L’innovation au pouvoir

À chaque remaniement ministériel les professionnels de la logistique, pris dans leur ensemble, plaident pour un grand ministère des transports. Du côté des opérateurs maritimes, le souhait de disposer d’un ministre dédié relève aujourd’hui plus du fantasme que de la réalité. Avec un premier ministre havrais, beaucoup ont pensé que les choses bougeraient. Manque de lobbying, perte de confiance, attentisme, toujours est-il que les transports sont rangés au niveau d’un secrétariat d’État. Quelle déception! Édouard Philippe aurait dû penser un peu plus à ses origines. Le Havre reste un pôle logistique maritime de premier plan en Europe. Alors quand il reçoit le rapport de Patrick Daher et Éric Hémard il aurait pu prendre conscience de la nécessité de remettre la logistique au cœur des filières de développement de la France. Il est vrai que dans ce gouvernement le ministre de l’industrie, Bruno Lemaire, ne veut pas faire de la France un pays de service mais un pays industriel. Comme l’a répété Thomas Desplanques, directeur de la division transport et logistique de Reed, en charge des salons SITL et Supply Chain Even, la logistique se place au cinquième rang des industries françaises mais à la 16è place au Logistics Performance Index de la Banque mondiale.
Des gouvernements ont pourtant fait ce choix de disposer de ministères spécialisés. En Grèce, un ministre de la marine marchande préside aux destinées de cette filière. Est-ce pour gérer un secteur économique de premier plan ou pour donner une véritable dynamique politique? D’autres ont des ministres des ports. Et que dire du Maroc qui a fait le pari d’un ministre de la logistique. Une volonté de la politique royale de faire du pays un fer de lance en Afrique sur ce secteur.
En France, après les Comités interministériels à la mer, les Assises qui regroupe le paysage français du monde maritime qui s’observe plus qu’il prend des décisions collectives, nous attendons un Comité interministériel logistique. Encore un façon d’énoncer des grandes intentions, d’enfoncer des portes ouvertes et de ranger rapidement les propositions de mesures sur la dernière rangée de l’entrepôt des décisions politiques à oublier. Dans ces conditions, les choix des chargeurs français ou étrangers qui alimentent le marché hexagonal d’opter pour des solutions en Belgique, en Allemagne ou en Espagne s’entend parfaitement. Est-il né le premier ministre qui osera créer un ministère de la chaîne logistique avec des attributions de ministre d’État et des secrétariats par mode de transport? Ce sera une révolution culturelle en France qui aura des effets positifs. Monsieur le premier ministre, vous n’avez de pouvoir que ce que le peuple vous laisse. Sachez saisir l’opportunité avant que vos électeurs vous reprennent ce qu’ils vous ont donné..

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