Juridique et social

Allemagne : une grève de 48 heures dans les ports

Le principal syndicat allemand des ouvriers dockers appellent à un mouvement social dans les ports. La réaction d’Hapag Lloyd reste nuancée.

Les mouvements sociaux dans les ports ne sont pas l’apanage de la France. En Allemagne, le principal syndicat de dockers, Ver.di, a déclenché un mouvement social dans les principaux ports du pays. Des arrêts de travail ont eu lieu dans les ports de Hambourg, Brême, Emden et Wilhelmshaven dès le 8 juillet.

L’offre des employeurs n’est pas acceptable

Ce mouvement social vise à peser sur les négociations collectives en cours entre les syndicats et les représentants des manutentionnaires, regroupés dans l’organisation ZDS. Les négociations continuent entre les deux partenaires sociaux le 12 juillet. « Nous sommes encore loin d’un accord dans ce troisième round de négociations, indique Maren Ulbrich, le responsable de Ver.di. L’offre présentée par les employeurs n’est pas acceptable pour nous. Ces mouvements sociaux sont un signal vers les manutentionnaires que nous sommes déterminés ».

Des revendications salariales

Les revendications portent sur une augmentation salariale. Le syndicat souhaite une hausse de 3€ sur le tarif horaire depuis le 1er juin et une augmentation des primes d’équipe. De plus, Ver.di rappelle que l’augmentation prévue sur les primes d’équipe en 2022 entre en opération. « L’inflation de ces dernières années a particulièrement touché les salaires les plus bas. Il est nécessaire de réduire les différences salariales dans ce secteur », ajoute le syndicat.

Des négociations constructives

Pour sa part, l’organisation patronale, la Zentralverband der deutschen Seehafenbetriebe e.V. (ZDS) reste confiante en ces négociations. « Les discussions menées jusqu’à présent ont été intenses mais constructives. Elles se poursuivront les 11 et 12 juillet à Brême », indique un communiqué de l’organisation. Quant aux grèves, ZDS appelle à « garder le sens de la mesure ». Elle estime qu’à la lumière des négociations menées jusqu’à présent et de l’offre, « il n’y a actuellement aucune raison d’organiser des grèves d’avertissement qui porteraient atteinte à la fiabilité des ports allemands. »

Des investissements considérables et nécessaires

Les adhérents de ZDS sont confrontés aux défis des crises actuelles et de la transformation de l’économie européenne, notamment sur l’avenir énergétique. « Pour y faire face, des investissements considérables dans les installations et la qualification des employés sont nécessaires. La forte pression de la concurrence internationale exige en outre une augmentation de l’efficacité et de la productivité dans les ports maritimes », juge ZDS.

Maintenir le trafic des terminaux

Face aux perturbations, Hapag Lloyd, premier armement allemand, nous a confié porter une attention particulière à la situation. « Nous travaillons sur différentes mesures visant à maintenir le trafic des terminaux et à contrer les retards dans les ports. Nous examinons la possibilité de changements dans la rotation des services, la priorisation des navires orientés vers l’exportation ou l’adaptation des destinations dans notre pilotage des conteneurs vides. Dans l’ensemble, nous prévoyons actuellement des retards d’environ 48 heures », indique un responsable de l’armement. Une position moins catégorique que celle prise lors de l’annonce de mouvements sociaux dans les ports français. En effet, le président d’Hapag Lloyd, Rolf Habben Jansen, a déclaré, à l’époque, qu’il annule toutes les escales dans les ports en grève.