Automatisation des terminaux : APMT recalé à Los Angeles

Le projet d’automatisation du terminal d’APMT à Los Angeles est devenu une polémique sur la côte ouest des États-Unis. Après avoir prononcé un véto, le conseil de de la ville de Los Angeles a redonné le dossier au conseil du port. Quant à APM Terminals, cette décision ne l’empêche pas de continuer le processus.

L’automatisation des terminaux prend une nouvelle dimension. Ce qu’il se déroule actuellement dans le port de Los Angeles pourrait faire tâche d’huile jusqu’en Europe. L’affaire a commencé en avril quand APM Terminals, le concessionnaire du quai 400 du port de Los Angeles a proposé de mettre en place des RTG autonomes sur le terminal au mois de mars. Le 25 juin, le conseil du port a adopté l’automatisation du terminal alors que le conseil municipal s’y est opposé.

Levée de boucliers de la part du syndicat de dockers, l’ILWU ( International Longshorement Workers Union) qui a mobilisé la population locale. L’objectif du manutentionnaire est d’améliorer la productivité du terminal. Pour le patron de Mærsk Amérique du nord, les terminaux de l’ouest américain subissent de plein fouet la concurrence avec les ports de la côte est et du golfe du Mexique, a rapporté le Los Angeles Times. En avril et mai, de nombreuses manifestations se sont déroulés à San Pedro initiées par le syndicat de dockers. La population légale s’est jointe aux dockers pour les soutenir en reprenant les slogans de : « les robots ne payent pas d’impôts », « les robots ne votent pas ».

Le conseiller municipal de Los Angeles, Joe Buscaino, a demandé au conseil du port de suspendre la décision sur l’approbation de la mise en place de l’automatisation dans le terminal d’APMT. Des réunions sous la direction du conseiller municipal réunissant le syndicat de dockers et le concessionnaire du terminal se sont déroulées pendant plusieurs semaines sans pouvoir aboutir à un accord. Alors, au mois de juin, le conseil du port de Los Angeles s’est prononcé en faveur de l’automatisation du terminal.

L’accord signé en 2015 prévoit l’automatisation du terminal

APMT a commandé quelques 400 RTG. Le syndicat estime que l’arrivée de ces engins pourrait faire perdre jusqu’à 500 postes. Pour l’opérateur du terminal, la mise en place de l’automatisation a été prévue dans le contrat signé par l’ILWU en 2014. Celui-ci prévoit la possibilité pour les manutentionnaires de passer en partie à l’automatisation. Un argument que l’ILWU réfute. En mai, Mark Mendoaza, président du local 13 de l’ILWU (fédération du port de Los Angeles), a indiqué au Los Angeles Times que « cette proposition (de Mærsk) n’est pas à propos d’environnement et de rationalisation. Il s’agit pour Mærsk de maximiser ses bénéfices à tout prix. Cela finira par assurer la fin de l’économie du sud de la Californie ». En effet, dans son argumentaire, APM Terminals évoque l’aspect environnemental des nouveaux équipements. Chaque RTG sera électrique et évitera l’émission de gaz à effet de serre alors qu’aujourd’hui le terminal utilise des engins diesel.

Pour la direction générale d’APMT, basée aux Pays-Bas, la situation est plutôt favorable. « Nous sommes optimistes que nous aurons la permission de procédé à notre projet. Il n’existe pas de base juridique à l’opposition continue de ce projet », nous a confié un directeur d’APMT à La Haye. « Cependant, nous continuons à travailler avec ILWU parce que nous sommes persuadés qu’un accord avec le syndicat sera la meilleure solution pour tous ». Quant aux emplois sur le terminal, « nous ne pensons pas qu’il y aura des pertes d’emploi sur ce terminal avec l’automatisation. Néanmoins, les opportunités d’emplois à ce terminal seront en baisse. Les salariés qui seront visés par l’automatisation de ce terminal se verront proposés des emplois dans d’autres terminaux de Los Angeles grâce à la hausse de trafic que le port de Los Angeles connaît. Enfin, quand le syndicat ILWU a signé l’accord en 2015 pour l’automatisation, ils ont bénéficié d’emplois et de hausse de salaires qui réduira l’impact d’une probable automatisation. »

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