Rotterdam : une année 2025 sous le signe de la baisse des trafics
Avec 428,4 Mt, le port de Rotterdam affiche une baisse de son trafic de 1,7%. Les vracs secs, les liquides et les conteneurs en tonnes participent à cette diminution. Seules les diverses affichent une progression.
L’année 2025 s’inscrit dans la même veine que les précédentes pour le port de Rotterdam. Le trafic continue sa descente depuis le début de la décennie. En 2025, le port néerlandais affiche un trafic global de 428,4 Mt. Il perd 1,7% par rapport à 2024. Depuis 2022, il est embourbé dans une spirale descendante. Des diminutions qui s’échelonnent entre 0,7% et 6,1%. Cependant, au total, depuis 2021, le port a perdu 8,6% de son tonnage global.
Vracs secs : minerais et charbon à coke en baisse
Dans le détail, les vracs secs affichent une baisse de 6,5% à 66,6 Mt. Une diminution qui est à mettre au passif des minerais et de la ferraille. En effet, ce courant enregistre une baisse de 11,5% à 26,3 Mt. Il subit les conséquences de l’état de l’économie sidérurgique européenne. Ainsi, l’industrie sidérurgique européenne souffre de la hausse du prix de l’énergie et d’une concurrence asiatique importante. De son côté, le charbon continue sa baisse inexorable. Il perd 8,7% à 17,3 Mt. Le charbon à coke, utilisé par la sidérurgie, perd de sa teneur. À l’inverse, le charbon énergétique gagne en raison d’un manque de vent pour la production d’éolienne et d’une forte demande en électricité. Pour compenser ces baisses, le trafic de vracs agroalimentaires améliorent leur score. Avec 10,9 Mt, ils augmentent de 6,3%. « Les volumes ont été particulièrement élevés au premier semestre 2025. Cette croissance est liée à la mise en service d’un nouveau terminal pour les vracs secs à Rotterdam », explique l’autorité portuaire.
Les produits pétroliers tirent les vracs liquides vers le bas
Pour leur part, les vracs liquides sont à la peine. Avec un volume global de 197 Mt, ils affichent une perte de 1,5% par rapport à 2024. Les produits pétroliers sont les principaux acteurs de cette baisse. Ils se contractent de 12,6% à 48,5 Mt. Cette filière a enregistré, au cours de l’année des sorts divers. Le premier semestre s’est avéré médiocre. La seconde moitié de l’année est meilleure sans compenser les pertes du début d’année. Le port de Rotterdam a subi les effets de prix plus élevé sur le marché du spot que sur les contrats à long terme. Les opérateurs ont arbitré pour d’autres ports que le néerlandais. Sur le versant positif de ce courant, le pétrole brut profite de la hausse des marges de raffinage. Ainsi, il augmente de 3,4% à 101,2 Mt en 2025. Enfin, le GNL s’inscrit dans le même sens. Il progresse de 15,1% à 13 Mt. Un flux qui bénéficie de la demande plus élevée en Europe pour reconstituer les stocks. Enfin, les autres vracs se réduisent. Ils perdent 3,1% à 34,3 Mt. En cause, la baisse significative des trafics de produits chimiques, notamment le méthanol.
Conteneurs : une progression de 3,1% à 14,2 MEVP
Dernière catégorie de trafic, les marchandises diverses se stabilisent. Avec 164,9 Mt, elles perdent 0,2% par rapport à 2024. Ce courant se réparti entre les trafics des conteneurs et les autres marchandises conventionnelles. S’agissant de la conteneurisation, le trafic en tonnes diminue de 0,2% à 133,2 Mt. Cependant, en nombre de boîtes, Rotterdam voit son trafic progresser de 3,1% à 14,2 MEVP. Un résultat que le port estime a minima. Les mauvaises conditions météorologiques et les mouvements sociaux du début d’année ont impacté les flux. Par ailleurs, la congestion portuaire a détourné du trafic vers les autres ports du range.
Un trafic domestique à 10 MEVP
Ce trafic intègre l’ensemble des manutentions. Sur les 14,2 MEVP, Rotterdam cumule 10 MEVP avec son hinterland. Le short sea pèse 2,4 MEVP et les transbordements entrent à hauteur de de 1,8 MEVP. Une répartition qui change peu d’une année sur l’autre. Néanmoins, en 2025, les trafics destinés au marché de l’hinterland progressent quand les transbordements se contractent de 14%. Le port souligne que « la baisse des volumes exportés due à la détérioration de la position concurrentielle de l’Europe et le déclin du transbordement ont entraîné une augmentation des conteneurs vides ».
Les nouvelles alliances profitent à Rotterdam
Globalement, la hausse du nombre de boîtes s’explique par l’augmentation de 9,3 % des importations asiatiques. De plus, les trafics avec les États-Unis ont augmenté de 13,6%, malgré les droits de douane imposés par la Maison blanche. En 2025, Rotterdam a bénéficié de la nouvelle configuration des alliances maritimes. Il a vu le nombre d’escales des services transocéaniques se développer, notamment grâce à la coopération Gemini entre Mærsk et Hapag Lloyd.
Le roulier augmente peu en raison d’une économie britannique fragile
Quant aux autres marchandises conventionnelles, notamment le roulier, il progresse de 1,6% à 31,7 Mt. Le roulier augmente de 0,9 % à 25,6 Mt. Une hausse contenue en raison de la contraction des flux vers le Royaume-Uni. La croissance économique de ce pays n’est pas au rendez-vous. Les autres marchandises diverses s’améliore de 4,6 % à 6,1 Mt. Une hausse liée à l’importation de produits sidérurgiques, à la livraison de fondations pour éoliennes offshore et à une augmentation de l’aluminium.

