Douala : le terminal à conteneurs, cet obscur objet de désir

L’affaire de la fin de la concession du terminal à conteneurs de Douala, au Cameroun, ne cesse de faire des vagues dans le marigot du portuaire d’Afrique du centre. Après le réquisitoire du groupe Bolloré publié dans Financial Afrik, l’agence Ecofin annonce la renégociation des contrats de travail des ex salariés du terminal.

En décidant, le 16 septembre, d’attribuer la concession du terminal à conteneurs à la filiale manutention de l’armement suisse MSC, Terminal Investments Limited, et donc d’acter la fin des opérations pour le consortium formé par les groupes Bolloré et APM Terminals, le directeur général du Port autonome de Douala, Cyrus Ngo’o, l’affaire prend une tournure économico-sociale.

Tout a commencé en janvier 2019 quand la direction du port a évincé le groupe Bolloré de l’appel d’offres pour le terminal à conteneurs. La direction a retenu trois offres, dont celle de TIL, une réalisée par CMA Terminals et une autre proposée par Hutchison Ports Holding. Au final, le groupe filiale de l’armement MSC sera retenu.

Le groupe français semble avoir du mal à accepter la défaite. Dans un article publié par Financial Afrik, les arguments avancés par le groupe Bolloré semblent tenir la route. Le journaliste expose les différents points de vue sur plusieurs points. En premier lieu, il explique que le gouvernement prévoit une redevance de 357Md FCFA (544M€) alors que TIL prétend ne devoir en verser que 146,7Md FCFA(223M€), soit 40% du total. Second point expliqué par le journal, la progression de trafic attendue par le port de Douala fait état d’une progression moyenne annuelle de 7,5%, ce qui pour le journaliste est illusoire quand ce terminal a connu une hausse moyenne de 6,3% sur les dernières années. Cette augmentation de trafic doit aussi s’analyser avec la position de Kribi opéré depuis maintenant plus d’un an. Si des trafics camerounais peuvent toucher Kribi et repartir en transbordement vers Douala, l’opération sera certainement trop onéreuse au regard d’une livraison routière directe. Il paraît certain que le port de Kribi va cannibaliser une partie du trafic de Douala. Autre sujet de discorde, les impôts sur les sociétés payés par le nouvel exploitant du terminal à conteneurs de Douala ne pourraient pas être plus élevés que ce que le consortium Bolloré-APM Terminals payaient jusque là. Il en va de même pour le droit d’entrée que TIL payera au port autonome, sur la surévaluation du montant des redevances et sur l’absence de l’augmentation de parts de sociétés camerounaises. Un article qui défend ardemment la position du groupe Bolloré. Pour faire valoir ses droits, le groupe Bolloré a entamé des actions auprès des tribunaux camerounais. Un premier jugement lui donne raison mais une procédure d’appel serait en cours.

Si l’aspect financier paraît être remis en cause, le point de vue social est aussi en ligne de mire. Les salariés opérant aujourd’hui sur le terminal dans le cadre de leur contrat de travail avec la filiale du groupe Bolloré, Douala International Terminal, prendra fin avec la fin de la concession. Or, dans un article publié par l’agence Ecofin, les 400 salariés de DIT ne seront pas repris par TIL. La filiale de l’armement suisse souhaiterait renégocier l’ensemble des contrats de travail et ne reprendre que 300 personnes sur les 400 actuellement embauchés. Des réunions organisées sous l’égide du ministère du travail du Cameroun avec les représentants des salariés, du groupe Bolloré et du Port autonome de Douala sont prévues en novembre.

Dans son choix de retenir la filiale de MSC pour le terminal de Douala pourrait paraître comme intéressant pour faire entrer de la concurrence entre Kribi et Douala. Si Kribi se présente comme un hub avec des capacités nautiques adaptées aux navires actuels, Douala doit œuvrer avec son tirant d’eau faible pour accueillir des navires de dernière génération. Des experts estiment que Douala pourrait perdre de sa teneur sans avoir un investissement lourd de la part du gouvernement pour lui donner les moyens de devenir un véritable concurrent de Kribi. Quant à ce dernier, il est tout désigné pour devenir un hub mais aussi un port domestique. La combinaison des deux ports semblent être la solution d’avenir, mais pour cela, plaident les experts, il faut un seul opérateur.

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