Sénalia : une campagne 2018/2019 tirée par les exportations de céréales

Le groupe Sénalia a présenté ses résultats le 10 janvier à Paris. Porté par les exportations de céréales, le volume traité par le manutentionnaire rouennais affiche une forte progression.

L’exercice fiscal du manutentionnaire rouennais Sénalia est calqué sur la campagne céréalière, du 1er juillet au 30 juin. Le 10 janvier, le groupe a présenté les résultats pour l’exercice achevé le 30 juin 2019. Avec une croissance de 18% de ses trafics, Sénalia termine son exercice fiscal à 7,06 Mt. Une performance tirée par les exportations de céréales. Elles s’élèvent à 3,9 Mt, en hausse de 45%. Le blé meunier a engrangé une grande partie de cette hausse passant de 1,6 Mt à 2,5 Mt d’une campagne à l’autre. Une hausse de 899 000 t, soit 56% de croissance. Les orges de brasserie et le blé fourrager se sont inscrits dans la même tendance alors que le blé dur et les orges fourragères accusent un repli. Pour Gilles Kindelberger, directeur général du groupe, la vitalité de cet exercice tient à deux éléments majeurs. Le premier est la reprise des trafics vers l’Afrique de l’ouest qui pèse 12% des expéditions globales et la Chine. Ces deux destinations entrent pour 19% des volumes traités mais surtout pour 49% de la croissance. Le second élément est à mettre au crédit du partenariat signé avec le groupe Lecureur. L’accord entre les deux opérateurs a vu l’intégration des silos de Val de La Haye et de Bonnières. « Nous avons réussi à mettre en place des flux tirés avec l’intégration de ces silos », a expliqué Gilles Kindelberger. À Bonnières sur Seine, le groupe a créé un hub logistique. Des unités fluviales sont chargées dans les silos de Bonnières ou de Rouen pour l’usine de Gennevilliers et rechargent en région parisienne pour revenir chargées vers les silos de Rouen et de Bonnières.
Au cours de la dernière campagne, Sénalia a aussi développé l’activité conteneurs sur la plate-forme de Grand-Quevilly. Un partenariat signé avec l’armement MSC, Normande de Manutention et Granit Négoce. Sur la campagne 2018/2019, ce sont 1 464 conteneurs d’orge de brasserie qui ont été chargés sur le site. Cette activité créée en 2005 a été redynamisée au cours de la campagne précédente. « Nous voulons asseoir cette activité en créant sur la plateforme de Grand Quevilly des services de réparation de conteneurs », continue le directeur général de Sénalia. Pour le groupe, cette activité permet de réduire les frais de stockage des conteneurs mais aussi d’assurer des flux réguliers entre les entrées de produits agro-industriels comme le cacao et l’expédition d’orges de brasserie. « C’est de la haute couture », affirme Gilles Kindelberger.

L’avenir du site de Robust

Quant aux activités agro-industrielles, elles perdent 3,7% à 3,08 Mt. Les produits destinés à l’usine de Saipol sont en nette diminution. Elles perdent 9,3% à 1,9 Mt. Tous les postes sont en diminution. Les entrées de colza s’affichent à 872 000 t, en diminution de 5,9%. En sortie, les tourteaux, l’ester et les huiles sont tous en baisse. Ce repli de trafic est avant tout lié à un arrêt de cinq semaines d’activité du site. À Lillebonne, le site a vu ses trafics augmenter de 16% à 823 000 t. Tant les entrées de blé que les sorties de drèches et de gluten sont en progression avec une mention particulière pour les expéditions de gluten qui sont en hausse de 59%. L’activité sucre, réalisée sur le site rouennais de Robust en partenariat avec Saint Louis Sucre a réalisé, sur la dernière campagne un trafic de 145 000 t. « Un trafic au-dessus de la moyenne des cinq dernières années ». Malgré ce score, le site de Robust devrait être réaffecté. Saint Louis Sucre a fait savoir à son partenaire son intention de mettre un terme à cet accord en septembre 2021. Avec la fin des quotas de sucre, l’effondrement de la production de sucre en France pèse fortement sur les expéditions. La production de sucre de canne au Brésil et en Inde, les deux principaux producteurs mondiaux, met à mal les exportations françaises. Saint Louis Sucre a donc décidé de se concentrer sur d’autres sites. « En septembre 2021, le site de Robust devrait cesser son activité sucre. Nous avons entamé une réflexion pour voir quel produit nous pourrions stocker dans ce site », explique le directeur général. Enfin, le cacao perd 9% à 129 000 t. Un trafic en baisse que le groupe Sénalia souhaite malgré tout renforcer. L’agrandissement de l’usine de Grand Quevilly va entraîner une hausse des flux de cacao sur le site, dont une partie empruntait jusqu’à présent les installations anversoises. Le groupe a loué deux nouveaux entrepôts pour cette activité, les hangars 132 et 133, qui entreront en opération en février.

L’effet grève de la SNCF

Sur la campagne passée, la répartition modale des trafics met en évidence, notamment pour les exportations de céréales, le poids des transports massifiés, fluvial et ferroviaire. Ils pèsent 45% dont 32% par le fleuve et 13% par le rail. Globalement, le fluvial et le ferroviaire ont gagné des parts de marché face à la route. Quant à la campagne actuelle, le score du ferroviaire et du fluvial pourraient être sérieusement réduit. Les mouvements sociaux de la SNCF depuis le 5 décembre ont amené une partie du trafic à se reporter sur la route. « Les organismes stockeurs éloignés sont obligés d’acheter des produits à leurs homologues locaux pour contrecarrer ces soucis logistiques. Au final, le rendu Rouen a augmenté de 1,5€/t sur les derniers jours. » Les efforts menés par Sénalia pour réduire la part du routier qui est passée en cinq ans de 80% à 51% risquent d’être réduits à néant sur la campagne actuelle.
La campagne engagée depuis le 1er juillet 2019 s’annonce sous de bons auspices. Sur les six premiers mois, Sénalia a vu ses trafics augmenter de 20%. Le groupe table sur un trafic de 5 Mt d’exportations de céréales sur l’ensemble de la campagne. L’Algérie tient toujours sa place de premier client du groupe. Le Maroc est arrivé plus tôt dans ses achats de blé sur le marché international. Avec déjà 1 Mt expédiées, la Chine continue de peser plus fortement dans les destinations.

 


Magestiv : la filière doit s’impliquer
En octobre 2018, Sénalia rachète les parts d’Invivo. Le groupe a souhaité faire de cette société un outil pour l’ensemble de la filière. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, indique la direction générale du groupe. Le commissionnaire est destiné à apporter des solutions pour toute la filière en massifiant les flux pour réduire les coûts de transport. « Nous sommes prêts à travailler à marge zéro mais nous devons avoir le soutien de l’ensemble de la filière pour couvrir les coûts de production », indique Gilles Kindelberger. La société a réalisé un trafic ferroviaire de 1 Mt sur la dernière campagne. Un volume insuffisant, note Sénalia. Le portefeuille ne comprend que deux clients. « Nous devons élargir notre portefeuille pour atteindre un volume de 2 Mt pour couvrir les coûts de Magestiv. Il faut que la filière s’implique pour faire vivre cet outil ».

 

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