Xi Jinping fait son marché portuaire en Europe

Après une visite en Italie et la signature d’un memorandum, le président Chinois est présent du 24 au 26 mars à Paris pour rencontrer le président de la République et des responsables européens. La volonté du gouvernement chinois d’étendre son aura portuaire en Europe se trame derrière les discours.

Arrivé en Europe le 21 mars, le président Chinois, Xi Jinping, a consacré ses premiers jours sur le vieux continent avec le chef du gouvernement italien. À l’issue de sa visite officielle, Rome et Pékin ont signé un memorandum pour le développement des nouvelles Route de la Soie (Belt and Road Initiative – BRI). Un communiqué publié par chaque gouvernement part à cet accord se félicite de la signature de ce document qui prévoit de connecter l’Italie au réseau des Routes de la Soie. Dans le texte, les deux États souhaitent améliorer la connectivité du réseau Trans- Européen avec le réseau ferroviaire de la Route de la Soie. Ensuite, il y est prévu une « coopération plus profonde dans le domaine portuaire, logistique, maritime et d’autres secteurs ». À la suite de cette visite, le président chinois s’est dit ravi de cette visite et a rappelé sa volonté de voir les entreprises chinoises investir dans les ports italiens, et notamment à Trieste et Gênes. Le port italien situé sur l’Adriatique est perçu aujourd’hui comme la porte d’entrée vers les marchés d’Europe centrale et de l’est. Ses liaisons conteneurs avec le sud de l’Allemagne, l’Autriche, la Slovénie et les pays balkans lui offre une positio stratégique. Le terminal à conteneurs du port de Trieste est aujourd’hui géré par TMT (Trieste Marine Terminal), une filiale du groupe de Livourne, TO Delta, qui outre Trieste gère le terminal VTE de Gênes. Comment imaginer l’entrée d’une société chinoise, comme par exemple Cosco Terminals, dans les opérations portuaires italiennes ? Deux solutions pourraient intervenir. La première serait une ouverture du capital de l’opérateur de Trieste et Gênes. La seconde serait d’ouvrir de nouvelles concessions portuaires.

Cette entrée par le sud du continent européen de la Chine est déjà en marche. La prise de position de Cosco sur le port du Pirée en Grèce est effective depuis plusieurs années. Lors de son intervention au Propeller Club de Paris du 11 mars, Lamia Kerkoudj-Belkaid, secrétaire générale de la Feport, a alerté l’audience face à l’appétit des chinois. « Nous ne voulons pas être anti-chinois. Nous voulons avant tout d’une réciprocité entre l’Europe et la Chine. Nous ne sommes pas opposés à l’arrivée de groupes chinois dans le monde portuaire européen mais nous demandons que la réciproque puisse aussi se produire. Aujourd’hui, pour investir dans un terminal chinois, les européens doivent se contenter de moins de 50% de l’opérateur. En Europe, les groupes chinois peuvent prendre pied dans un terminal européen sans limite du capital. »

Le commissaire européen, Günther Oettinger, se dit pour sa part inquiet de voir la Chine intégré des pays membres de l’Union européenne dans son projet de Routes de la Soie. « L’Europe a un besoin urgent d’une stratégie pour la Chine. Une stratégie digne de ce nom », a indiqué le commissaire européen. Pour le président de la République française, Emmanuel Macron, l’unité de l’Europe doit se faire face à la Chine. « Il faut une prise de conscience et la défense de la souveraineté européenne. » Avec l’arrivée prochaine des élections européennes et les débats récurrents dans toute l’Union sur l’intérêt de l’Europe face aux grandes puissances économiques de ce monde, les discussions entre le président Chinois et les responsables européens, Emmanuel Macron et la chancelière allemande prennent une dimension qui vont au-delà du simple appareil portuaire européen. D’ailleurs, de Nantes Saint Nazaire au Pirée en passant par Zeebrugge et Anvers, le groupe Cosco est déjà dans la place.

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