Le GPM de Dunkerque : le port qui croît avec une vague de défis majeurs à relever
La Cour des comptes a publié le 24 novembre son rapport sur le GPM de Dunkerque. Elle constate une croissance au cours des dernières années. Cependant, l’autorité portuaire doit relever plusieurs défis dans les années à venir.
Longtemps considéré comme un port industriel, le GPM de Dunkerque s’impose aujourd’hui dans la réindustrialisation verte en France. En effet, le port septentrional a su faire front face aux crises. D’abord, la fermeture de la raffinerie des Flandres, puis la fin des trafics de charbon ont pesé sur l’organisation portuaire.
Le GNL et les gigafactories compensent les perte
Le GPM n’est pas resté inactif. Il a su se réinventer. Ainsi, l’explosion du GNL, les aménagements clé en main, l’arrivée de gigafactories ont permis de compenser les pertes historiques et d’augmenter considérablement les recettes. Mais cette réussite reste fragile : elle dépend d’un marché énergétique imprévisible et de filières industrielles encore en consolidation, explique le rapport de la Cour des comptes. Un rebond permis par une négociation continue entre les partenaires sociaux. Le port des Hauts de France affiche le plus faible nombre d’heures de grève en France.
Le défi du foncier dans le port
Le contexte demeure tendu. L’autorité financière pointe du doigt les enjeux. Le premier concerne le foncier dans le port. C’est désormais l’un des enjeux les plus sensibles. Les vastes friches industrielles qui faisaient la force du GPMD arrivent à saturation. Les réserves foncières diminuent, tout comme les espaces naturels nécessaires aux compensations environnementales. Un cadre qui oblige Dunkerque Port à poursuivre son développement en cherchant du foncier ailleurs. Un frein potentiel pour l’attractivité future.
Se prémunir contre le narcotrafic
L’autre défi du port vise la pression du narcotrafic. Avec l’accentuation des contrôles en Belgique et aux Pays-Bas, les flux illicites se reportent sur des ports plus accessibles comme Dunkerque. Le rapport alerte : « les moyens actuels ne suffisent plus ». Il pointe l’inadaptation des bâtiments des douanes, les risques de corruption, les systèmes d’information à sécuriser. Jusqu’à présent, Dunkerque Port n’est pas trop touché par ce phénomène. Cependant, le report des flux place le port septentrional en première ligne d’un défi stratégique pour l’État.
Cap 2020 : le jeu n’en vaut pas la chandelle
Enfin, la Cour des comptes analyse le projet de Cap 2020. Il prévoit la construction d’un nouveau terminal à conteneurs pour un montant de 300 M€ pour le port. Le futur opérateur devra aligner la même somme. Pour l’autorité financière, le « jeu n’en vaut pas forcément la chandelle ». Elle constate que le terminal à conteneurs actuel n’est pas saturé. De plus, les marges générées sont faibles et la croissance du trafic demeure incertaine. Pour la Cour des comptes, ce pari apparaît comme un saut dans l’inconnu face à des ports nord européens mieux armés.
Dessertes et hinterland : un potentiel… mais des obstacles
Dunkerque bénéficie déjà d’un atout rare : une part modale non routière record. Mais pour conquérir davantage son hinterland, il doit renforcer ses dessertes ferroviaires et fluviales. Deux dossiers doivent être suivies. D’une part, la rénovation urgente de l’écluse des Fontinettes. D’autre part, les effets de l’ouverture du canal Seine-Nord-Europe ne plaident pas toujours en faveur du port français. Les ports du Benelux, à l’image d’Anvers-Bruges et de Rotterdam, pourraient bénéficier d’une ouverture plus grande sur les hauts de France et l’Ile de France. Cependant, Dunkerque Port imagine une hausse des trafics céréaliers. Il table sur une hausse de 300 000 t à 500 000 t sur les années après l’ouverture de cette infrastructure.

