Ports : la FNPD CGT lance une opération « Ports Morts »

La FNPD CGT a annoncé une opération Ports Morts pendant 72 h à compter du 14 janvier. Un mouvement qui s’inscrit dans le mouvement national contre la réforme des retraites.

Serge Coutouris et Tony Hautbois de la FNPD CGT. ©Hervé Deiss

Si la presse se fait le relais des actions menées par les cheminots et les salariés de la RATP, les ouvriers dockers ne sont pas en reste. « D’autres secteurs de l’économie française suivent ce mouvement et notamment les ports », a souligné Tony Hautbois, secrétaire national de la FNPD CGT. La mobilisation dans les ports est largement suivie, assurent les responsables de la fédération regroupant les ouvriers portuaires. Depuis le 5 décembre, plusieurs mouvements de 24h ont bloqué les ports : les 10, 12 , 17 et 30 décembre. Un mouvement qui ne s’essouffle pas puisque le 6 et 7 janvier, la FNPD CGT s’est mobilisée en menant des actions devant les sièges des sept Grands ports maritimes métropolitains.
« Devant l’absence de réponse de la part du gouvernement, nous avons collectivement décidé d’un arrêt de travail de 72 h les 14, 15 et 16 janvier. Une opération Ports Morts qui se déclinera dans tous les ports », indique un communiqué de la FNPD CGT. Les 13 janvier et 17 janvier, des piquets de grève se tiendront devant les sièges des Grands ports maritimes. « Les 72 heures d’arrêt de travail dans les ports français sont la répons du monde portuaire à la hauteur de l’attaque ».
Le mouvement actuel n’est pas lié à des questions portuaires, assurent les responsables de la FNPD CGT. « Nous rejetons un projet de réforme qui prévoit de nous faire travailler plus avec des rentes amoindries », continue Tony Hautbois. La fédération des dockers de la CGT revendique un départ en retraite à 60 ans avec un départ anticipé à 55 ans pour les travaux pénibles. « Notre dispositif de pénibilité a été négocié au niveau de la branche en 2011. Il prévoit un départ anticipé de trois ans pour les salariés qui réalisent des travaux pénibles. Dès lors que l’âge de la retraite recule, les départs anticipés suivent le mouvement. »
Depuis le début du mouvement, les ports français ont été largement impactés par ce mouvement. Que ce soit à Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Lorient, Brest, Le Havre, Saint Malo et Dunkerque, les activités dans ces ports ont souffert d’interruptions. Difficile de calculer pour le moment l’impact sur les entreprises portuaires mais, pour la FNPD CGT, « seul le retrait du projet permettra de retrouver un climat social plus serein ».

96 heures de Ports Morts sans réponse du gouvernement

Des 72 heures annoncées pour cette semaine, la FNPD CGT ne va pas s’arrêter tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction de leurs revendications. Un bureau confédéral se réunira le 15 janvier pour décider des suites à donner au mouvement. « S’il le faut nous passerons à un mouvement de 96 heures par semaine voire, un mouvement en illimité », assure Tony Hautbois.
Face à cette décision, TLF, représentant les commissionnaires en transport, et la FNTR, regroupant les transporteurs routiers, ont réagi vivement. « La situation dans les ports est particulièrement préoccupante pour l’ensemble des acteurs économiques de la chaîne logistique: transporteurs, transitaires, commissionnaires de transport. Et pourtant, personne n’en parle ! », indique un texte des organisations patronales. Dans un courrier adressé le 13 janvier à l’ensemble des compagnies maritimes opérant sur les ports français et aux entreprises de manutention, Eric Hémar, président de TLF et Herbert de Saint Simon, président de TLF Overseas, ont demandé l’exonération de tous les jours de grèves dans le calcul des frais de stationnement, gardiennage, branchement des conteneurs reefers, détentions et surestaries.

Un appel au déblocage

« J’appelle officiellement les autorités nationales et locales à débloquer la situation pour assurer la libre circulation des personnes et des marchandises. Notre gouvernement doit urgemment prendre conscience des conséquences de cette situation pour la compétitivité de la filière maritime. Nous demandons expressément à être reçus par le gouvernement d’ici la fin de la semaine », a déclaré Herbert de Saint Simon, Président de TLF Overseas. « Des mesures spécifiques doivent être prises immédiatement en particulier concernant les entreprises travaillant avec les ports concernés. Cette situation doit maintenant faire l’objet d’un traitement à la hauteur des enjeux en matière de déblocage et d’accompagnement des entreprises », explique Jean-Christophe Pic, président de la FNTR.
En termes d’impact financier, il s’agit de dizaines de millions d’euros par jour de pertes sèches pour les entreprises. La perte de trafic est estimée à 40% pour le port de Fos, le double pour le Havre. Dans ce contexte alarmant, TLF, TLF Overseas et la FNTR s’interrogent sur l’absence de signal et de soutien du gouvernement alors même qu’une stratégie de relance portuaire avait été actée il y a quelques mois.

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