Les basses eaux danubiennes et rhénanes jouent contre le camp européen

Les basses eaux du Danube et du Rhin ont eu un impact sur les trafics céréaliers européens.

L’automne 2018 a été particulièrement sec en Europe. Le manque d’eau s’est fait directement ressentir sur le trafic fluvial du Rhin et du Danube. Un phénomène pas exclusif puisqu’il était déjà survenu en 2003, 2011 et 2015. Les épisodes de basses eaux semblent intervenir à des cycles de plus en plus fréquents. Sur le haut et moyen Danube, le tirant d’eau a été inférieur à 2 m pendant l’été. Il a fallu prévoir des transbordements pour les convois qui affichaient un tirant d’eau supérieur à 1,8 m. La flotte danubienne est sensible aux variations des eaux compte tenu de la construction des barges dans les années 80, prévues pour des tirants d’eau supérieurs à 2,5 m. Au final, le prix du fret avec ces baisses de tirant d’eau a été multiplié par trois au cours de la période. Dans un communiqué de presse, l’association des producteurs de céréales de Hongrie constatent « qu’avec les basses eaux du Danube et la forte pression de la demande à l’export, les producteurs doivent recourir à d’autres modes de transport. » Dans ce contexte, les céréales récoltées en juillet 2018 sont stockées dans les silos le long du Danube ou restent chez les agriculteurs, a déclaré le président de l’association, Tamas Patohazi. Les exportateurs se sont donc tournés vers le mode routier. Intervenant en secours, les prix du transport vers les ports par la route a eu pour effet de faire grimper le coût de la mise à Fob des céréales de 15 à 20%. En novembre 2018, le président de l’association hongroise imaginait qu’il faudrait attendre le printemps 2019 pour que les stocks se rééquilibrent entre silos intérieurs et portuaires.

Rhin-Danube: le duo qui a favorisé l’Ukraine

Une situation analogue s’est mise en place su rle Rhin. Les basses eaux ont impacté fortement les taux de fret des produits du centre de l’Europe. Avec la sécheresse de l’été 2018, la récolte de maïs a été en baisse l’an passé. Pour compenser ces pertes, l’Allemagne n’a pas pu importer des produits depuis la Bulgarie et la Roumanie en raison du faible tirant d’eau du Danube. Les taux de fret ont donc augmenté en conséquence. Dans une note publié en mars, FranceAgriMer indique qu’un transport de tourteaux entre Mayence et Staubing a augmenté de 9,5€/t et jusqu’à Nuremberg, la hausse a été de 17€/t. Ces basses eaux sur le Rhin ont aussi eu pour conséquence de grossir le taux de fret fluvial à la tonne en raison des capacités réduites des barges. Et parce qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la disponibilité des camions s’est raréfiée en raison de la forte demande. « Au total, note FranceAgriMer, la sécheresse aurait entraîné une baisse de 30 à 40% du commerce agricole ». Avec l’hiver, la situation des eaux du Rhin est revenue à la normale mais l’approvisionnement des pays du nord de l’Europe par l’Ukraine a modifié les circuits logistiques. Ils ont préféré le maïs ukrainien à celui du centre de l’Europe. Selon les derniers chiffres disponibles, au troisième trimestre 2018 la baisse des volumes agricoles sur le Rhin est estimée à 14%. Il manquerait plus que le printemps arrive avec des précipitations hors normes pour que les fleuves soient encore touchés mais cette fois-ci par des crues.

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