Corridors et logistique

Ferroviaire : des trains de plus en plus longs et autonomes

Le gigantisme se décline aujourd’hui dans le monde ferroviaire. Les miniers alignent des trains de plusieurs kilomètres de long entre les mines et les ports. Des convois qui sont désormais autonomes.

Le monde des transports est engagé dans une course au gigantisme qui n’épargne aucun mode. Après le maritime avec des porte-conteneurs et des vraquiers de plus de 400 m de long, c’est au tour du ferroviaire de s’engager dans la même direction. Ces convois ferroviaires appartiennent en majorité aux miniers. Ils permettent de relier les sites de production aux ports avec des capacités de plusieurs milliers de tonnes.

Un train de 7 km de long

Ainsi, le plus connu de ces trains de fret est celui qui relie les mines mauritaniennes au port de Nouakchott. Les records viennent d’Australie. Les distances entre les mines et les ports s’éloignent au fur et à mesure de la production. Dans un souci de rentabilité, les deux principaux miniers de la planète, Rio Tinto et BHP, rivalisent avec des trains gigantesques. Le record est actuellement détenu par BHP. Il a fait circuler un train de plus de 7 km avec une capacité d’emport de 82 000 t. Pour mémoire, un train peut donc remplir un navire Handysize.

Des trains automatisés pour réduire les coûts

Ce gigantisme s’accompagne d’une automatisation. En effet, ces « monstres » dotés de quatre locomotives roulent désormais sans conducteurs dans les machines. Rio Tinto a franchi le pas. Depuis maintenant 2018, la société minière aligne 53 trains entièrement automatisés entre la mine et le port de Dampier et Cape Lambert, dans la région de Pilbara. Un virage pris, selon les observateurs, pour faire face à deux éléments. D’une part, face à la demande grandissante, Rio Tinto doit faire circuler plus de trains. Pour éviter d’embaucher de nouveaux conducteurs, il a opté pour l’automatisation de ses convois. D’autre part, la baisse du prix du minerai de fer oblige à réviser les coûts opérationnels à la baisse. Ainsi, l’automatisation permet de réduire le nombre de chauffeurs tout en assurant une continuité du service.

Un chauffeur détermine le trajet

Hitachi Rail a mis en place le système d’automatisation. Dénommé AutoHaul, le dispositif permet de faire circuler des trains de 240 wagons sur les 2000 km qui séparent les mines des ports. Chaque train dispose d’une capacité d’emport de 28 000 t. L’absence de conducteur est prévue sur le trajet entre la mine et le port. Arrivé aux gares de triage des ports, un chauffeur prend la main. Il détermine le trajet et notamment la mine de destination. Les opérations sont, alors, transmises au centre de contrôle situé à Perth, à 1500 km du port. À l’arrivée du train à la mine, le chargement est entièrement automatisé pour remplir les 240 wagons. Il reprend ensuite la direction du port.  Compte tenu de la distance entre les mines et le port, le train effectue jusque 1000 km par voyage.

Prévoir un système de détection anticollision

Même si le parcours comprend une large part de traversée du désert, Rio Tinto réfléchi désormais à implémenter un système anticollision. Dans le parcours automatisé, les trains peuvent rencontrer des animaux ou des véhicules. Ainsi, ils sont actuellement munis de capteurs pour déceler les obstacles. Or, pour s’arrêter les trains chargés doivent prévoir entre un km et deux km. Pour assurer une meilleure sécurité, Rio Tinto a mandaté 4AI Systems de doter les trains « d’yeux ». Les caméras posées sur les trains permettront d’identifier les véritables risques que peuvent rencontrer les trains. L’objectif est de ce système est de déceler les obstacles le long du trajet. Les caméras peuvent identifier les animaux, les humains ou encore les véhicules. Le système envoie un signal aux opérateurs qui peuvent prendre la décision immédiatement.