Conteneurs : la métronomisation des services tarde à revenir
Avec la recomposition des alliances en février, les attaques des Houthis au premier semestre, les compagnies maritimes conteneurisés tardent à proposer une fiabilité de leurs services.
Dans un rapport du 9 janvier, le cabinet de consultants Xeneta revient sur la fiabilité des services maritimes conteneurisés sur les routes Est-Ouest. Le constat pour l’année passée n’est pas catastrophique. La fiabilité demeure inférieure aux normes d’avant la pandémie. Cependant, elle progresse de 13% en 2025, souligne Xeneta.
Une ponctualité améliorée

La ponctualité des services s’améliore. En 2025, 34% des navires respectent les horaires. Un taux qui était de 30% en 2024. « En isolant les scores bas du premier trimestre en raison de la recomposition des alliances, la moyenne pour 2025 atteint 36% », nuance les consultants.
Les jours de retard s’accentuent
Dans ce contexte, l’analyse plus détaillée montre une fiabilité erratique au cours des mois. En effet, de mai à juillet, les services totalisent une fiabilité à 38%. Ce niveau s’est globalement maintenu au cours du second semestre. Les calculs de Xeneta aboutissent à un score de l’ordre de 36% à 37% sur les six derniers mois. À l’inverse, les jours de retards des navires s’accentuent. Ainsi, ils avoisinent les cinq jours de retard en 2025 contre 4,5 jours en 2024.
Sea Intelligence : une fiabilité moyenne à 62% en 2025

De son côté, Sea Intelligence publie chaque mois un rapport sur la fiabilité de 130 services. Sur les 11 premiers mois de l’année, le taux de fiabilité des services conteneurisés progresse. En moyenne, il se situe à 62%. Le chiffre reste encore éloigné des scores d’avant la pandémie. En effet, en 2019, la fiabilité des services a évolué entre 70% et 80%. Néanmoins, comparativement à 2024, elle s’améliore de neuf points. En 2024, les services ont enregistré une fiabilité de 53% en moyenne.
Une fiabilité à 80% pour Gemini
Cet aperçu global des services conteneurisés intègre la performance des alliances. Pour mémoire, lors de leur recomposition en février 2025, l’alliance Gemini, entre Mærsk et Hapag Lloyd, vise une fiabilité de 80%. Elle a mise en place un système de hubs pour garantir une arrivée plus régulière. Dans son analyse mensuelle de ces nouvelles alliances, Sea Intelligence confirme les bons résultats de cette alliance.
Des alliances avec une fiabilité moindre

Si l’alliance Gemini réussi son pari d’une fiabilité avec un taux supérieur à 90%, les autres alliances peinent à atteindre un tel niveau. En effet, MSC, opérant désormais en cavalier seul sur les lignes Est-Ouest, affiche une moyenne de 75% depuis le mois de février au mois de novembre. L’armement basé en Suisse maintien sa stratégie vers un remplissage des navires avant de privilégier la ponctualité de ses services. Quant à la nouvelle Premier Alliance, regroupant Hyundai, Yang Ming et ONE, elle enregistre une fiabilité entre 50% et 65%. Ce dernier niveau est atteint en octobre avant un retour à 55% en novembre. Ocean Alliance, qui se compose de CMA CGM, Cosco, Evergreen et OOCL, peine à se maintenir aux environs de 70% de fiabilité. Enfin, hors Gemini, les alliances voient leur taux de fiabilité baisser depuis le mois de septembre. Des observateurs n’hésitent pas à plaider pour un système de hubs comme Gemini, pensant qu’il peut permettre un retour à la métronomisation des services maritimes.

