Les experts du GIEC condamnent le charbon

Le 8 octobre 2018, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a remis son rapport demandant la fin de l’utilisation du charbon en 2050. Une position que le gouvernement australien et les miniers ne partagent pas et qui pourrait avoir des conséquences sur l’économie maritime et portuaire.

Face au réchauffement climatique qui semble aujourd’hui inéluctable, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a demandé aux États signataires de la convention de Paris de réduire les gaz à effets de serre pour contraindre la hausse du réchauffement à 1,5C°. Pour atteindre ce résultat, le Giec préconise une réduction drastique du charbon. En 2050, cette matière première ne devra pas représenter plus de 2% de la production d’énergie. Le gaz naturel et la capture et le stockage du CO2, devront être réduits de 8% dans la production électrique.

Si les associations environnementales se sont réjouies des conclusions de ce rapport, il en a été autrement pour les miniers et les pays qui basent leur développement sur la production de charbon.Ainsi, la ministre de l’environnement australien, Melissa Price, s’est étonnée de ce rapport. Appeler à la fin du charbon en 2050 paraît peu réaliste, pour la ministre de l’environnement australien. « Le Giec tire des plans sur la comète », a-t-elle indiqué à Reuters. Une position qui se comprend puisque l’Australie culmine à la première place des exportateurs de charbon. L’Australie produit 70% de son électricité par le charbon. Pour appuyer cette thèse, l’association mondiale des producteurs de charbon, World Coal Association, préconise une plus grande attention aux conditions de capture et de stockage du CO2. « Nous pensons que toute stratégie qui ne prend pas en compte la capture et le stockage du CO2 n’est pas réaliste ». Et l’organisation internationale de continuer que 75% de l’énergie produite l’est par le charbon.

Derrière ces arguments se profilent le développement économique du continent asiatique. La Chine en tête mais les autres pays aussi, jusqu’à l’Inde ont besoin de cette énergie, selon la WCA, pour maintenir leur développement. Et au-delà de l’économie chinoise et asiatique c’est tout un pan de l’économie maritime et portuaire qui pourrait être mise en cause. Que deviendront les vraquiers qui assurent aujourd’hui le transport de charbon depuis l’Australie, l’Indonésie et la Colombie vers les pays en développement. Plutôt que de se focaliser sur cette matière première, il serait utile, pour la WCA, de porter une attention plus soutenue sur les subventions pour stocker le CO2 afin d’éviter de détruire des économies entières. Et comme le réaffirment souvent des économistes en Afrique, « la première pollution de notre continent est la pauvreté ».

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