Construction navale : les cinq propositions des chantiers grecs
L’association des constructeurs navals grecs publie un manifeste pour donner un nouveau souffle à la filière. Un manifeste qui propose cinq axes de travail.
Dans un manifeste publié en octobre, l’Association des chantiers navals grecs (HSAS, Hellenic Shipyards Association) propose cinq axes de travail pour le développement de la filière. Ce développement a une visée plus large que le simple territoire national. Il doit participer au renouveau de la filière en Europe et développer des partenariats avec les États-Unis.
Enrayer le déclin de la construction navale
« Après 25 ans de déclin, les chantiers navals grecs veulent renaître », souligne HSAS. Pour se faire, l’association publie un manifeste avec une feuille de route ambitieuse. Elle souhaite que cette industrie retrouve son autonomie et son rayonnement en Grèce et en Europe. Les cinq propositions visent à inverser la tendance. Ce manifeste dessine des chantiers navals grecs redevenus puissants. Reste à transformer ces propositions en politiques concrètes. Les décideurs européens ont maintenant la parole.
Réformer la fiscalité et l’emploi
Dans son plaidoyer, la filière des chantiers navals demande un traitement équitable avec la marine marchande. Elle souhaite un alignement du régime fiscal et social sur celui du shipping. Le coût du travail, jugé non compétitif, doit être ramené aux standards du secteur maritime. Cette réforme est jugée décisive pour la renaissance de la filière. Cette mesure doit aboutir à augmenter les revenus des salariés et des caisses sociales renforcées. Le manifeste prévoit aussi des procédures de recrutements accélérées. Elles permettraient de recruter temporairement des spécialistes de pays tiers. Ces emplois pourraient se faire sur une base mensuelle.
Réinvestir les recettes du carbone
La deuxième proposition concerne les revenus tirés de l’ETS. Le manifeste propose de réaffecter les recettes à l’industrie navale, plutôt qu’aux budgets généraux. Ces fonds serviraient de « subvention verte ». Ils combleraient l’écart de prix entre chantiers européens et asiatiques. Ensuite, des incitations fiscales « Made in Greece & Europe » complètent le dispositif. Le texte propose des allègements équivalant à 100 % des capitaux investis dans les constructions neuves. Pour les réparations, la proportion serait de 50 %. Ces avantages s’appliqueraient aux armateurs grecs, européens et américains choisissant des chantiers grecs ou européens. Enfin, les restrictions d’aides d’État seraient levées pour les chantiers navals en général. La priorité irait aux unités investissant dans la robotique, l’automatisation et l’intelligence artificielle. Un programme spécial financerait aussi la modernisation des chantiers existants.
Nexus, le chantier naval numérique
Le projet Nexus incarne la modernisation de la filière. Les lignes de production accueilleraient des robots et des systèmes d’IA. Cette technologie soutiendrait le personnel plutôt que de le remplacer. Ces outils prendraient en charge les tâches lourdes, dangereuses ou insalubres. Ils répondent à une pénurie structurelle de main-d’œuvre. L’investissement porterait aussi sur la découpe, le soudage et la gestion numérique de la production. La productivité des chantiers navals grecs pourrait fortement augmenter. Ce projet permet la conception autonome de navires high-tech complexes.
Préparer les infrastructures du futur
Au-delà de 2035, le manifeste anticipe les navires à émissions nulles. Les chantiers devraient se préparer à construire des bâtiments propulsés par des réacteurs SMR. Des pôles intégrés combinant chantiers, ports et logistique recevraient un soutien renforcé. Les installations à double usage, civile et militaire, bénéficieraient d’avantages financiers accrus. Ces hubs doivent aussi garantir la transition énergétique et la sécurité des transports.
Renforcer les alliances maritimes
La Grèce vise le statut de pilier sud de la défense européenne. Elle revendique une place égale à celle de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Un fonds européen de relance dédié, couvrant la période de 2027 à 2035, financerait le « chantier du futur ». Ce fonds viserait à combler le retard d’investissement des décennies passées. À l’échelle mondiale, un pacte transatlantique unirait la Grèce, l’Europe et les États-Unis. Des lignes de production communes seraient créées pour de grands projets militaires, commerciaux et énergétiques. Grâce à cette alliance, l’objectif est de reconquérir 33 % du marché mondial de la construction navale. Un retour qui briserait le monopole asiatique et sécuriserait les chaînes d’approvisionnement occidentales.

