Même pas peur

Et si le 14 janvier le Parlement britannique votait en faveur de l’accord négocié par le Premier ministre anglais, Theresa May, avec l’Union européenne. Voilà une solution qui semble s’éloigner de plus en plus. En Grande-Bretagne, Theresa May a prévu de dégager des fonds supplémentaires pour parer à un risque de blocage sur les liaisons Transmanche. Au 10 Downing street, il a même été fait appel à l’armement Seabourn, dont la compétence en matière de ferry reste encore à démontrer. Des fonds qui profiteront aussi à Brittany Ferries, P&O Ferries et DFDS. D’autres navires seraient affrétés pour permettre un plus grand nombre de rotations. Du côté terrestre, tant en Angleterre que du côté français, les choses s’organisent. À Douvres, le port s’est essayé à un exercice grandeur nature. Il a repris une ancienne piste d’aéroport pour permettre aux camions de stationner. Une démonstration grandeur nature qui a le mérite de metrte en avant une file d’attente le long de l’autoroute M20 qui pourrait venir perturber le trafic local. En France, les ports s’organisent. Dunkerque se dit prêt. « Nous avons investi dans des aménagements. Nous disposons d’un parking pouvant stocker la capacité de quatre navires de DFDS, soit plus de 400 camions sur notre port », assure Stéphane Raison, président du directoire du Grand port maritime de Dunkerque. Des réunions entre les administrations concernées et les opérateurs se déroulent régulièrement. À Bercy, le ministre annonce l’arrivée dans les ports de 700 douaniers, dont une grande partie sur les ports septentrionaux. Plus le trafic transmanche est important plus le nombre de fonctionnaires des services douaniers et vétérinaires prend de l’ampleur.

En quelque sorte, « même pas peur » d’un Brexit dur. Nous en viendrions presque à espérer que les parlementaires britanniques rejettent le texte pour assister à l’efficacité des mesures mises en place. Non, je rigole ! De Roscoff à Ostende les choses s’organisent au fur et à mesure que la date du 29 mars approche. La prochaine étape sera le 14 janvier lors du vote à Westminster. Et après le 29 mars ce sera un scenario qui pourrait s’apparenter à celui d’un film catastrophe ou tout se passera au mieux. Un opérateur nous disait « le 29 mars, nous vivrons soit dans le film « Le jour d’après » soit dans celui de « Tout ça pour ça ». Il reste que cet épisode a démontré la capacité des autorités politiques à se mobiliser pour la logistique portuaire et maritime. Dommage qu’il faille une épée de Damoclès pour que le gouvernement, indépendamment de toute tendance politique, se sente concerné par des questions de logistique portuaire et maritime.

Hervé Deiss

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