Le projet de Loi de finances devant la commission du Sénat

Le Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a été auditionné le 6 novembre devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement du Sénat. Si les différents modes de transport ont été abordées, le fret n’a pas fait l’objet d’un examen approfondi.

À la sortie de la réunion de la commission de l’aménagement du territoire et du développement du Sénat, les commentateurs n’ont pas paru convaincu. Le Secrétaire d’État, nouvellement arrivé, a surtout été interrogé sur les questions de transport de voyageurs. Les différentes questions ont en effet plutôt porté sur l’avenir des lignes ferroviaires voyageurs délaissées par la SNCF.
Le fret, pris dans son ensemble est resté le grand absent d ece grand oral. Au cours des 90 minutes de ces questions, quelques points ont été mis à l’honneur. En premier lieu, le secrétaire d’État a confirmé que l’enveloppe budgétaire pour le maritime et le portuaire serait de 292 M€. Michel Vaspart, vice-président de la commission et sénateur Les Républicains des Côtes d’Armor, a rappelé au ministre l’importance du maritime en France. « Notre pays est le deuxième territoire maritime du monde, grâce notamment à l’outre-mer. Or il est loin d’être la deuxième puissance maritime du monde ! Il conviendrait de mener un travail important en matière de protection et de valorisation de notre territoire maritime. » Une façon pour le sénateur d’entrer dans le vif du sujet sur les Grands ports maritimes. Rappelant l’annonce en 2018 par le premier Ministre d’une stratégie portuaire nationale, il s’est interrogé sur la matérialisation de cette volonté politique dans les faits. « Cette stratégie donnera-t-elle lieu à la mobilisation de moyens financiers supplémentaires pour la politique maritime et portuaire française, qui ne sont pas actés dans le projet de budget pour 2020 ? »
Jean-Baptiste Djebari a rappelé que la stratégie portuaire sera présentée le 3 décembre prochain par le premier Ministre. Une réflexion qui porte sur « la réforme du modèle économique des grands ports ». Il a aussi rappelé que les crédits dédiés au dragage seront stables en 2020. De plus, il a continué en annonçant une « aide à la pince » avec une enveloppe de 27 M€. Quant à la transition énergétique, de nombreux dispositifs sont prévus dans la le projet de loi de finances. S’agissant du Brexit, il a assuré que « notre niveau de préparation est satisfaisant dans la perspective d’un Brexit dur, même si nous pouvons encore être plus performants. »
Sur le transport fluvial, le sujet est intervenu en début de séance avec l’intervention de Didier Madelli qui s’est inquiété de la réduction constante depuis 2013 du personnel de Voies Navigables de France. « Ne pensez-vous pas que ces diminutions successives vont à rebours de l’ambition de développement du transport fluvial ? » Le secrétaire d’État a rappelé que le gouvernement consacre des moyens importants sur la régénération d’ouvrages. Quant aux postes supprimés, « nous veillerons à ce que la réduction du nombre de postes ne nuise pas au service rendu ».
Quant au transport ferroviaire, il a surtout été question de la partie voyageur. Le fret a été abordé par le biais de la question sur la ligne entre Perpignan et Rungis que les sénateurs appellent à la réactivation. Jean-Baptiste Djebbari a rappelé que la SNCF ne voulant pas être affréteur, le gouvernement s’est tourné vers Novatrans pour relancer la ligne. Les intempéries de ces derniers jours a malgré tout nécessité des travaux de réfection. « Nous rétablirons donc une ligne entre Perpignan et Valenton pour servir ces clients, avant de moderniser le quai de Rungis pour être en mesure de restaurer la desserte de ce marché. Nous avons travaillé sur les sillons et les horaires. Les intempéries du mois dernier nous ont conduits à privilégier une solution de long terme plutôt qu’un rétablissement temporaire immédiat », a confirmé le secrétaire d’État.