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Les ports et les armateurs alertent sur le déploiement de l’Entry-Exit System  

Les deux organisations françaises, Union des Ports de France et Armateurs de France, s’inquiètent des perturbations dans le déploiement de l’Entry-Exit System.

L’Entry Exit System (EES) est un système européen automatisé de contrôle aux frontières. Il permet d’enregistrer les données personnelles et biométriques des ressortissants de pays tiers qui pénètrent dans l’espace Schengen pour un court séjour. Sa mise en place s’étale sur six mois, à partir du 12 octobre 2025. Il est donc pleinement opérationnel le 12 avril. Face aux dysfonctionnement l’Union des Ports de France (UPF) et Armateurs de France sollicitent un dialogue avec les autorités. Elles reprochent au dispositif de ne pas concilier efficacement sécurité des frontières et fluidité des échanges.

Six mois pour constater les défauts

La période transitoire de six mois doit mettre en exergue les ajustements nécessaires. Dans ce contexte, l’UPF et Armateurs de France alertent d’un risque majeur de désorganisation des frontières portuaires. Les deux organisations françaises ont écrit aux ministres concernés. Il s’agit du ministère de l’Intérieur, de celui des Transports et de celui de la Mer. Dans ce courrier, elles préviennent « de la persistance de graves dysfonctionnements constatés dans le déploiement de l’Entry-Exit System (EES) dans les points de passage portuaires français ».

La filière soutient les objectifs de l’EES

Pourtant, les deux organisations rappellent leur soutien à ce dispositif. L’EES vise à renforcer les contrôles, fiabiliser le suivi des séjours de courte durée et automatiser le calcul de la durée de séjour autorisée.  Alors, les deux organisations « réaffirment leur volonté de contribuer activement à la réussite de sa mise en œuvre ». Or, elles regrettent que ce dispositif soit insuffisamment opérationnel. La période transitoire montre que « le dispositif tel qu’il est aujourd’hui déployé n’est pas opérationnel dans les points de passage portuaires. »

Des insuffisances du logiciel et des effectifs

Les points d’achoppement de ce système concernent la partie logicielle. Ainsi, l’UPF et Armateurs de France préviennent que les équipements biométriques indispensables aux contrôles ne permettent pas leur déploiement opérationnel. De plus, l’organisation actuel des contrôles est insuffisante. « Les effectifs mobilisables ne permettront pas d’absorber les volumes de trafic attendus en haute saison », souligne un communiqué conjoint. La conclusion est sans appel.  « Le dispositif, qui a été conçu principalement pour les flux piétons aéroportuaires, n’est pas adapté aux spécificités des flux, de nombreux passagers débarquant à bord de leurs véhicules. »

Une situation porteuse de risques lourds pour la filière

Dans ces conditions, une mise en œuvre défaillante du dispositif à plein régime le 10 avril ferait peser un risque sérieux de congestion et de désorganisation à l’approche de la saison estivale. Les conséquences pourraient être lourdes. Elles entraîneront un allongement des temps d’escale, des retards des liaisons maritimes, une dégradation de l’expérience passager, des risques liés à la sûreté et la perte de compétitivité des ports français. En outre, « le mécontentement prévisible des passagers provenant de pays extérieurs à l’espace Schengen pourrait également influer sur les flux touristiques », continue le texte des organisations. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les ports ont réalisé d’importants investissements pour adapter leurs équipements. Des sommes qui ont pris en compte des hypothèses opérationnelles qui ne se confirment pas.