Ormuz : la Cnuced alerte sur le risque pour l’énergie, les engrais et les économies vulnérables
Le conflit en Iran neutralise le détroit d’Ormuz. Le pétrole et le gaz sont les principales matières premières concernées mais les engrais pâtissent de ce blocage. Nous reprenons, ci-dessous, un article de Caroline Britz de Mer et Marine.
La dégradation de la situation sécuritaire dans le détroit d’Ormuz s’est rapidement répercuté sur le commerce maritime et les marchés mondiaux. Dans une analyse rapide publiée le 10 mars, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) examine les conséquences possibles des perturbations de la navigation dans ce passage stratégique, par lequel transitent d’importants flux d’hydrocarbures et de matières premières.
Le quart du pétrole mondial emprunte le détroit d’Ormuz
Selon la Cnuced, près d’un quart du commerce mondial de pétrole transporté par mer emprunte ce détroit, auquel s’ajoutent des volumes significatifs de gaz naturel liquéfié et de produits pétrochimiques. L’escalade militaire observée ces derniers jours alimente les inquiétudes quant à la continuité de ces flux. Les marchés pétroliers ont réagi rapidement, le baril de Brent repassant au-dessus du seuil des 90 dollars. Dans le même temps, le secteur maritime enregistre déjà plusieurs effets indirects : hausse des primes d’assurance pour risques de guerre, progression des taux de fret des pétroliers et renchérissement du prix des soutes maritime. Autant de facteurs qui contribuent à alourdir le coût du transport et, potentiellement, celui des marchandises acheminées par voie maritime.
Les engrais particulièrement exposés
Au-delà des hydrocarbures, la Cnuced attire l’attention sur les répercussions possibles pour d’autres segments du commerce international. Le marché des engrais apparaît particulièrement exposé. Environ un tiers des volumes échangés par voie maritime, soit près de 16 millions de tonnes par an, transite par le détroit d’Ormuz. Toute perturbation durable de la navigation pourrait donc affecter l’approvisionnement de nombreux pays importateurs, avec des conséquences potentielles pour les productions agricoles.
L’impact pour les économies en développement
Les économies en développement figurent parmi les plus vulnérables à ce type de choc. L’organisation souligne que beaucoup d’entre elles doivent déjà composer avec un endettement élevé et des conditions de financement plus contraignantes. Dans ce contexte, une hausse simultanée des prix de l’énergie, des engrais et du transport maritime pourrait rapidement peser sur leurs équilibres économiques et accentuer les pressions inflationnistes.
Des effets à diffusion rapide
L’analyse rappelle enfin que les perturbations touchant les flux énergétiques, le transport maritime et les intrants agricoles tendent à se diffuser rapidement dans une économie mondiale étroitement interdépendante. Les crises récentes, qu’il s’agisse de la pandémie de Covid-19 ou du déclenchement de la guerre en Ukraine, ont montré comment des tensions localisées pouvaient rapidement se traduire par des hausses de prix et des déséquilibres sur plusieurs marchés à la fois.

