Ports

Mayotte : les hoquets au démarrage du port de Longoni

Le 1er septembre, le port de Longoni, à Mayotte est passé sous l’autorité d’un nouvel établissement public industriel et commercial.

Le 2 juin, la cour administrative d’appel de Bordeaux confirme la fin anticipée de la délégation de service du port de Longoni, à Mayotte. Jusqu’à présent, Mayotte Channel Gateway (MCG) est titulaire d’une délégation de service public depuis 2013. Une décision qui précipite la fin de la gestion du port de Longoni par Mayotte Channel Gateway.

La création de l’EPPCM

Dans ce contexte, le département-région de Mayotte a voté la création d’un établissement public industriel et commercial.  Alors, le port de Longoni passe depuis le 1er septembre entre les mains de l’Établissement Public du Port de Commerce de Mayotte (EPPCM). Un transfert qui ne se passe pas en douceur.

ManuPort refuse de travailler

Ce transfert ne se réalise pas dans les meilleures conditions. En effet, ManuPort, société de manutention appartenant à Johannes Nel, fils de la présidente de MCG, refuse de réaliser les opérations de manutention. Selon la presse locale, le transfert de l’outillage de MCG à ManuPort s’est réalisé dans le cadre d’un processus de défiscalisation. Dans un entretien avec Mayotte la 1ère, Jacques Martial Henry, ancien chargé de mission de Mayotte Channel Gateway, « écarte toute irrégularité ». Il distingue entre les équipements qui relèvent de MCG de ceux qui appartiennent à ManuPort. Les premiers sont transférés au nouvel EPIC. Les derniers restent sous la propriété du manutentionnaire.

Les revendications de la FNPD CGT

Alors, le contexte du port irradie sur toute l’économie de l’île. Pour la FNPD CGT, « l’État, les autorités et les décideurs doivent prendre leurs responsabilités », indique le syndicat. Les perturbations du port impactent directement la population locale. Alors, que l’île peine à se relever du cyclone Chido en 2024, la FNPD CGT s’inquiète de cette situation. « Alors que 95% des produits consommés sur Mayotte proviennent du port de Longoni, les entraves actuelles au fonctionnement doivent rapidement cesser et toutes les marchandises doivent être traitées », continue le syndicat.

Faire de Longoni un GPM ?

Et dans la continuité de cette revendication, la centrale syndicale milite en faveur de la mise en place d’un Grand port maritime à Mayotte. Ce changement de statut permettra de « répondre aux véritables besoins des Mahorais. » Une position que tous les opérateurs ne partagent pas. Certains imaginent que le port de Longoni doit conserver son statut. Avant de parler d’avenir, le déblocage de la situation à Longoni prévaut sur tout autre débat.