MEDPort : une association aux ambitions opérationnelles

Présidente de l’association MEDports et du directoire du Grand port maritime de Marseille-Fos, Christine Cabau-Woehrel est venue présenter les objectifs de cette nouvelle organisation. À quelques jours de son départ de la présidence du directoire du Grand port maritime de Marseille-Fos pour rejoindre le groupe CMA CGM, Christine Cabau-Woehrel a présenté l’association MEDports au siège de l’Union des ports de France.

Créée le 27 juin 2018, MEDports Association se veut avant tout une organisation opérationnelle entre les ports des deux rives de la Méditerranée. Dès le premier jour de création, 22 autorités portuaires ont adhéré. Elles sont originaires des quatre coins de la Méditerranée. Se retrouvent côte à côte, Algésiras, Beyrouth, Arzew, Marseille-Fos, Damiette. Lors de sa création, l’association s’est donnée pour but de se placer sur le plan opérationnel. « Nous ne sommes pas un nouvel outil de lobbying, ni une association à vocation politique », a insisté Christine Cabau-Woehrel. L’objectif est de partager des expériences entre les différents adhérents. Pour se faire, elle comprend six comités de travail : développement durable, formation et emploi, sécurité et sûreté, statistiques et analyse marketing, relations avec les institutions internationales et enfin, Smart Port. Les sujets traités par ces comités sont décidés lors de l’assemblée générale de l’association. Ainsi, le comité analyse et marketing sera en charge de collecter tous les trois mois les modèles statistiques des adhérents, de partager des KPI (clés de performances) et encore de rédiger un rapport sur le rôle de chaque autorité portuaire. Le comité technique sur les Smarts Ports sera l’occasion de débattre sur le guichet unique, débattre de l’état de l’art du numérique appliqué aux ports et de faire des propositions sur le partage de la technologie entre les ports des deux rives. Le comité sur le développement durable (sustainability) a pour cadre de travail la tentative de trouver une méthode pour mesurer l’empreinte carbone dans les différents ports méditerranéens et aussi sur l’alimentation de quai. Un comité sera en charge des relations avec les institutions internationales. Ce comité sera en charge d’entretenir les relations avec les instances européennes et les autres organisations européennes. « Notre association se présente comme un complément à l’Espo en regroupant des ports méditerranéens de la côte nord de l’Afrique. Elle pourra ainsi fournir l’expertise Med aux institutions européennes », a continué la présidente de l’association. MEDports Association veut être un pont entre l’Europe et l’Afrique du nord en instillant une « méditérranéitude » aux institutions de Bruxelles.

Un pont entre l’Afrique et l’Europe

Posées ces conditions de travail, l’association va devoir délimiter la frontière entre concurrence et mise en commun de bonnes pratiques. « Nous validons ensemble lors de l’assemblée générale les thèmes que nous aborderons. Il s’agit avant tout de traiter de sujets non clivants qui concernent les deux rives de la Méditerranée. Ainsi, nous abordons le sujet de la sûreté qui concerne les deux rives de notre mer », a précisé Jérôme Giraud, directeur du port de Toulon. Et Christine Cabau-Woehrel d’aller plus loin : « Nous n’avons pas l’ambition de traiter de tous les sujets mais ceux dont nous sommes capables. Il s’agit de fournir aux politiques les enjeux de la Méditerranée. »

Bâtie sur le modèle de la Baltic Port Association (qui regroupe les ports scandinaves), MEDports Association est encore jeune. Les deux organisations diffèrent sur plusieurs points et notamment sur le budget. « BPA dispose d’un budget suffisant pour avoir pu embaucher des permanents. Les ports scandinaves avaient aussi un sujet sur l’environnement qui composait la base de leur union. » Ce sera un des objectifs de l’année pour l’association : recruter de nouvelles autorités portuaires. Avec de nouveaux adhérents, le budget de l’association pourra augmenter. Le potentiel de cette association est important. Depuis Israel à l’Espagne en passant par l’Italie, la Turquie, l’Egypte et la Grèce, les responsables actuels de de l’association estiment qu’ils pourraient avoir entre 40 et 50 adhérents. D’ores et déjà les ports français de Sète et de Port Vendres font défaut. Ils ont été contactés, assurent la présidente de l’association. En Italie, La Spezia et Tarente se montrent intéressés. L’association portuaire italienne, Assoporti, voulait une orientation plus politique et n’a donc pas souhaité adhérer. En Espagne, si Puertos del Estado, organisation nationale des ports, est adhérente, cela n’empêche pas les ports d’entrer dans l’association à titre individuel. En Turquie, l’organisation portuaire est « compliquée », selon la présidente de l’association. En Grèce, les choses sont aussi compliquées avec le port du Pirée qui est entre les mains du groupe Cosco et celui de Thessalonique en pleine mutation. « Au global, il apparaît que lorsque le politique est fortement impliqué dans le monde portuaire, les ambitions sont plus tournées vers ces considérations que sur l’opérationnel. »

Quant au champ d’application des adhérents, Christine Cabau-Woehrel souligne que ce sont les autorités portuaires qui peuvent adhérer. Elle exclus les opérateurs privés, dès lors qu’ils n’ont pas de rôle comme autorité portuaire. Manutentionnaires et concessionnaires de terminaux ne seront pas acceptés, sauf s’ils présentent les pouvoirs d’une autorité portuaire, à l’image de Serport, en Algérie qui dispose des deux casquettes : manutentionnaire et autorité portuaire.

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