Boulogne-Calais : le trafic du port perd 2%
L’activité du port de Calais-Boulogne affiche une baisse de 2% de son trafic à 43 Mt. Le repli de volume se répercute tant sur le Transmanche que sur le port de commerce.
Le premier port Transmanche du continent souffre. En 2025, il enregistre une diminution de son activité fret. Une diminution qui se décline tant sur le nombre de poids lourds que sur le tonnage.
Une baisse de 4,7% du Transmanche
Alors, le port de Calais affiche une baisse de 4,7% en tonnage de l’activité Transmanche à 40 Mt. Une diminution plus marquée en nombre. En effet, 1 714 187 poids lourds ont transité par les installations du port de Calais. Un chiffre en baisse de 3,6% d’une année sur l’autre. « Dans un environnement économique, géopolitique et réglementaire particulièrement exigeant, le port de Calais a néanmoins fait preuve d’une résilience remarquable », souligne la direction du port.
La désindustrialisation de la Grande-Bretagne
Pour Laurent Devulder, directeur général du port de Boulogne-Calais, la situation n’est pas propre au port. Les concurrents sur le détroit du Pas-de-Calais, le GPM de Dunkerque et le Tunnel sous la Manche souffrent dans les mêmes proportions. Une diminution de volume que la direction du port de Boulogne-Calais attribue à la désindustrialisation de la Grande-Bretagne, notamment dans l’automobile. Elle constitue une part importante du fret sur ce lien.
L’absence des flux depuis les ports d’Europe du Nord
De plus, continue Laurent Devulder, les ports d’Europe du Nord traitaient une partie des flux pour la Grande-Bretagne qui empruntaient le lien maritime par Calais. Or, depuis le Brexit, ces flux n’entrent plus par l’Union européenne. Un observatoire espagnol démontre qu’une partie des flux britanniques se dirigent directement vers le pays pour éviter les taxes ETS en Europe. Dans ce contexte économique, Calais voit sa part de marché sur le fret transmanche se réduire de 0,3 points à 50,3%.
Pas de croissance attendue dans les prochaines années
Et pour l’avenir, la direction du port reste prudente. Elle doute sur une croissance du fret. La Grande-Bretagne enregistre un ralentissement industriel. Cette baisse des flux entraîne une surcapacité sur la liaison Calais-Douvres, souligne Laurent Devulder. Cependant, elles n’ont pas montré de signes de réduire leur flotte. « Nous avions 10 navires opérant sur cette route en 2020. Aujourd’hui, huit navires assurent les rotations avec la même capacité. Alors, les armements adaptent la capacité aux besoins du marché », souligne le directeur du port.
Le roulier recule
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ainsi, avec l’arrêt de l’usine de Stellantis à Luton en Grande-Bretagne, les trafics de véhicules neufs reculent. Au total, le port a traité 16 637 véhicules en 2025, soit une baisse de 33 %. Néanmoins, les perspectives sont meilleures. Le Groupe Charles André a signé un contrat avec Stellantis pour l’exportation de véhicules en provenance d’Hordain et de Rennes pour Sheerness en Angleterre.
La bonne santé de l’autoroute ferroviaire
Enfin, l’autoroute ferroviaire opérée par VIIA poursuit sa croissance. Avec 52 303 remorques et conteneurs transportés, elle affiche une hausse de 14%. Cette performance s’appuie sur une liaison Calais / Le Boulou toujours très soutenue, mais également sur la forte accélération de la ligne Calais / Sète, dont le trafic a doublé au cours de l’année. Et, l’entrée en service en 2025 du terminal de ferroutage de Sète laisse espérer de nouveaux trafics. Avec le passage de trois à cinq rotations de la liaison Sète-Calais, le port prévoit une nouvelle croissance de ce trafic.
Le port de commerce de Boulogne en hausse de 7%
Quant aux ports de commerce, ils affichent des scores différents. À Boulogne, le port voit son activité s’améliorer de 7% à 710 000 t. Les sorties augmentent de 17% à 583 539 t. Elles sont dopées par les flux de pierre à chaux vers la Suède et la Finlande. À l’import, les entrées de sables depuis les carrières belges et néerlandaises portent les volumes à 129 472 t. À Calais, la situation est moins engageante. Avec 1,2 Mt, le port perd 7% sur l’année. Une diminution liée à la baisse des trafics de sable et de matériaux de construction. Les cokes de pétrole augmentent de 70% et le sucre se stabilise à 52 720 t, sans pour autant compenser les baisses. Enfin, les câbles sous-marins n’ont pas atteint les volumes espérés. Les travaux prévus en 2025 sont reportés en 2026.
11 M€ d’investissements pour Calais
Le port s’engage dans un programme d’investissement important. En 2026, le port table sur une enveloppe de 11 M€ d’investissements. Parmi les projets du port se retrouvent la construction de nouveaux pontons pour les navires de servitude. Ils stationnent dans le fond du bassin Ravisse. Le port veut relocaliser ces navires pour profiter de l’espace de cette darse. De plus, environ 800 000 € seront consacrés à la réorganisation et la digitalisation des voies d’accès au Port Est, vers le terminal intermodal, le roulier et le terminal sucrier. Dans le même ordre d’idée, un nouveau logiciel de gestion de maintenance assistée par ordinateur est mis en place. Enfin, parmi les travaux, le port conforte les terre-pleins sur les quais câbliers pour accompagner l’opérateur dans ses besoins de développement.

