Logistique automobile : les enjeux pour 2026
Le secteur automobile mondial traverse une période de transformation profonde. Entre reprise des volumes de ventes, recomposition des flux de production et montée en puissance des marques chinoises, les acteurs de la logistique portuaire doivent anticiper des mutations structurelles majeures pour rester compétitifs.
Selon les données S&P Global Mobility reprises par ECG Business Intelligence, le marché mondial des véhicules légers a enregistré 91,69 millions d’unités vendues en 2025. Un volume en progression de 3,4 % par rapport à 2024. Une dynamique encourageante, même si la croissance devrait ralentir à seulement +0,19 % en 2026, avant de rebondir à +1,92 % en 2027.
La Chine et l’Asie, moteurs incontournables des flux maritimes
Cette tendance globale à la hausse impacte directement les volumes traités dans les terminaux rouliers. Une reprise des volumes signifie davantage de flux à gérer, de capacités à mobiliser et de chaînes logistiques à optimiser. La Chine demeure le premier marché mondial avec 28 millions de véhicules vendus en 2025, soit une progression de +6,48 % sur l’année. Côté production, le pays a atteint un niveau record de 32,96 millions d’unités produites, en hausse de 9,6 % par rapport à 2024.
La montée en puissance des exportations chinoises
Ces chiffres ont une incidence directe sur les flux maritimes mondiaux. La montée en puissance des exportations chinoises, portées notamment par des marques comme BYD, MG ou Chery, génère de nouveaux flux. Des volumes principalement destinés à l’Europe, l’Amérique du Nord et les marchés émergents. Pour les opérateurs portuaires, cela représente une opportunité stratégique, à condition de disposer des infrastructures et des capacités d’accueil adaptées aux car-carriers de grande taille.
L’Europe : un marché en légère progression, une production sous pression
En Europe, le marché totalise 18,55 millions de véhicules vendus en 2025, avec une légère reprise attendue à 18,7 millions en 2026. L’Europe occidentale reste le cœur du marché, avec l’Allemagne en tête (3,11 millions d’unités), suivie du Royaume-Uni (2,34 millions) et de la France (1,98 million). Mais la véritable recomposition se joue du côté de la production. Si l’Allemagne conserve sa première place avec 4,2 millions de véhicules produits en 2024, ses volumes sont en déclin. À l’inverse, l’Espagne monte en puissance (2,25 millions en 2025, vers 2,67 millions en 2030), tout comme la Turquie (1,38 million en 2025, vers 1,86 million en 2030). Le Royaume-Uni, en revanche, voit sa production chuter rapidement.
La montée en puissance des marques chinoises : un défi logistique et commercial
Pour les ports européens, notamment Barcelone, Zeebrugge, Bremerhaven ou Le Havre, ces évolutions redessinent les corridors logistiques et les bassins de captation de flux. Les terminaux proches des nouveaux pôles de production espagnols ou turcs sont particulièrement bien positionnés pour capter une part croissante du trafic automobile. L’un des faits marquants de cette décennie est l’irruption accélérée des constructeurs chinois sur les marchés européens. En Allemagne, BYD et MG devraient intégrer le Top 15 des marques en 2029. En Turquie, BYD devrait même devenir le premier constructeur par volumes vendus dès 2029. Cette dynamique génère de nouveaux flux d’importation de véhicules finis, avec des rotations depuis les ports chinois vers les terminaux européens. Elle impose aux opérateurs portuaires de modifier leur approche. Entre diversification des clients et spécificités opérationnelles des constructeurs asiatiques, les logisticiens sont face à des mutations.
Perspectives 2026-2029 : Anticiper pour Mieux Positionner ses Infrastructures
À l’horizon 2029, la production mondiale de véhicules légers devrait atteindre 95,8 millions d’unités. Les ventes dépasseront, pour leur part, les 96 millions. Ces projections confortent l’attractivité à long terme du secteur pour les investisseurs en logistique portuaire. Pour les acteurs portuaires de la logistique automobile, les priorités concernent plusieurs points. D’une part, ils doivent renforcer les capacités d’accueil. D’autre part, il leur faut développer des services de préparation véhicules adaptés aux nouvelles marques. Enfin, ils doivent anticiper les flux émergents liés à la recomposition industrielle mondiale.

