnel, alléger le système de cautionnement et accélérer l’apurement des cautions », a indiqué d’entrée de jeu le directeur général des douanes camerounaises, Edwin Fongod Nouvaga. Un programme ambitieux.

Au cours de ces deux journées, les experts douaniers des deux pays ont pu échanger sur des points divers comme l’examen des questions procédurales, le contrôle en matière d’acheminement des marchandises en transit sur les corridors camerounais, les procédures dématérialisées et la gouvernance du transit.

Lutter contre les mauvaises pratiques

À l’issue de ces deux jours, 15 recommandations ont été adoptées qui seront à mettre en œuvre par les deux pays et par les opérateurs privés. Elles prévoient des réunions régulières entre les autorités des deux pays sur l’application des différentes dispositions prévues. Parmi les plus importantes, il ressort que les opérateurs et les administrations s’engagent à lutter contre les « mauvaises pratiques afin de fluidifier la circulation des marchandises le long des corridors », indique la 15è recommandation. Il est aussi prévu plusieurs recommandations sur la transmission des données entre les deux systèmes douaniers et l’utilisation et l’interconnexion entre les systèmes informatiques développés par les deux pays. La géolocalisation des marchandises sera assurée par les douanes tchadiennes. Enfin, sur le port de Douala, une antenne des douanes tchadiennes sera ouverte pour accélérer la sortie des marchandises et décongestionner le port camerounais. La presse africaine se fait l’écho de nombreuses tracasseries sur le corridor entre Douala et N’Djamena ou Bangui. Les barrages des PDG (police, douane et gendarmerie) et d’autres groupes coûtent quelques 154 000 FCFA (234,7€) par voyage, selon un chiffre publié par camer.be. Une somme qui s’élève à 200 MdFCFA (304,9M€) par an pour les opérateurs routiers. Ces frais s’ajoutent en fin de chaîne sur les consommateurs finaux. De plus, nombre d’importateurs tchadiens ou centrafricains se plaignent de la durée des acheminements entre le port et le lieu de consommation. Ainsi, des témoignages d’importateurs de produits frais font état de la perte d’une grande partie des arrivages. « Les légumes sont en grande partie pourri en raison des tracasseries administratives sur la route », se plaignent certains importateurs de produits frais.

 

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