Bois tropicaux : un marché en plein tourment

Lors de sa réunion annuelle sur le marché des bois tropicaux, l’International Tropical Timber Organization (ITTO) a dressé un premier bilan de l’année 2019 en Afrique de l’ouest et du centre. Le marché se débat toujours dans des tensions et des difficultés.

La réunion annuelle de l’ITTO sur le marché des bois tropicaux s’est déroulée le 3 décembre à Lomé, Togo. Plusieurs intervenants ont expliqué l’état du marché des bois tropicaux. « Le marché des bois tropicaux a connu ces derniers mois des incertitudes qui ont été poussées par le différend commercial entre la Chine et les États-Unis », indique le bilan du marché. Les américains ont vu les volumes d’exportation vers la Chine se réduire. Pour les producteurs chinois, la hausse des taxes à l’importation vers les États-Unis a sensiblement réduit les trafics. Dans l’Union européenne, la baisse des constructions immobilières n’a malgré tout pas atteint le trafic de contreplaqué. Les importations européennes de contreplaqué, provenant majoritairement de Chine, ont malgré tout progressé de 39% à 76 100 t, sur la première moitié de l’année. Une hausse qui a été contrecarrée par la baisse des importations depuis la Malaisie et d’Indonésie. Avec 19 700 t de contreplaqué importé depuis la Malaisie sur le premier semestre, les importations européennes ont perdu 32%. Depuis l’Indonésie, la baisse est moindre avec une diminution de 4% à 46 300 t.
Au Japon, les importations de contreplaqué se sont aussi contractées. Les provenances chinoises, indonésiennes et malaisiennes ont été abandonnées au profit de l’utilisation de bois domestique.
Ces données, jugées pessimistes par l’organisation internationale, ne doivent pas cacher une réalité encore plus lourde et qui s’inscrit dans la durée. Les pays ayant signé avec l’Union européenne un accord de partenariat pour éviter les exportations illégales de bois (il s’agit du Cameroun, République Centre Africaine, Ghana, Indonésie, République du Congo, Libéria, Côte d’Ivoire, RDC, Gabon, Guyane, Honduras, Laos, Malaisie, Thaïlande et Viet Nam) ont vu les produits forestiers baisser drastiquement au cours des dernières années. En 2005, note l’ITTO, l’Union européenne a importé 9,2 Mm3. En 2017, les importations européennes des produits forestiers ont perdu 52% à 4,4 Mm3. Un signe positif a été cependant relevé par l’organisation internationale. Le parlement néerlandais a voté un texte à une écrasante majorité qui préconise l’utilisation du bois dans les nouvelles constructions immobilières.
L’analyse du marché dans la région d’Afrique de l’ouest et du centre montre une tendance à la stabilité. « Malgré la baisse de production au Cameroun, note l’ITTO, les prix FOB demeurent stable dans la région ». Les concessions détenues par des sociétés chinoises n’ont pas été renouvelées au Cameroun. La raison de ce retrait vient du marché chinois dont les stocks sont en forte hausse. Les autres sociétés détentrices de concessions fonctionnent au ralenti. « La production se fait en fonction de la demande », indique l’ITTO. Les producteurs font aussi le choix de mettre en veilleuse une grande partie de leur matériel d’exploitation.

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