Port de Bayonne : le démarrage de la société portuaire positif
Le port de Bayonne termine 2025 sur une note positive avec une hausse des trafics. Il prend le cap de la décarbonation et d’un port industriel.
En 2025, le port de Bayonne a clos son premier exercice complet sous la forme de société portuaire. Sans lien, les trafics affichent une croissance de 2,3% à 2,15 Mt. « Nous récupérons une partie des trafics que nous avons perdu en 2024 », nous confie Pascal Marty, président du directoire du port de Bayonne.
En 2025, le port sur les rails d’une progression durable
En effet, après la progression de 2023 de 12,2% à 2,3 Mt, le port a enregistré une baisse de 8,4% à 2,1 Mt. Alors, en 2025, le port retrouve sa tendance à la croissance. « Nous voulons réinstituer une période de croissance sur le long terme. » Et pour préciser, Pascal Marty dissocie le passage en société portuaire de la croissance de trafics. La société portuaire ne change pas l’objectif du port. Elle souhaite s’inscrire dans l’avenir en accompagnant ses clients.
Les vracs liquides reculent
Dans le classement par courant, les vracs solides et les marchandises diverses progressent quand les vracs liquides reculent. En effet, avec 384 300 t, les vracs liquides affichent une baisse. Des chiffres qui sont en-dessous des prévisions. Cependant, précise le président du directoire, ces flux se stabilisent d’une année sur l’autre. La baisse est tirée par les expéditions de pétrole brut. En effet, la production de Vermillion à Parentis-en-Born se réduit d’année en année. Les autres vracs liquides sont à l’étal par rapport à 2024.
Les engrais et le maïs en bonne santé
Du côté des vracs solides, gagnent 4,6% à 936 827 t. Le maïs représente toujours un courant important. Avec 351 396 t, il perd 0,6%. Cependant, cette baisse intervient après une année 2024 de forte hausse. Le port a traité plus d’import en 2024 que les autres années. Un phénomène qui a propulsé les chiffres de ce flux vers le haut. En 2025, le trafic est revenu à la normale avec une hausse des exportations de maïs. De plus, la bonne tenue des trafics d’engrais participe à la hausse. Avant l’entrée en vigueur du MACF (Mesures d’ajustement du carbone aux frontières), les importateurs ont rempli leurs stocks.
Les diverses portées par la sidérurgie
Enfin, les marchandises diverses affichent une progression de 5,2% à 835 317 t. Un courant porté par les produits sidérurgiques. Les deux sidérurgistes du port produisent en plus grande quantité. Ainsi, les importations de ferrailles et de brames voient leur volume s’améliorer. Les ferrailles gagnent 12% et les brames 24,7%. Une production qui s’exporte tout aussi bien. Les billettes, les fils machines et les tôles voient leur trafic, en sortie, progresser parfois avec des taux à deux chiffres. Les producteurs bayonnais ne travaillent pas avec les États-Unis. Ils ne subissent pas les hausses de droits de douanes imposés par la Maison blanche. De plus, l’entrée en vigueur de taxes européennes sur l’acier chinois peut se montrer bénéfique pour ces entreprises.
Une enveloppe de 15 M€ pour 2026
Des chiffres encourageants pour le port basque qui veut rester sur la même longueur d’onde pour les prochaines années. Nous prévoyons d’investir 200 M€ sur les 40 prochaines années, période de la concession de la société portuaire », indique Pascal Marty. Néanmoins, dès les premières années de ce plan, le port consacrera entre 10 et 15 M€ par an. Alors, pour 2026, il est prévu une enveloppe de 15 M€ pour les investissements. Plusieurs projets sont inscrits pour les prochains mois.
De nouveaux outils pour renouveler le parc
En premier lieu, le port a commandé deux grues et deux trémies en 2025. Elles arrivent dans le courant de l’année. Ces grues seront opérationnelles en 2027. Elles viennent en remplacement de l’outillage existant qui arrive en fin de vie. De plus, une benne de 25m³ est d’ores et déjà arrivée sur le port. Ces différents outillages seront complétés avec des trémies de déchargement.
Doubler la surface de stockage
Il faut aussi ajouter la mise en service du nouveau quai Gommes. Livré en septembre, ce quai offre un quai de 360 ml et 1350 m de voies ferrées. Le port envisage de construit des surfaces supplémentaires. Deux cellules agrandiront le hangar actuel. « Finalement, nous doublons notre capacité sur ce quai. » Enfin, les terrains de Bayonne Manutention s’étendent. Les travaux de requalification d’une friche industrielle d’1,5 ha démarrent. Le port a valorisé le terrain pour permettre au manutentionnaire d’agrandir son aire de stockage. « Bayonne Manutention a besoin d’une extension pour son trafic d’engrais. Nous avions besoin de nous étendre pour améliorer les flux logistiques de l’entreprise tout en réduisant l’impact environnemental de cette chaîne. L’Ademe nous accompagne dans cette démarche. »
Un plan 2025-2030 tourné vers l’industrialisation verte
Après cette première année de plein exercice comme société portuaire, le port de Bayonne se dote d’un plan pour les années 2025 à 2030. « Nous avons réfléchi avec nos clients et les actionnaires de la société portuaire. Cette feuille de route constitue un virage stratégique du port. Nous nous tournons vers la transition énergétique et l’industrialisation durable de notre établissement », souligne Pascal Marty. Ce plan s’angle autour de la nécessité de conserver une fonction industrielle au port.
La décarbonation au cœur de la stratégie du port de Bayonne
De plus, cette fonction industrielle s’accompagne d’un programme pour la décarbonation du port. « Elle se pose comme un objectif central », affirme le président du directoire. Pour s’inscrire dans cette trajectoire, il vise des « trafics plus vertueux comme les mâts pour les éoliennes. » Il souhaite devenir un levier d’industrialisation durable. Pour cela, il soutient l’implantation d’activités compatibles avec les nouveaux standards environnementaux. Une dynamique qui s’articulera avec un engagement en faveur de l’innovation logistique et énergétique.
Devenir un hub des énergies vertes
Encore, cette stratégie comprend un volet sur les énergies vertes. « Nous voulons devenir un hub pour le transport d’énergies vertes. » un axe qui tend à mener un virage vers la production d’énergie verte sur le territoire. Une ambition qui va de pair avec le renforcement du report modal. Les investissements réalisés sur les infrastructures ferroviaires et les projets facilitant un transfert vers des modes massifiés participent à ce projet.

