Route : les mesures sur les prix du carburant ne suffisent pas
La crise du Moyen-Orient entraîne une hausse importante des prix du carburant. Pour les opérateurs logistiques, les mesures du gouvernement ne suffisent pas.
La colère gronde du côté des opérateurs logistiques. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran entraîne une hausse du prix des carburants. Le contrôle par les Gardiens de la révolution iraniens du détroit d’Ormuz réduit les flux de pétrole.
Des mesures d’urgence
Dans ce contexte, le prix des carburants a enflé. Depuis le début de l’attaque américaine en Iran, les prix du gazole enregistrent des hausses importantes. Or, pour les transporteurs routiers, ces augmentations ne sont pas toujours répercutées sur les donneurs d’ordre. Ainsi, la profession demande des mesures d’urgence au gouvernement.
Un choc et un révélateur du décrochage du pavillon français
Dans un communiqué de presse, l’Union TLF réagit. « Cette situation constitue à la fois un nouveau choc conjoncturel brutal mais est aussi le révélateur d’un décrochage structurel du pavillon français face à ses concurrents européens », note le syndicat. Il dénonce un transfert des flux nationaux vers les transporteurs étrangers. « En trente ans, la part des transporteurs français dans le transport intérieur de marchandises est passée de 90 % à seulement 58 %. » Une perte de compétitivité qui tient d’abord à la fiscalité des carburants.
Agir sur la TICPE
Dans ces conditions, la hausse imprévisible et subite du carburant depuis le début du mois de mars incite l’Union TLF à s’adresser au gouvernement. Il demande des actions « immédiates et ciblées ». Il propose notamment « d’aligner temporairement le niveau de TICPE appliqué aux transporteurs français sur celui de l’Espagne, qui se situe au plancher réglementaire européen. » Elle souhaite que cette mesure soit pérenne pour ne pas faire de la fiscalité une mesure de distorsion de concurrence. En effet, en France, la TICPE nette revient à 45,19€/hl. Elle est de 33 €/hl en Espagne, soit une différence de 12,19€/hl.
Une mesure à 70M€ par mois
Pour l’organisation des commissionnaires, cette mesure aura des effets bénéfiques immédiats. Elle réduira le prix du gazole de 6%. Or, depuis le 28 février, le carburant routier a progressé de 26%. Une mesure qui peut apporter un peu d’air à des entreprises qui souffrent. Et l’Union TLF rappelle que les marges des entreprises de transport routier françaises sont les plus faibles d’Europe. « Nous devons apporter des réponses conjoncturelles et ciblées pour aider les transporteurs à passer cette crise. La demande de l’Union TLF apporterait une réponse immédiate et directe pour baisser le prix des carburants pour les transporteurs, avec un effet limité sur les finances publiques », indique Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF. Selon le syndicat, le coût de cette mesure est estimé à 70M€ par mois.
L’OTRE appelle à la mobilisation
Des propositions qui sont les ultimes recours avant la mobilisation. « L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. Face à une crise sans précédent et à l’inaction persistante du gouvernement, les transporteurs routiers de la région Ile de France s’organisent pour se faire entendre », indique l’OTRE dans un communiqué. Et le syndicat prévient que sans une réponse concrète de mesures efficaces, il mobilise l’ensemble de ses adhérents le 30 mars en Ile de France. « Le secteur ne restera pas spectateur de sa propre disparition. » Dans ce contexte de crise, il demande une aide forfaitaire par véhicule, sur le modèle de celle mise en place en 2022, afin de compenser les pertes déjà subies. De plus, il souhaite une remise immédiate et ciblée sur le carburant. « Les transporteurs routiers réaffirment leur volonté de dialogue. Mais ils refusent que celui-ci serve de prétexte à l’inaction. »
Des annonces gouvernementales sont attendues le 27 mars au soir pour l’ensemble des professions touchées par cette hausse du prix du carburant.

