Brest : une hausse de 16,3% grâce aux travaux du quai EMR

Avec un trafic de 2,79Mt, le port de Brest a enregistré une progression de 16,3%. Une hausse qu’il doit aux travaux actuellement réalisés sur le quai pour les énergies marines renouvelables.

À Brest les choses se sont mieux déroulées en 2018 que l’année précédente. Au final, le port de Brest affiche une progression de 16,3% de son trafic à 2,79 Mt. Une reprise du trafic qui lui permet de faire oublier la mauvaise performance de 2017 et d’être au-dessus des trafics réalisés en 2016. La tendance générale de croissance du port de Brest se confirme. Le chantier du développement du port et le terminal des énergies marines renouvelables ont largement participé à cette performance. Néanmoins, si les produits reçus pour le chantier ne sont pas comptabilisés, le trafic du port finistérien reste malgré tout en hausse de 6,7%.

Les vracs solides ont enregistré une forte hausse en 2018. Ils ont totalisé un trafic de 1,47 Mt, soit une progression de 28%. Un score que le port de Brest doit principalement aux vracs solides non agro-alimentaires. En effet, les produits destinés à la construction du nouveau quai pour les EMR (énergies marines renouvelables) nécessite l’importation de sables et de matériaux. Ainsi, les sables arrivés dans le port pour le futur quai ont représenté 205 000 t. Dans le même temps, les sables destinés au BTP de la région s’est stabilisé. Il a pesé quelque 202 000 t, soit une diminution de 4%, ou 8 000 t. Cela représente environ une livraison de moins que l’an passé. Signe que la filière du BTP se porte bien dans la région, les trafics de ciment progressent sensiblement. Ils totalisent 76 935 t, soit une hausse de 10%. Dans le même temps, les trafics de pierre ponce augmentent de 24% à 12 734 t. Une hausse de trafic conjoncturelle destinée à un utilisateur situé dans un département voisin, précise l’autorité portuaire. Enfin, toujours dans les vracs solides non alimentaires, les trafics de ferrailles ont suivi la tendance générale avec une progression de 11% à 185 873 t.

Les autres vracs solides se composent principalement d’aliments pour le bétail. La Bretagne s’impose comme la première région de la production d’aliments pour bétail devant les Pays de Loire. Si la région ligérienne a vu les volumes reculé pour les aliments (-0,8% à 3,5 Mt), la région Bretagne a, pour sa part, vu ses volumes de fabrication augmenter en 2018. Une hausse qui intervient après une année 2017 où la production a baissé de 1,4%. En 2018, ce sont les aliments pour les bovins qui ont fortement augmenté, gagnant ainsi 9% à 1,1 Mt, quand l’alimentation pour la volaille se stabilise (2,8 Mt), et ceci malgré les difficultés économiques des deux grands groupes de la région, Doux et Tilly Sabco. Enfin, les aliments destinés à la population porcine ont perdu 0,6% à 3,5 Mt. Dans ce contexte, les matières premières pour l’alimentation animale ont enregistré une bonne progression. Au total, entre les produits solides et les liquides ce sont 801 041 t qui ont transité par les installations brestoises, soit un trafic en hausse de 13%. Les entrées de graines de soja ont augmenté de 19% à 640 952 t. Une hausse qui s’explique par l’arrêt en 2017 de l’usine de trituration par la société Bunge. De plus l’usine de Bunge a réceptionné des graines de colza depuis l’hinterland breton. Les tourteaux issus de la trituration sont généralement expédiés localement par voie routière pour les fabricants d’aliment pour bétail. Quant aux tourteaux de tournesol, ils ont perdu 48% à 34 295 t. en 2018, le prix élevé de ces tourteaux a incité les acheteurs à se tourner vers d’autres marchandises et donc privilégier d’autres logistiques. En 2018, le port de Brest a enregistré un trafic de 28 200 t de maïs à l’entrée, destinées à l’alimentation animale. Les récoltes de ces produits étant importantes en Ukraine, les opérateurs ont privilégié cet approvisionnement. Enfin, les huiles alimentaires, à savoir d’une part, les huiles de soja et de colza et d’autre part, l’huile de palme reçue par Vitropal ont bien résisté en 2018 avec une hausse respective de 1% et de 5%.

