Charbon : il est temps d’être réaliste

Michelle Manook, directrice générale de la World Coal Association, regroupant les principaux producteurs de charbon dans le monde, a rappelé, lors de la publication du rapport annuel sur le charbon par l’IEA (International Energy Association) qu’il est temps de combler le fossé entre la réalité et le discours sur le charbon.

La directrice générale de la World Coal Association, Michelle Manook, a rencontré les gouvernements, les investisseurs et les industriels impliqués dans la filière charbonnière dans le monde depuis l’Europe à la Chine en passant par l’Indonésie, l’Australie et l’Afrique du sud, pour la présentation du rapport annuel de l’IEA sur le charbon. Elle a appelé l’ensemble des acteurs à la réalité du marché. « Le monde ne peut ignorer la réalité du charbon, a indiqué Michelle Manook. En 2024, la demande mondiale devrait atteindre environ 5 264 Mt. Pour atteindre nos objectifs environnementaux nous devons agir tous ensembles. Des affirmations indiquent que le charbon ne peut pas faire partie d’une solution décarbonée. Cela est faux. L’ensemble des acteurs de la filière doivent s’unir pour aider la filière à démontrer au grand public que le charbon contribue à la croissance économique ».
Elle a souligné l’importance de l’Asie pour la filière. Depuis 1990, le charbon est passé de 20% à 80% dans la production d’énergie sur le continent asiatique. La production d’électricité s’est faite à hauteur de 36% par le charbon. Une part de marché en progression de 2%, continue le rapport de l’IEA. Au global, dans le monde, le charbon a produit environ 10 000 TWh. Quant à la production d’énergie globale, elle est réalisée à 26% par du charbon, seconde source derrière le pétrole. Un produit qui est principalement utilisé par les pays d’Asie. La Chine, l’Inde et l’Asie du sud-est totalisent ensemble 66% de la demande en charbon.

Michelle Manook, directrice générale de la World Coal Association refuse la pensée unique sur le charbon. ©Jason Alden

Si le charbon est utilisé pour la production énergétique, il entre aussi dans d’autres filières comme la construction, les infrastructures voire l’acier. En 2018, 13% de l’acier produit dans le monde l’a été avec du charbon.

Les marchés évoluent

Dans son analyse de la situation, Michelle Manook explique que les facteurs de croissance ne sont pas identiques pour tous les pays. Les pays développés d’Europe ou les États-Unis ne basent pas leur croissance sur les mêmes facteurs que ceux d’Asie. La production d’électricité par le charbon est en perpétuelle augmentation dans les pays d’Asie. La croissance économique, l’augmentation de la population et l’utilisation de plus en plus importante d’électricité par la classe moyenne incite les gouvernements à disposer de production énergétique importante par le charbon. « Les gouvernements asiatiques ont adopté une approche pragmatique de la situation qui se concentre sur l’utilisation de toutes les solutions : une énergie abordable, fiable et utilisant le charbon dans la période de transition avant l’accès aux énergies renouvelables. Le charbon est nécessaire pour l’industrie du ciment et de l’acier. » L’Inde et la Chine comptent sur le charbon pour fournir à toute leur population de l’électricité.

Une solution est possible

Citant un précédent rapport de l’IEA dans lequel les investissements pour la capture, l’utilisation et le stockage des émissions de charbon coûteraient 10 Md$ contre 2 300 Md$ pour les énergies renouvelables, entre 2006 et 2016, la directrice générale de la WCA s’en prend au rapport de l’IEA en indiquant qu’il soulève des obstacles aux investissements futurs dans le charbon. Elle demande que les pays émergents puissent disposer d’aides pour consommer du charbon à faible émission. Elle note aussi que les centrales à charbon asiatiques ont une moyenne d’âge de 12 ans, soit deux décennies de moins que celles d’Europe et des États-Unis. « Il est possible d’améliorer ces centrales pour les adapter aux nouvelles technologies environnementales. »
Et pour conclure, Michelle Manook s’insurge contre la pensée unique. « Un seul point de vue sur les sources d’énergie aurait des conséquences importantes. Nous devons créer un cadre plus juste pour les investissements pas seulement pour le développement des pays émergents mais aussi pour assurer la transition énergétique ».

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