Greenpeace : trois jours de blocage à Sète

Le 1er juillet, après quatre jours de blocage, le navire Ellirea a pu décharger sa cargaison dans le port de Sète. Arrivé sur rade le 28 juin, le navire, chargé de 50 000 t de soja en provenance du Brésil, a été arrêté par des militants français, néerlandais et allemands de Greenpeace.

À Sète, le port connait une nouvelle hausse de la température. Après quatre jours de blocage, les activistes de Greenpeace ont été « délogés sous la menace virulente des dockers du port pendant que les forces de l’ordre, normalement chargées d’assurer la sécurité de ce type d’opération, restent spectateurs », indique Greenpeace. « Cette situation est inacceptable et extrêmement grave, déclare Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace France. Nous attendons des réponses du gouvernement sur l’urgence climatique et la déforestation depuis trois jours. Au final, nos activistes sont délogés par des personnes non habilitées, agressives et intimidantes, ce qui pourrait être dangereux pour leur sécurité. Silence sur les enjeux climatiques, sous-traitance de ses responsabilités publiques… mais où est l’État ! ». Ce même jour, le Novos Venture est attendu à Sète avec 33 000 t de soja en provenance de Santos au Brésil.

Pour le président du port de Sète Sud de France, Jean-Claude Gayssot, la situation est devenue intenable. Le 30 juin, dans une déclaration a indiqué que la direction du port a porté plainte face à « l’intrusion illégitime d’une dizaine d’activistes de Greenpeace sur le terminal vrac ». Il a ajouté que l’État a été tenu au courant de la situation et du blocage « social et économique du port ». Les 200 emplois directs concernés par le navire se retrouvent au chômage technique en raison de cette action. Et le président du port de Sète s’interroge sur la motivation a mené une telle action dans le port occitan. « Selon les propos des responsables de Greenpeace ce n’est pas le port de Sète qui est visé par leur action mais le Gouvernement. Alors pourquoi prendre en otage un port décentralisé à 100% ? », indique un communiqué de la présidence du port. Et il conclu en rappelant que « l’accord européen avec le Mercosur qui fait peser de très graves menaces supplémentaires de déforestation sur le continent américain mérite mieux pour agir ensemble qu’une attitude « jusqu’au boutiste » et paralysante en haut des grues. »

Pour le président du port de Sète Sud de France, cette action se comprend mais se justifie mal dans le port occitan. « L’association Greenpeace a raison quand elle s’attaque à la déforestation qui frappe durement l’Amérique Latine et toute la planète. Greenpeace a raison quand elle pose le problème du mode de vie et celui de la consommation excessive de la viande.

Combattre un productivisme aveugle et destructeur est surement l’action la plus noble du 21ème siècle. Cela doit se faire dans une lutte qui ne sépare pas la transition écologique, énergétique de la transition sociale et citoyenne. C’est mon engagement », a indiqué le président du Port de Sète dans un texte dès le 29 juin. Cependant, Jean-Claude Gayssot ne partage pas la position de Greenpeace de mener son action à Sète. « Le port de Sète ne représente que 0,5% de l’importation du soja en Europe ! Bloquer l’activité commerciale pendant plusieurs jours et renvoyer ces activités vers d’autres ports au détriment des travailleurs de Sète n’est pas une solution acceptable », continue le président du port.

L’occasion pour Greenpeace de démontrer son intention de voir le gouvernement français respecter ses promesses en matière d’environnement. « L’Europe suffoque et avec le réchauffement climatique, cela ne fera qu’empirer. Puisque le gouvernement est incapable de respecter ses engagements pour lutter contre la déforestation et le changement climatique, nous sommes venus le faire à sa place », a déclaré Cécile Leuba, chargée de campagne forêts chez Greenpeace France.

Le lien entre ce soja et le réchauffement climatique est expliqué dans un texte de Greenpeace qui accuse les producteurs de soja de déforester massivement au Brésil pour produire plus de soja pour nourrir les animaux. En Europe, la consommation grandissante de viande nécessite une plus grande production de soja et donc participe activement à la déforestation qui, elle même, entraîne le réchauffement climatique. Le navire Ellirea est arrivé en rade du port de Sète le 28 juin. Dès l’annonce de son arrivée les activistes de Greenpeace ont pris d’assaut les grues du port, et brandi des banderoles rappelant les dangers du soja, pour les militants : « Warning : soja qui déforeste » et sur la coque du navire l’indication de « Forest Killer ».

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