La voile l’emporte sur la vapeur pour Manitou et Beneteau

Après Renault,  Manitou, spécialisé dans les matériels de manutention, et Beneteau, constructeur de bateaux de plaisance, ont annoncé le 26 mars leur participation comme chargeurs sur la ligne développée par Néoline entre la France et les États-Unis.

La logistique a ses raisons que le cœur ne peut ignorer. Le groupe Manitou a décidé le 26 mars de participer à ce nouveau bond en avant vers les techniques ancestrales que sont la navigation à la voile. Alors qu’aujourd’hui tout semble devoir se faire rapidement et dans l’instant suivant, Manitou mise sur le projet de Néoline d’aligner un navire roulier entre la France et les États-Unis. « Une démarche qui s’inscrit dans notre stratégie de réduire notre empreinte environnementale », indique le groupe Manitou dans un communiqué.

Sur l’année 2019, le groupe Manitou prévoit d’expédier quelque 1000 machines vers le marché nord-américain. « Il est primordial pour le groupe Manitou de pouvoir accéder à des solutions de transport à la fois performantes et responsables. La proposition de NEOLINE est en totale adéquation avec nos besoins opérationnels. Elle est par ailleurs viable énergétiquement avec une estimation à plus de 4 000 t de CO2 économisées par an. Avec ce service, nous conserverons des délais de livraison similaires tout en optimisant le pré-acheminement depuis nos usines du Grand Ouest jusqu’au port de Nantes -Saint-Nazaire », indique Augustin Merle, directeur transport et projet logistique au groupe Manitou.

Néoline prévoit de démarrer les premières rotations entre Nantes Saint-Nazaire et la côte est américaine puis Saint Pierre et Miquelon en 2021. « Nous devrions expédier principalement des nacelles élévatrices de personnes et des chariots télescopiques par ce système logistique », nous a confié un responsable du groupe Manitou.

Actuellement les produits du groupe sont exportés par des armements rouliers comme ACL et Wallenius selon les besoins logistiques. Demain, une logistique utilisera la voile en mer et le thermique sur terre. Du côté du groupe Manitou, l’intérêt ne réside pas sur l’aspect financier. Le taux de fret entre la voile et le navire roulier n’a pas grande différence au mètre linéaire.

La décision du groupe Manitou s’est accompagnée le même jour de l’annonce par le groupe Beneteau de faire confiance à Néoline pour exporter vers le marché américain une partie de leurs navires de plaisance. « Le marché nord-américain représente près de 30% de notre chiffre d’affaires. Les dimensions exceptionnelles de nos bateaux et la nécessité d’en préserver la qualité à chaque étape du transport, fait de ce flux un vrai défi logistique. Néoline propose une solution sur-mesure, écologiquement et économiquement pertinente pour nos flux transatlantiques, et avec un chargement au plus près de nos chantiers. En tant que premier fabricant au monde de voiliers de plaisance, l’utilisation de la voile dans le monde du transport maritime nous est apparue comme une évidence, habilement mise en œuvre par le projet Néoline », a indiqué Magdeleine Allaume, directrice achat et supply chain du groupe Beneteau.

Fort de ce couple de chargeur, il appartient désormais à Néoline de mettre en ligne son nouveau navire. Le Néoliner, d’une capacité de 1500 m linéaires, 280 EVP et 5 000 t de fret conventionnels, devrait entrer en service en 2021. La rotation reliera les ports de Saint-Nazaire à Bilbao en un jour, pour ensuite se rendre à Charleston en 13,5 jours. Il lui faudra 2 jours pour arriver à Baltimore et enfin 3,5 jours pour se rendre à Saint-Pierre et Miquelon. Le retour sur Saint-Nazaire se fera en 7,5 jours. Au total, la rotation complète se fera sur 28 jours. Un calcul réalisé selon les relevés météorologiques des cinq dernières années. La solution du Néoliner permettra de réduire de 90% les gaz à effets de serre et d’éviter toute émission de SOx et Nox.

Avant Beneteau et le groupe Manitou, Renault s’est déjà positionné sur ce projet en devenant aussi un chargeur partenaire. Une démarche commerciale innovante qui prévoit la commercialisation d’un service avant la mise en ligne du navire. Une leçon dont certains opérateurs pourraient s’inspirer à plus grande échelle.

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