Logistique automobile : la coopération, une nécessité pour passer le cap
La conférence annuelle du European Car Group s’est tenue en octobre à Amsterdam dans un contexte économique morose. Les logisticiens automobiles maintiennent le cap en coopération avec les constructeurs.
Le marché automobile européen affiche un encéphalogramme relativement plat en 2025. Dans son discours introductif à la conférence d’Amsterdam, Wolfgang Göbel, président du European Car Group, a donné le tempo : « Le marché est atone et nous devons gagner en efficacité. » Un constat qui s’appuie sur les chiffres publiés par l’ACEA (association européenne des constructeurs automobiles). À la fin du premier semestre, l’association table sur un marché stable en 2025. Les chiffres à neuf mois, à savoir à fin septembre, montrent une hausse de 0,9% en Europe. Deux marchés sortent la tête de l’eau, la Pologne et l’Espagne. Les autres marchés stagnent.
Tirer des leçons des crises antérieures
Mark Hindley, vice-président d’ECG, se montre plus optimiste. « Nous devons rester optimistes. Cependant, dans le contexte actuel, il faut que tous les acteurs, logisticiens et constructeurs automobiles, coopèrent. » Et le président d’abonder. « Nous devons tirer des leçons des crises antérieures comme le Covid, les micro-processeurs. Nous devons avoir une approche coopérative entre tous pour passer le cap dans les meilleures conditions. » La crise actuelle de l’automobile n’aura ni gagnant ni perdant, pour la direction d’ECG. Au final, seules les sociétés qui auront su s’adapter sortiront indemnes.
L’intelligence artificielle est essentielle dans la logistique automobile
« ECG intervient comme un facilitateur de l’innovation », continue Wolfgang Göbel. Ainsi, l’organisation européenne créé des groupes de travail sur des sujets comme l’intelligence artificielle, le développement du transport ferroviaire et la coopération avec les autorités militaires. S’agissant de l’IA, François Prince, directeur de la logistique de Renault, a expliqué l’application de cette technologie. Le constructeur français installe des tours de contrôle pour gérer les perturbations. Elles fonctionnent avec l’IA pour détecter les dérèglements. « L’exceptionnel d’hier est devenu la norme d’aujourd’hui », continue le directeur de Renault. Il estime que l’IA est devenue partie intégrante du métier. « La numérisation et l’IA ne sont pas facultatives, elles sont essentielles. Nous ne pouvons réussir qu’en collaborant avec des partenaires solides, agiles et innovants. »
ECG créé un groupe de travail sur le ferroviaire
Parmi les autres dossiers en cours de l’organisation logistique européenne, le groupe de travail sur le ferroviaire avance. « Notre objectif est d’identifier nos actions sur ce mode », explique Wolfgang Göbel. Pour ECG, ce groupe doit mettre en exergue les points à améliorer pour une plus meilleure efficacité du ferroviaire dans la logistique automobile. L’organisation cherche aussi à se faire aider par la logistique militaire. En effet, le rapprochement avec les autorités militaires internationales comme l’Otan et les armées nationales constitue aussi un point de développement.
Une coopération plus étroite entre ECG et les militaires
C’est dans le cadre de cette coopération qu’est intervenu le général de division Ulf Häussler, directeur de la division Planification des opérations à Otan. Force militaire multinationale, elle a des besoins logistiques importants dans le contexte de tension en Europe. Pour le général de division, les capacités logistiques et de transport sont « essentielles à la dissuasion et à la défense. Il reste encore de nombreux défis à relever, mais aussi des opportunités pour nous tous »

