Le déchargement des sacs de riz en Afrique de l’ouest : prévenir les pillages

Dans une note récente du West of England P&I Club, la mutuelle d’armateurs alerte ses membres sur le vol lors du déchargement de sacs de riz dans les ports d’Afrique de l’ouest.

Les sacs contenant des produits alimentaires font souvent l’objet de vols. Une réalité que le P&I Club West of England a souhaité mettre en avant dans une note mise en ligne le 15 avril. « Les aliments sont convoités par les pilleurs soit pour la consommation personnelle, pour des cadeaux ou la revente », note le P&I Club. De plus en plus de cas sont déclarés dans les ports d’Afrique de l’ouest. Les sacs sont déchirés soit accidentellement lors du déchargement mais aussi délibérément pendant la manutention. Le riz est généralement conditionné dans des sacs de 50kg. Dans ces conditions il est difficile de les manutentionner à la main. Ils sont alors formé en élingues pour être déchargés par les grues du bord ou du quai. Lors de cette manutention, les sacs peuvent être vite déchirés. Bien plus, le West of England P&I Club note que des dockers peuvent aussi, à l’aide de couteaux ou de crochets de manutention, déchirer les sacs pour en prélever une partie. Sur chaque sac, ils prélèvent une partie du chargement pour ensuite les rassembler dans un nouveau sac ou contenant et les sortir aisément du port.

Pour faire face à cette situation, le P&I Club propose plusieurs mesures à prendre par les commandants et les affréteurs. La première est d’assigner un membre de l’équipage à chaque cale en cours de travail « dans la limite du temps de travail et de repos de ces salariés ». Il aura en charge l’observation des opérations de manutention. La seconde prévoit de demander à l’officier de pont de réaliser des patrouilles aléatoires pendant les opérations de manutention. La mutuelle d’armateurs propose aussi de s’attacher à ce que seules les personnes prévues pour le déchargement soient présentes à bord ou dans les cales du navire. Dès lors qu’un vol est constaté, il convient d’en informer le responsable du manutentionnaire et de prendre des photos pour les preuves avec une précaution particulière à ne pas se montrer lors de la prise de photos pour éviter de déclencher des agitations sur le quai. Le responsable du bord doit alors aussitôt envoyer un courrier à toutes les parties concernées par ce chargement et de mettre l’affréteur en copie de ce courrier. Le West of England P&I Club propose aussi d’employer des sociétés de sécurité, avec des chiens, pour décourager les éventuels pilleurs. Le P&I Club indique aux affréteurs qu’ils disposent au travers de leur réseau d’agents de terrains qui peuvent orienter le commandant vers les sociétés les plus sérieuses. Enfin, il recommande activement de clore et sécuriser toutes les cales qui ne sont pas en opération pendant le déchargement.

En dernier recours, la situation pouvant devenir hors de contrôle, les équipes du bord peuvent menacer de fermer les cales et de suspendre les opérations de manutention « en attendant que toutes les parties se mettent d’accord pour prendre les mesures nécessaires à la bonne continuité des opérations ». Toutefois, la fermeture des cales et la suspension des opérations ne sont pas sans risques pour chaque partie. Dans ce contexte, le P&I Club privilégie que le propriétaire du navire et le correspondant local du Club soient informés de la situation avant d’en arriver à une telle solution. En effet, si le déchargement est suspendu, l’autorité portuaire peut demander au bord de libérer l’espace le long du quai pour laisser la place à un autre navire. Une situation qui peut faire boule de neige et entraîner des surestaries et autres frais supplémentaires. Ensuite, si le commandant refuse de quitter le quai, cela peut amener l’autorité portuaire à dresser un procès verbal au navire pour avoir occupé un quai sans procéder aux opérations de manutention.

Ainsi, la manutention de sacs contenant des aliments de toute nature telle qu’elle soit doit être réalisée dans des conditions de sécurité notamment dans des pays où les prix de ces produits ne cessent d’augmenter.

Les cargaisons de produits alimentaires peuvent aussi, avant même d’avoir été déchargée être refusée par le réceptionnaire. Le 17 avril, le Port autonome d’Abidjan a indiqué avoir procédé à la destruction de 18 000 t de riz qui ne répondaient pas aux normes imposées par la Côte d’Ivoire. La cargaison, déchargée entre le 11 et le 18 mars s’est avérée avoir des anomalies suite à des analyses.

Le transport de produits alimentaires en sac concentre aujourd’hui de nombreuses préoccupations tant en ce qui concerne son transport que ses opérations de manutention sans oublier les risques inhérents au transport dans les corridors intérieurs. Le pillage n’est pas propre aux opérations maritimes. Les vols dans les camions étant fréquents, les opérateurs souhaitent se tourner vers des modes plus sûrs comme le ferroviaire, « mais pour cela il faudrait disposer d’infrastructures et de services », soulignent les négociants.

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