Panama: APM Terminals prend position à Balboa
APM Terminals a démarré les opérations du terminal de Balboa, sur la côte Pacifique. Dans le même temps, le consortium formé par Blackrock et MSC proposent de racheter les terminaux de Hutchison Ports sans les terminaux panaméens.
Le 3 mars, le consortium formé par Blackrock et MSC/TIL propose au groupe CK Hutchison Ports de reprendre les terminaux du groupe à l’exception des deux terminaux du Panama. Une information indiquée par une dépêche de Reuters. L’offre concerne 41 terminaux en Asie, en Amérique et en Europe (notamment Felixstowe et Rotterdam). Elle exclut les deux terminaux de Panama actuellement en procédure judiciaire.
Balboa reprend ses activités
Au Panama, la situation évolue. En effet, le 24 février, le terminal à conteneurs de Balboa a repris ses activités. L’information est tirée de la lettre interne de Kuehne & Nagel. En effet, APM Terminals a repris les outils de la filiale de Hutchison Ports, Panama Ports Company. Sur la côte Atlantique, le groupe MSC/TIL n’a toujours pas fait son entrée sur le terminal comme il est prévu au 24 février.
Le manque de retour financier de la concession
Ainsi, un mois après la décision de la Cour suprême du Panama, les choses avancent. Pour comprendre la situation il faut retracer le fil des événements. Pour rappel, le 29 janvier, la Cour suprême du Panama rend un arrêt dans lequel elle déclare la concession de Panama Ports Company, filiale de CK Hutchison Ports, « inconstitutionnelle ». Elle motive sa décision sur le manque de retour financier pour le Panama de ces deux concessions. Dès le lendemain, l’Autorité maritime du Panama décide de lancer un nouvel appel d’offres pour la concession des deux terminaux.
APM Terminals, concessionnaire transitoire
Avant que ce processus n’aboutisse, la Cour ordonne à l’Autorité Maritime du Panama de reprendre les activités de ces deux terminaux à conteneurs. Elle nomme alors APM Terminals comme concessionnaire provisoire sur le terminal de Balboa et MSC/TIL pour celui de Cristobal. C’est dans ce cadre que le groupe APM Terminals prend les commandes du terminal de la côte Pacifique. Une situation que le groupe chinois conteste par voie de communiqué. Dès le 24 février, il indique que des représentants du gouvernement panaméens sont entrés sur le terminal de Balboa pour prendre le contrôle des opérations. « Des représentants du gouvernement ont indiqué aux représentants de Panama Ports Company que la concession est terminée et qu’ils doivent cesser toutes les opérations. CK Hutchison Ports en déduit que la concession des deux terminaux a pris fin le 23 février. »
Des actions « illégales »
Dans ces conditions, la filiale panaméenne du groupe chinois considère ces actions comme « illégales ». Elle estime que « l’État du Panama est responsable des préjudices et dommages causés par les mesures confiscatoires qu’il a prises. » Dans ce contexte, PPC continue ses actions judiciaires. Pour mémoire, dès l’annonce de la décision de la Cour suprême, CK Hutchison Ports a entrepris une action devant les tribunaux. Ainsi, le 3 février, PPC a demandé un arbitrage à la Chambre de commerce internationale. Une procédure qui « repose sur le contrat de concession et le cadre juridique qui ont été consacrés pendant près de trois décennies en tant que « droit des contrats », garantissant la sécurité juridique et le respect à long terme du cadre juridique et contractuel applicable. La République du Panama a violé le contrat et la loi applicables », souligne Hutchison Ports dans un communiqué du 4 février.
La mise en demeure de APM Terminals
Outre les autorités panaméennes, Hutchison Ports a aussi mis en demeure APM Terminals de toutes actions dès le 10 février. Il informe que toute action pour assumer l’administration ou l’exploitation des ports de Balboa et Cristobal, sans son accord causerait un préjudice au groupe chinois et donnerait lieu à des poursuites judiciaires.
Une bataille portuaire avec des arrière-pensées politiques
Cette bataille judiciaire entre la filiale de Hutchison Ports, le gouvernement panaméen et maintenant APM Terminals date d’un an. En effet, Donald Trump a indiqué vouloir reprendre le contrôle du canal de Panama. Pour éviter une intervention armée, le gouvernement du Panama a lancé un audit sur la concession des deux terminaux. Celle-ci date de 1997. Le groupe basé à Hong Kong, Hutchison Ports, remporte cet appel d’offres. En 2021, le gouvernement panaméen a renouvelé la concession. Cependant, le gouvernement chinois souhaite que ses entreprises conservent leurs intérêts en Amérique du Sud. Il refuse de perdre totalement le contrôle de ces deux ports. En février, il souhaite qu’une entreprise chinoise entre à 20% au minimum dans la société concessionnaire des ports panaméens.

