Assurances : Chubb propose des garanties pour le franchissement du détroit d’Ormuz
L’agence du gouvernement américain, U.S. International Development Finance Corporation (DFC), et l’assureur Chubb créent un fonds de garantie pour assurer les navires qui transitent par le détroit d’Ormuz.
Le contrôle du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la révolution d’Iran impacte les flux de pétrole. La conséquence se répercute directement sur les prix de l’essence à la pompe et du gaz naturel. Une situation que le gouvernement américain veut interrompre.
Un fonds de garantie de 20 Md$
Alors, pour assurer aux navires les garanties lors du transit par ce passage, le gouvernement américain a décidé de garantir les assurances corps et facultés des armateurs. Pour se faire, l’agence International Development Finance (DFC) et l’assureur Chubb créent un fonds de garantie. La Maison blanche a décidé de doter ce fonds de garantie d’une enveloppe de 20 Md$.
Un partenariat public-privé
Cette initiative est un partenariat public‑privé entre la DFC, Chubb et d’autres compagnies d’assurance américaines. L’assureur négocie actuellement avec d’autres sociétés pour créer un consortium. Ces différentes sociétés d’assurance entrent dans cet accord au même titre que Chubb, à savoir comme réassureur. « Les assureurs participants disposent d’une solide expérience de souscription en assurance maritime et en couverture des risques de guerre maritimes », précise le communiqué de l’assureur.
Chubb gère le fonds, la DFC fixe les critères d’accès
Ces sommes sont destinées à réassurer sur le marché les navires et marchandises qui transiteront par le détroit d’Ormuz. Dans l’accord, Chubb gère le dispositif. Il détermine les prix et les conditions. Il assume les risques et émet les polices d’assurance pour les navires et cargaisons éligibles. Enfin, l’assureur gère les sinistres. De son côté, l’agence américaine DFC assume un rôle de coordinateur entre les différents réassureurs. En outre, la DFC fixe les critères d’accès à ce programme. Interrogé sur ces conditions d’accès au programme, l’assureur n’apporte aucune précision.
Les critères d’éligibilité ne sont pas connus
Le dispositif fourni une assurance contre les risques de guerre. Il ne concerne pas les risques ordinaires. Il concerne les assureurs corps de navires, les facultés et la responsabilité. La couverture proposée s’étend jusqu’aux couvertures des P&I Clubs. L’offre s’applique aux navires répondant aux critères d’éligibilité définis par le gouvernement des États-Unis. Sur ce point, ni le communiqué ni l’assureur n’apportent de précisions. Enfin, cette assurance spécifique vise uniquement les navires qui transitent par le détroit d’Ormuz. Elle ne s’étend pas au-delà.
Désamorcer la crise nationale
Ainsi, en créant un fonds de garantie, le gouvernement américain joue son atout. À n’en pas douter, les critères d’éligibilité des navires restreindront cette garantie aux navires dont les cargaisons sont destinées au marché américain. Pour la Maison blanche, le partenariat avec Chubb est une façon de désamorcer une crise nationale. En effet, selon les derniers sondages, la majorité de la population américaine désapprouve l’intervention en Iran. Elle reproche les effets dévastateurs sur l’économie nationale. En offrant des garanties d’assurance, la Maison blanche veut relancer les flux pétroliers par le détroit d’Ormuz pour son marché. Néanmoins, ce dispositif doit d’abord convaincre les armateurs soit d’entrer soit de sortir du golfe Persique dans les conditions actuelles. Malgré l’importance de ce fonds de 20 Md$, combien de navires sauteront le pas ?

