Norlink : de l’association à la fédération

Norlink, l’association des ports du nord de la France, se transforme en une fédération regroupant les différents modes de transport.

C’est au cours des Assises du Port du Futur, qui se sont déroulées à Lille les 24 et 25 septembre, que Norlink a présenté sa nouvelle organisation. Après trois ans d’existence, Norlink est devenue mature. « Il fallait que nous nous transformions pour tendre vers l’intégration d’associations déjà existantes depuis quelques temps », a démarré Philippe Hourdain, président de la CCI des Hauts de France. D’association, Norlink devient une fédération. Elle regroupe quatre associations avec une centaine de membres et quatre permanents. Les associations sont, Norlink Ports, créé en 2016. Elle regroupe une vingtaine de ports de la région dont Dunkerque, Boulogne, Calais et Lille, ainsi que Getlink, l’opérateur du Tunnel sous la Manche. Parce que cette fédération se veut multimodale, elle a accueilli Norlink Fluvial, auparavant appelée le Consortium Fluvial des Hauts de France.  Il a œuvré pour des aides de modernisation de la flotte aux bateliers, et notamment le financement de nombreuses unités du type canal du Nord qui ont toujours eu du mal à trouver leur place dans le réseau fluvial français actuel, parfois trop grand parfois trop petit. Ensuite, se retrouve dans cette fédération Norlink Ferroviaire. Créée il y a cinq ans, cette association internationale travaille principalement autour du fret ferroviaire et compte entre 35 et 40 membres. Enfin, l’Association des ports de plaisance des Hauts de France a été intégrée dans la fédération. Les chargeurs ne sont pas oubliés. Ils sont regroupés au sein du club des chargeurs du nord et se retrouvent dans les différentes associations selon leur affinité pour tel ou tel mode.
Profitant des Assises du Port du Futur, la Fédération Norlink a signé un accord avec le port voisin d’Anvers. « Il ne s’agit pas d’un partenariat commercial entre le port d’Anvers et ceux des Hauts de France, a indiqué Stéphane Raison, président du directoire du Grand port maritime de Dunkerque. Il est encore trop tôt. Le Memorandum of Understanding signé avec Anvers porte principalement sur des enjeux de développement durable et de sécurité. » Pour le responsable du GPM de Dunkerque les ports du nord de la France et celui d’Anvers s’inscrivent tous les deux dans une dynamique pro-européenne. « Nous avons les mêmes enjeux avec Anvers ». Ainsi, prenant l’exemple de la pollution, il a rappelé qu’elle ne connaît pas de frontière et s’étend sur le triangle Dunkerque-Anvers-Lille. « Nous devons apporter une réponse commune sur ce type de sujet », a continué Stéphane Raison. Au-delà de la sécurité et du développement durable, l’accord avec Anvers prévoit aussi un volet sur le numérique. « Le transport de demain passe par la digitalisation. Sur ce point nous devons jouer la carte de la solidarité européenne ».

S’armer pour l’ouverture de Seine-Nord-Europe en 2028

Outre cet aspect, les trois ans d’activité et la constitution de la Fédération Norlink ont permis aux opérateurs et institutionnels de faire le point sur des grands dossiers qui concernent au premier rang les Hauts de France. Le dossier chaud du moment est celui du Brexit. Les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ne sont pas encore décidées. Pour cela, tant les ports que le Tunnel, ont mis en place de nouvelles installations pour être prêtes. « Nous étions prêts pour le 31 mars parce que chaque semaine nous avons travaillé ensemble, Dunkerque, Calais et le Tunnel. Nous le sommes pour le 31 octobre même avec un Brexit sans accord », continue Stéphane Raison. Une épée de Damoclès qui pèse au-dessus des ports impliqués dans le Transmanche pour continuer d’assurer une fluidité du passage. Au total, en France, les ports et Getlink ont investi 35M€ dont 15M€ dédiés uniquement aux établissements des Hauts de France. « Des sommes que les ports ont pris sur les enveloppes dédiées aux autres grands travaux. »
Et s’agissant de ces travaux, le projet de canal Seine-Nord-Europe est toujours inscrit dans l’agenda des opérateurs des Hauts de France. Philippe Hourdain a rappelé l’annonce faite par Jérôme Dezobry, président du directoire de la société du canal Seine-Nord Europe, d’une ouverture en 2028 du canal. « C’est tard par rapport aux annonces faites préalablement, mais ce projet est nécessaire », a regretté Philippe Hourdain. Pour le Préfet des Hauts de France, Seine-Nord n’est pas une infrastructure régionale mais plutôt nationale. « Tant que certains diront qu’il y a un risque que ce projet serve à d’autres que les français, nous n’avancerons pas. » Une étude réalisée par la CCI des Hauts de France et le Gerif sur les les plates-formes à construire le long de ce canal conclu sur quatre préconisations. La première vise à lancer immédiatement et accélérer la démarche de directive régionale d’aménagement du canal Seine-Nord-Europe. La deuxième demande l’inscription d’une composante fret ferroviaire au sein de cette directive régionale d’aménagement. La troisième demande à construire une stratégie de ce canal sur l’ensemble du périmètre des Hauts de France sans oublier l’Europe pour ne pas se limiter aux seuls abords de la voie d’eau. Enfin, le document préconise d’associer les entreprises et les gestionnaires d’infrastructures dans la définition de la stratégie.
Les responsables des Hauts de France semblent assurés de la réalisation du canal Seine-Nord-Europe pour 2028, sans prendre en compte les atermoiements politiques qui peuvent enterrer ce type de projet.

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