Corridors et logistique

La Martinique se dote d’infrastructures de transport et de logistiques ambitieuses

La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a présenté, en février, une feuille de route de développement économique qui place les infrastructures de transport et la logistique maritime au cœur de sa stratégie. Tour d’horizon des projets les plus structurants.

La Collectivité territoriale de Martinique (CTM) positionne clairement son rôle. Elle veut sécuriser le foncier, activer les dispositifs fiscaux et attirer les investisseurs privés. Ces derniers financeront, construiront et exploiteront ces infrastructures. Un modèle partenarial assumé, résumé par le slogan créole affiché tout au long de la présentation : Nou ka fè’y épi zot ! « On le fait avec vous ! »

Une Zone Franche Douanière

L’une des décisions les plus significatives de ce programme est l’adoption d’une Zone Franche Douanière (ZFD) multisites. Elle est actée par le 29 janvier par l’assemblée territoriale. Ce dispositif permet à des entreprises d’importer, de stocker, de transformer, d’assembler, de reconditionner et de réexporter des marchandises sans s’acquitter de certains droits et taxes douanières. La condition est de laisser les produits restent dans la zone. Avec une TVA à l’importation suspendue, des droits de douane supprimés, le signal de la CTM envoyé aux investisseurs est incitatif.

Faire de la Martinique un hub de la transformation

Le GPM de la Martinique constitue l’un des quatre sites identifiés pour accueillir la ZFD. La collectivité réfléchit aussi à l’installer aux côtés de l’hôtel logistique de Mangot-Vulcin au Lamentin. Un espace qui s’étend sur 2,1 ha. En troisième lieu, elle regarde la zone d’activité de Pays Noyé à Ducos. Elle dispose de 31 ha. Enfin, cette zone pourrait se dresser à l’arrière du port du Robert. Un site qui présente 21 ha pour s’implanter. Cette configuration multisite vise à faire de la Martinique un véritable hub de transformation et de réexportation à l’échelle caribéenne, positionné à l’interface entre l’Union européenne et la Grande Caraïbe.

L’hôtel logistique de Mangot-Vulcin : un chantier imminent

Pièce maîtresse du dispositif portuaire et logistique, l’hôtel logistique de Mangot-Vulcin représente un investissement total estimé à 68 M€. Une somme qui nécessite aussi 14 M€ pour la voirie. Sur un terrain de 2,1 hectares maîtrisé au Lamentin, ce projet bénéficiera de fonds européens Feder et d’une enveloppe France 2030 de huit M€. Des travaux qui laissent à l’investisseur privé potentiel une part de 33 M€ à financer. La CTM a publié un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI).

Des infrastructures routières pour fluidifier les flux

Un port performant ne vaut que si ses accès terrestres sont à la hauteur. Or, la CTM l’a bien compris. Elle programme plusieurs projets routiers autour des zones économiques du Lamentin. Des travaux essentiels en raison de son caractère de véritable nœud logistique de l’île. Le réaménagement du carrefour de Mangot-Vulcin, pour 30 M€, doit être livré fin 2027. La liaison routière Union–Bois Rouge (70 M€, sur 30 hectares d’emprises foncières) est quant à elle attendue courant 2034. Ces deux projets visent à décongestionner durablement l’accès aux zones industrielles et portuaires du centre de l’île.

Une liaison interzone pour connecter les pôles économiques

Plus ambitieux encore, le projet de liaison interzone entre Dillon et Champigny prévoit une infrastructure de transport mixte entre le fret et les passagers. Elle s’étend sur 11 kilomètres, entre Fort-de-France, le Lamentin et Ducos. Chiffré à M€, ce projet à financement Feder et CEF transport est encore en phase d’études. Son ambition illustre la volonté de la CTM de connecter ses zones économiques stratégiques de manière moderne et écologique.

Un positionnement régional affirmé

Derrière ces projets se dessine une ambition claire : transformer la Martinique d’un territoire importateur en plateforme d’exportation régionale. La CTM assure que le département dispose des attributs d’un hub crédible pour les Caraïbes. En effet, la sécurité juridique française et européenne, l’accès au marché unique, le statut de Région Ultrapériphérique (RUP) ouvre droit à des aides d’État spécifiques.