L’Inde résiste dans un contexte mondial incertain
Dans son dernier rapport hebdomadaire, le courtier de fret grec Intermodal analyse la situation des vracs en Inde.
Malgré les tensions géopolitiques et les pressions inflationnistes mondiales, l’Inde confirme sa trajectoire de croissance. Une analyse que donne le courtier de fret grec Intermodal dans sa dernière newsletter hebdomadaire. L’OCDE prévoit un ralentissement du PIB indien à 6,1 % en 2026-2027, contre 7,6 % l’année précédente. Pourtant, l’Inde reste le pays du G20 avec la croissance la plus rapide.
Deux moteurs soutiennent la dynamique
Deux moteurs structurels soutiennent cette dynamique : la consommation intérieure portée par une classe moyenne en expansion, et un investissement public massif dans les infrastructures. Le budget fédéral 2026-2027 alloue environ 147 Md$ aux dépenses d’investissement public. Ce programme couvre les chemins de fer, les autoroutes et les infrastructures urbaines.
Acier, charbon à coke, minerai de fer : des volumes en forte hausse
La production industrielle indienne a progressé de 5,2 % en glissement annuel en février. Le secteur sidérurgique illustre cette vitalité. Steel Authority of India a enregistré ses meilleurs résultats historiques en 2025-2026, avec une hausse de 11,5 % de sa production. Sur la période entre janvier et février, l’Inde a produit environ 29 Mt d’acier. Un chiffre qui porte la croissance à 9,7 % sur un an. Le gouvernement vise une capacité nationale de 300 Mt d’ici 2030. Cette ambition crée une demande structurelle en matières premières importées.
Des importations maritimes qui décollent
L’Inde importe près de 90 % de son charbon à coke par voie maritime. Les volumes devraient atteindre 87 Mt en 2026, soit une hausse de 10 %. Cela représente environ 30 % des importations mondiales de charbon à coke par voie maritime. L’Australie et la Russie fournissent plus de 70 % de ces volumes. Les États-Unis cherchent également à accroître leur part. La part de marché américaine pèse actuellement environ 10 %. Côté minerai de fer, les importations indiennes devraient bondir de 9 à 14 Mt en 2026. Le Brésil est le premier fournisseur, suivi d’Oman et de l’Australie.
Impact sur le marché des vraquiers
Cette hausse des flux maritimes profite directement aux grands vraquiers. Les routes longue distance, notamment celle entre le Brésil et l’Inde, génèrent davantage de tonnes-milles. Les segments Capesize, Kamsarmax et Ultramax sont les premiers bénéficiaires. Le Baltic Dry Index (BDI) s’établit à 2 066 points au 3 avril 2026. Les Capesize affichent un taux d’affrètement pour un an à 29 500 $/jour. Les Kamsarmax se négocient à 16 000 $/jour pour un an.
Marché tanker et démolition : des signaux contrastés
Le segment VLCC reste stable grâce aux flux d’exportation américains. Les Suezmax subissent une pression baissière, avec moins de cargaisons disponibles. Les marchés Aframax européens perdent du momentum avant les congés de Pâques. Sur le marché de la démolition, l’activité reste contrainte par la pénurie de candidats. En Inde, l’appréciation de la roupie renforce légèrement le pouvoir d’achat des recycleurs. Au Bangladesh et au Pakistan, les prix du ldt progressent d’environ 1,1 % sur une semaine.
Une demande durable
L’Inde s’impose comme un acteur incontournable du commerce maritime de matières premières. Urbanisation accélérée, investissements publics massifs et dépendance aux importations de charbon à coke et de minerai de fer dessinent une demande durable pour le vrac. Les armateurs et opérateurs de vraquiers ont tout intérêt à surveiller de près ce marché porteur en 2026.