Les vracs liquides énergétiques ont connu un trafic en hausse de 10% à 746 797 t. Un chiffre qui vient un peu en contradiction avec les chiffres nationaux. En effet, le port note que sur les douze mois glissants du 1er décembre 2017 au 30 novembre 2018, la consommation des carburants a baissé de 1,1%. Dans le port de Brest, les choses se sont passées différemment. Les entrées de produits raffinés, à savoir gazole, essence sans plomb et fioul domestique, montrent une progression de 9% à 746 274 t. Plus qu’une consommation plus importante localement, il s’agit surtout, d’après la direction du port, d’une réorganisation logistique vers les installations du port finistérien. Le trafic de gaz connaît la même tendance avec une hausse de 19% à 43 274 t. Du gaz liquide qui vient essentiellement des grands terminaux méthaniers d’Europe comme La Corogne, Immimgham, Rotterdam ou Tees. Enfin, les EMHV (esters méthyliques d’huiles végétales) ont pesé 31 498 t, soit une hausse de 21%.

MSC ajoute une escale dans son service depuis l’Espagne

Du côté des diverses, le trafic accuse une baisse de 2% à 408 597 t. La majeure partie de ce courant est composé des conteneurs qui pèsent 360 109 t qui ont perdu 3% en tonnage. En nombre, le trafic conteneurisé perd 5% pour s’évaluer à 43 593 EVP. Dans ce trafic conteneurisé, la poudre de lait, les grumes et les pommes de terre enregistrent une progression quand les viandes congelées perdent jusqu’à 70%. Les hausses des uns n’ont pas permis de compenser la baisse de la viande liée aux difficultés économiques des deux groupes bretons Doux et Tilly Sabco. En 2018, le port de Brest a accueilli la première escale du service de MSC qui relie l’Espagne à Anvers. Le port finistérien est désormais touché à la montée après Nantes Saint-Nazaire et avant Le Havre. Assuré par des navires de 2000 EVP à 2900 EVP, ce service offre aux chargeurs bretons des connexions avec le port normand mais aussi Anvers pour les expéditions sur les cinq continents.

Dans les marchandises conventionnelles, les trafics non conteneurisés augmentent de 13% à 35 526 t. Ils comprennent notamment des éléments pour les éoliennes, des profils acier, du roulier et de la terre. Enfin, les pommes de terre expédiées par palettes ont connu un nouveau dynamisme avec un trafic en hausse de 3% à 12 963 t.

Après cette année de bonne performance, la direction du port de Brest envisage 2019 sous des auspices tout aussi bons. « La plupart des trafics du port sont globalement attendus à la hausse en 2019 pour un trafic total légèrement supérieur à celui de 2018, hors impact du chantier du projet de développement du port et du terminal EMR », indique la direction du port.

Fort de ces résultats, le port de Brest continue d’investir. En 2019, il a prévu une enveloppe de 2,5M€ qui seront répartis entre le terminal multivrac, l’amélioration des performances environnementales et l’accueil des paquebots. S’agissant du quai multivrac, le port prévoit de refaire les voiries, de remplacer la trémie du quai 6 et de procéder à des travaux sur les clôtures. Une partie de cette somme sera aussi consacrée à l’amélioration environnementale du port par l’installation de dispositifs de traitement des eaux de ballast aux quais 6 sud et est. Enfin, pour garantir un meilleur accueil des paquebots, le renouvellement des passerelles et des coupées sera réalisé au cours des mois à venir. Quant aux travaux sur le Polder, la digue a rejoint, en décembre 2018, les quais. Désormais la zone de 14 hectares est délimitée et sera remblayée par des sédiments marins. Au cours de l’année l’aménagement des surfaces industrielles seront terminées. Le port prévoit la livraison de ce terminal dédié aux énergies marines renouvelables dès 2020.

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