Ormuz : l’Iran veut imposer un péage

Le 25 juin, dans une dépêche, l’agence de presse iranienne Fars a indiqué qu’un texte a été adopté par le parlement iranien pour imposer un péage lors du transit par le détroit d’Ormuz tant pour les navires civils que militaires.

Le droit au libre transit dans les détroits, prévu par la convention internationale sur le droit de la mer de Montego Bay, oblige les États bordant un détroit à laisser le passage à tous navires. Le même texte ne prévoit aucune disposition sur le droit de passage. Pour le Parlement iranien, il faudra s’affranchir d’un droit de passage lors du franchissement du détroit d’Ormuz qui mène de la mer d’Arabie au golfe Persique. La dépêche de l’agence de presse iranienne Fars du 25 juin rapporte les propos de Hossein Ali Haji Deligani, un parlementaire qui a déclaré que « le Parlement a adopté un texte qui demande à tous les navires de payer un droit de passage afin d’assurer la sécurité des navires ». Le texte doit encore faire l’objet d’une promulgation par le gouvernement avant d’entrer en vigueur. Adopté par le Parlement iranien, il prévoit d’autres mesures et notamment une compensation financière auprès des États-Unis pour avoir attaqué un avion avec 290 passagers en 1988, des mesures de rétorsion pour tous les pays qui accueillent des forces militaires américaines, des sanctions contre les sociétés qui ont aidé les États-Unis à imposer les sanctions contre l’Iran et, la création d’un club des « sanctionnés des États-Unis ».

Le vote de ce texte au Parlement de Téhéran est une réponse aux déclarations récentes du président américain, Donald Trump, qui assure renforcer sa présence militaire dans la région pour assurer la sécurité du commerce international. Les iraniens, pour leur part, assurent que les Gardiens de la Révolution Iranienne sont en charge depuis des années de la sécurité du transit des navires.

La région vit aujourd’hui des tensions croissantes. Les déclarations de la part du locataire de la Maison Blanche à l’encontre des responsables de Téhéran font craindre le pire dans la région. Donald Trump s’est engagé dans une guerre des nerfs avec l’Iran utilisant Twitter. Ainsi, récemment, dans un texte sur le réseau social, il a rappelé qu’il assure la sécurité dans la région sans compensations financières. Il en appelle la Chine et le Japon, dont 90% des approvisionnements énergétiques proviennent du golfe Persique, d’assurer leur propre sécurité. « Tous les pays devraient protéger leur propre flotte dans ce qui a toujours été un voyage difficile », a indiqué Donald Trump dans un autre tweet.

Le développement aux États-Unis du gaz de schiste a permis au pays de l’oncle Sam de devenir auto-suffisant en pétrole, voire d’exporter une partie de la production. Une donne qui a modifié les routes maritimes du pétrole au cours des dernières années. À regarder de plus près, l’allié américain dans le golfe Persique, l’Arabie Saoudite, dispose de ports pétroliers sur la mer Rouge, ce qui lui permet de s’affranchir la sortie par le détroit d’Ormuz. Les autres producteurs comme le Koweit ou les Émirats Arabes Unis ne pèsent que peu dans la logistique pétrolière vers l’occident. En décidant d’assurer uniquement les navires américains dans les eaux du golfe Persique, Donald Trump renforce ses sanctions contre l’Iran et oblige les pays alliés à prendre position pour ou contre lui.

Quant au détroit d’Ormuz, le dispositif de sécurité se réalise dans les eaux omanaises lors du passage au large de l’île d’Ormuz mais, les navires doivent entrer dans les eaux iraniennes tant au sud qu’au nord du détroit.

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