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GPM Guadeloupe : un trafic en hausse en 2025

Le GPM de la Guadeloupe achève 2025 sur une note positive avec une hausse de son trafic de 2% à 3,4 Mt. Le port continue ses investissements pour le Hub Antilles.

En 2025, le GPM de la Guadeloupe affiche un trafic en progression de 2% à 3,4 Mt. Une performance que le président du directoire du GPM, Jean-Pierre Chalus relativise. « Nous avons connu une année 2024 faible. Cette augmentation de trafic n’est pas suffisante. » Ensuite, il souligne que sur les neuf premiers mois de l’année, les trafics ont été faibles. Au dernier trimestre, la tendance s’est inversée.

Deux phénomènes expliquent la situation

Pour le responsable du port, deux phénomènes expliquent cette tendance. En premier lieu, le trafic conteneurs a souffert d’une irrégularité chronique. À titre d’exemple, en 2025, sur la ligne Medcar, entre la Méditerranée et les Caraïbes, l’armateur a annulé 12% des escales prévues sur le premier semestre. En 2024, ce sont 20% des escales annulées sur l’année. Alors, le marché domestique a été servi. « Cependant, nous avons constaté de nombreuses ruptures. » En second lieu, l’île des Antilles subi les effets de creux dans les grands chantiers. « Nous n’avons pas de projets locomotives comme nous avons eu les années précédentes avec la construction du CHU. »

Une baisse des hydrocarbures

Dans ce contexte, les volumes réceptionnés au port s’effritent quelque peu. Ainsi, les produits énergétiques perdent 22% à 357 000 t. Une baisse qui tient à la consommation locale. Elle trouve aussi son origine dans une moindre demande de carburant pour l’aérien. Le tourisme se porte bien à la Guadeloupe mais les compagnies aériennes remplissent plus leur avion et, donc, l’île en reçoit moins.

La progression des produits agricoles

Du côté des vracs solides, les trafics progressent. Ainsi, sur les produits du BTP, le trafic s’établit à 511 000 t, en progression de 53%. Un courant dopé par le clinker et le ciment. Alors, même si les grands chantiers ne sont pas au rendez-vous, la consommation locale se maintien. Quant aux produits agricoles, ils progressent de 4% à 74 000 t. Pour leur part, les conteneurs affichent une progression de 2% à 207 000 EVP. Les transbordements progressent de 13% à 40 000 EVP. Ceux pour le trafic domestique sont en légère baisse.

Conteneurs : La ligne PCRF XL n’est pas encore pleinement déployée

Les flux de conteneurs représentent une part importante du trafic pour la Guadeloupe. Lorsqu’en 2023, le GPM de la Guadeloupe, celui de la Martinique et l’armement CMA CGM signent un mémorandum pour créer le Hub Antilles, il est prévu d’aligner des navires de 7 300 EVP à 7 900 EVP. Un document qui prévoit aussi de feederiser la Guyane depuis la Guadeloupe. Or, constate Jean-Pierre Chalus, les premiers navires de la ligne PCRF XL n’ont pas la taille annoncée. De plus, la Guyane reste desservie en direct. En 2026, le port table sur un volume de transbordement de 100 000 EVP. L’accord signé en 2023 prévoit 160 000 EVP de transbordement en Guadeloupe. Le compte n’y est pas.

Le cap sur le Hub Antilles maintenu

Ces différents éléments n’empêchent pas les travaux du Hub Antilles de continuer. En octobre, le port a signé avec les entreprises chargées des travaux pour réaliser des expertises complémentaires. Elles s’achèveront en février. Ensuite, les procédures suivront pour une reprise des travaux en avril. Au total, pendant un an, les travaux des quais, notamment sur les pieux, ont été suspendus. Le port annonce une livraison du quai en juillet 2027, soit deux ans de retard. Les autres éléments de ce hub avancent. Les portiques de quai de nouvelle génération sont en opération. Les manutentionnaires ont investi dans les RTG, opérationnels depuis août 2025. Les 10 RTG optimisent l’exploitation du terminal.

40 M€ d’investissement en 2026

Pour les travaux et d’autres, le GPM prévoit une enveloppe de 40 M€. Une somme qui reste relativement stable sur les dernières années. En effet, en 2024, le port a investi 58 M€ et 41 M€ en 2025. Dans le projet stratégique 2024-2028, il envisage un montant de 230 M€. Les trois premières années de ce projet ont absorbé 140 M€. Une somme qui sert aux travaux pour le quai.

Des travaux sur la gare maritime de Bergevin

Une partie des investissements permettra de refaire la gare maritime de Bergevin. Elle est dimensionnée pour recevoir 400 000 passagers. Or, le port reçoit environ 800 000 personnes par an. Cette gare a une fonction internationale. Elle doit donc être équipée en installations de sûreté. Les travaux se fera en deux temps. Le premier se fera en 2026. Ils visent à améliorer l’accueil des passagers. Le second temps sera consacré à la connexion avec les transports urbains et l’aéroport.

Un Gate Operating System prévu

Ensuite, en matière de sûreté, le port travaille actuellement sur un Gate Operating System. Il doit couvrir de nombreuses opérations telles que la prise de rendez-vous des chauffeurs routiers, la lecture de plaque minéralogique et des opérations de sécurisation des terminaux. « Notre port répond aux normes ISPS et aux textes actuels. Des audits sont en cours à la demande du gouvernement. Nous interviendrons selon les recommandations qui nous seront faites. »