Les six corridors majeurs des nouvelles Routes de la Soie

Alors que le second forum international sur les nouvelles routes de la soie s’achèvent à Pékin, le gouvernement chinois a présenté les six corridors majeurs qui relient la Chine avec les pays du continent eurasiatique.

Dans le cadre de son initiative pour les Nouvelles Routes de la Soie, le gouvernement chinois met en exergue les six corridors essentiels du continent eurasien. Depuis la Chine jusqu’en Europe en passant par la péninsule indochinoise, l’Asie centrale et les autres parties du continent, ces corridors sont jugés essentiels pour « établir et développer les partenariats et la connectivité entre les différents pays, et construire un marché Asie-Europe efficace », précise le document du gouvernement chinois.

  • Le nouveau corridor économique Eurasiatique.
Le Corridor reliant la Chine et l’Europe du centre. © Obor Europe

Au cours des cinq dernières années, la coopération régionale sur le nouveau pont terrestre entre l’Asie et l’Europe s’est développé. « Les partenariats pour l’ouverture, les bénéfices mutuels et les accords gagnant-gagnant n’ont cessé de s’améliorer pour accroître les échanges entre l’Asie et l’Europe. » Ce corridor relie l’ouest de la Chine avec le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie. Depuis ce dernier point, les chemins de fer européens prennent le relais pour relier les principaux centres ferroviaires européens. Le corridor Eurasiatique relie Lanzhou, au centre de la Chine, avec Urumqi, Astana, Yekaterinburg, Moscou, Minsk et enfin Brest Litovsk. Cet axe central s’alimente par les réseaux capillaires qui desservent les centres ferroviaires.

  • Le corridor Chine, Mongolie Russie.

Une branche du réseau relie la Russie avec la Chine en desservant la Mongolie sur son passage. Il se compose de voies ferroviaires, d’autoroutes et de ports. Il part du port chinois de Tianjin, pour rejoindre Zhangjiakou, Erenhot, à la frontière avec la Mongolie, puis Oulan Bator, Darkhan, Kyakhta et enfin Oulan Oude en Russie. Ce corridor permet à la Mongolie de devenir un hub logistique entre la Chine et la Russie. Par ailleurs, avec le développement de la filière minière en Mongolie, le gouvernement d’Oulan Bator veut profiter des fonds investis dans le développement de la Route de la Soie pour doper son économie de matière première et de transformation.

 

    • Le corridor Chine, Asie du centre et Asie de l’ouest
Le corridor entre la Chine et l’Asie du centre et de l’ouest s’étend jusqu’aux rives de la Méditerranée à Istambul. © Obor Europe

Le corridor entre la Chine et l’Asie du centre et de l’ouest relie l’est de l’Empire du milieu jusqu’aux rives de la Méditerranée en passant par le Moyen-Orient et le golfe Persique. Il part du port de Shanghai pour rejoindre, par le centre de la Chine la ville de Xian avant de rejoindre la région du Xinjiang à Urumqi pour franchir la frontière sino-kazak à Alashankou et rejoindre le réseau ferroviaire centre asiatique. Il dessert le Kazakhstan et notamment Almaty, le Kirghizistan à Bishkek, Samarcande et Tashkent en Ouzbékistan et Ashgabat au Turkménistan. Ensuite, le corridor rejoint le réseau ferroviaire iranien avec la liaison à Téhéran pour ensuite se diriger vers la Turquie et finir à Istanbul. Une déviation permet de relier ce corridor avec la mer Caspienne dans le port de Aktaou.

 

  • Le corridor Chine vers la Péninsule indochinoise
Le corridor de la Chine vers les cinq pays de la péninsule indochinoise. ©Obor Europe

Le corridor entre la Chine et la péninsule indochinoise part de la ville chinoise de Kunming et s’étend sur toute la péninsule en forme d’étoile permettant ainsi de relier la Chine avec les cinq pays de cette sous région. Cette ville du sud ouest de la Chine a été la seule ville chinoise reliée par le réseau ferroviaire indochinois construit par les français au 19è siècle qui devait relier les ports de l’Indochine française avec la Chine. Le corridor actuel part de la ville de Kunming et de la région du Guangxi, qui comprend le port de Qinzhou et de Behai. Le réseau routier et ferroviaire permet de relier Hanoi, au nord du Viet Nâm. Le corridor comprend aussi un lien entre la ville chinoise de Nanning et de Hanoi. Dans la péninsule indochinoise le lien relie la Birmanie notamment le port fluvial de Mandalay et Yangon, le port de la capitale birmane, Rangoon. La Thaïlande est desservie avec en point final le port de Bangkok. Le Laos s’offre des débouchés maritimes et ferroviaires grâce à ce corridor et la desserte de la capitale laotienne, Vientiane. Le corridor Chine Péninsule indochinoise s’étend sur tout le long du Viet Nâm reliant Hanoi, Hue et Ho Chi Minh City. Dans ce corridor le Cambodge n’est pas oubliée avec l’intégration de Phnom Penh.

 

    • Le corridor Chine Pakistan
Le corridor entre la Chine et le Pakistan qui débouche, sur l’océan Indien dans le port de Gwadar. © Obor Europe

Le corridor entre la Chine et le Pakistan a fait couler beaucoup d’encre. L’investissement chinois au Pakistan a été pris, de la part de l’Inde comme une prise de position dans le conflit territorial qui oppose l’Inde et le Pakistan sur le Cachemire. Une analyse que le gouvernement chinois a toujours nié. L’objectif déclaré par le premier ministre chinois Li Keqiang en 2013 était de relier la ville de Kashgar dans l’ouest chinois avec l’Océan indien et notamment le port pakistanais de Gwadar. Ce corridor relie Kashgar avec Islamabad, Lahore pour rejoindre le port de Gwadar. Le choix de cette sortie maritime a été motivée depuis la reprise du port par le groupe chinois China Merchant et de l’installation d’une base marine chinoise dans ce port.

 

 

    • Le corridor Bangladesh, Chine, Inde et Birmanie
Le Corridor entre la Chine et l’Inde travers la Birmanie et le Bengladesh avant de rejoindre le oprt indien de Calcutta. © Obor Europe

Alors que l’Inde s’est insurgée contre le corridor de la Route de la Soie vers le Pakistan, le gouvernement chinois a voulu donner un poids aussi important à l’Inde. Or, la géographie d’un corridor terrestre entre la Chine et l’Inde pose un souci de taille avec la chaîne de l’Himalaya. Le facteur géopolitique pose aussi souci puisque le lien le plus rapide avec l’Inde passe par le Tibet. Le choix du corridor s’est donc porté sur une liaison ferroviaire qui part de Kunming pour rejoindre les villes chinoises de Dali puis Tengchong, Ruili, pour ensuite rejoindre les villes birmanes de Mandalay, Ka Lay, puis serpenter entre l’Inde et le Bengladesh en desservant Imphal (Inde), Tamabil (Bengladesh), Silchar (Inde), Dhaka (Bengladesh), Jessore (Bengladesh) et Calcutta (Inde). Ce corridor est aussi pour les chinois de regarder des sorties sur le golfe du Bengale avec un projet de port et de zone de développement spéciale dans la cité birmane de Kyauk Phyu.

 

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