GPM Dunkerque : en 2025, le trafic progresse de 5% à 48 Mt
Le GPM de Dunkerque totalise un trafic de 48 Mt en 2025. Un volume en progression de 5%. En 2026, il prévoit une enveloppe de 131 M€ d’investissements.
Né après la loi de 1966 sur les ports autonomes, l’actuel GPM de Dunkerque a connu une évolution étonnante. En effet, lors de sa création, le Port autonome de Dunkerque vit sur les trafics de vracs. Port industriel, il se développe en accueillant des usines comme Arcelor. Face à la désindustrialisation du port, il a trouvé de nouveaux débouchés.
Le GNL et les hydrocarbures tirent les vracs liquides
Ainsi, si ls vracs pèsent encore 60% du volume total, les marchandises diverses dominent avec 60% du trafic. Ainsi, les vracs liquides représentent encore 30% des flux avec 14,4 Mt. Un courant en progression de 18% en 2025. Les hydrocarbures tirent cette progression. L’arrivée, en 2025, d’un trafic d’asphalte accompagne une partie de l’augmentation. De plus, le GNL enregistre un record. Le terminal méthanier de Dunkerque franchi la barre des 10 Mt. « Nous dépassons notre record de 2022 », précise Daniel Deschodt, directeur général adjoint du GPM de Dunkerque. Cependant, un tel niveau doit amener l’opérateur du terminal à se poser la question de l’avenir. « Dans le projet initial du terminal, l’opérateur dispose d’une cinquième cuve de stockage et d’un second appontement pour les méthaniers. La croissance du trafic ne s’arrêtera pas », rappelle Maurice Georges, président du directoire du GPM de Dunkerque.
Un trafic céréales en hausse de 1%
Du côté des vracs solides, la situation s’inscrit dans la même veine. Avec 14,4 Mt, soit 30% du volume total, le port septentrional enregistre une augmentation de 5%. À la différence des vracs liquides, les solides connaissent des sorts divers. Ainsi, du côté des hausses de trafic se retrouvent d’une part les minerais de fer. Ils augmentent de 1% grâce aux opérations de transbordement depuis le Quai à Pondéreux Ouest (QPO) vers le port de Brême. D’autre part, les signaux sont au vert pour les céréales. Les trafics augmentent de 1% à 1,3 Mt. Un bon résultat grâce à un second semestre plus dynamique après une campagne céréalière 2024/2025 compliquée. Quant aux baisses des vracs solides, elles concernent le charbon. Il perd 10% à 2,7 Mt. Un flux appelé à disparaître dans les prochaines années.
Contraction sur le trafic Transmanche
La dernière catégorie des trafics de Dunkerque se rassemblent dans les marchandises diverses. Entre les conteneurs et le roulier, elles entrent à hauteur de 40%, soit 19,3 Mt. Un courant en progression de 4% en 2025. Du côté du trafic roulier, les volumes de fret se contractent sur le Transmanche. Ils se replient de 3% en 2025. Une diminution partiellement compensée par les lignes sur l’Irlande. Elles enregistrent une hausse de 11% des camions sur cette destination. Finalement, le fret roulier totalise 486 000 camions en 2025, soit une diminution de 1%. Dans cette catégorie du roulier, le GPM de Dunkerque accueille, depuis 2024, un trafic automobile. Opéré par Ceva Logistics dans le port et assuré par des navires de Neptune Line pour l’exportation de voitures Renault construites à Douai, le GPM de Dunkerque indique une progression. « L’opérateur de ce trafic ne souhaite pas communiquer sur ses volumes », précise le port. Selon une source extérieure au port, ce trafic pèserait environ 20 000 voitures par an.
Conteneurs : un record avec 747 000 EVP
Enfin, dans les marchandises diverses se retrouvent aussi les conteneurs. En 2025, le port a traité 747 000 EVP. Un trafic en progression de 14%. Parmi ce courant se retrouvent 520 000 EVP destiné au marché local. Cette part de boîtes pour l’hinterland dunkerquois a enregistré une croissance de 20% en 2025. Les transbordements s’établissent à 227 000 EVP, en progression de 4,6%. La bonne tenue des trafics d’hinterland tient au développement des activités logistiques et industrielles du bassin dunkerquois et, plus généralement, dans les hauts de France, explique la direction du port.
Un investissement de 131 M€ en 2026
Fort de ces trafics, le GPM de Dunkerque continue de s’engager dans la voie de la diversification. Le port a validé son projet stratégique pour la période 2025-2029. Il prévoit un engagement de 900 M€ jusqu’en 2030. Pour l’année 2026, le montant des investissements s’élève à 131 M€. Une enveloppe qu’il va consacrer à quatre dossiers principaux : le projet Cap 2020, le programme de régénération du réseau ferroviaire portuaire, la maintenance des infrastructures portuaires et l’aménagement de nouvelles zones.
Cap 2020 : un projet à 300 M€
Le cap 2020 constitue un des projets phares du port. Il vise à doubler la capacité du terminal à conteneurs. Déjà, le terminal actuel, le Terminal des Flandres, doit atteindre une capacité de 1 MEVP. Cela passe par l’acquisition de nouveaux portiques par l’opérateur et l’agrandissement du terrain. Ensuite, un nouveau terminal entrera en opération. Il comprend 1000 m de linéaires de quai. Un projet qui coûtera 300 M€ au total. « Le tour de table financier est bouclé. Il se fera par l’État à hauteur de 87 M€ et par un emprunt de 213 M€ auprès de la Banque des territoires », a indiqué Maurice Georges. Au cours de cette année, le port lance l’appel d’offres pour ce terminal. Il doit entrer en fonction en 2029.
Cap 2020 a toute sa justification
Ce projet interroge. Dans son rapport de novembre, la Cour des comptes a souligné les risques de ce projet. Pour Emmanuelle Verger, présidente du conseil de surveillance du GPM, ce projet se justifie. Il se base sur une croissance d’un point de parts de marché par an. « C’est une hypothèse raisonnable », a souligné la présidente.
Logistique : les sociétés belges développent Dunkerque
Dans le projet de développement du port se retrouve aussi la logistique. Une activité qui est dominée par les sociétés belges. Ainsi, BVI.EU démarre la construction d’un hangar de 21 000 m2. Géré par le Groupe Charles André, cet entrepôt est destiné à accueillir des marchandises sensibles. Le groupe Weerts, la société WDP et Theix, filiale du groupe Ziegler construisent des entrepôts sur le port pour développer des opérations logistiques. Enfin, la société française Omer et Decugis lance la construction de la plus grande mûrisserie en France sur le port. Un projet qui table sur un trafic de 7 000 EVP de plus par an.
La « vallée de la batterie » se confirme
Des projets logistiques qui accompagnent le développement industriel du port. Déjà, en 2025, le port a inauguré la première gigafactory de batteries de Verkor. Dans la même filière, Prologium démarre les travaux de son site de construction de batteries dans le courant de l’année. Ensuite, le projet Neomat qui se compose de sociétés spécialisées dans le développement de matériaux pour batterie. Par ailleurs, Enchem regarde les développements de ce secteur pour la production de nanotubes de carbone.
Technip Energies et Tepsa remportent l’AMI de la SRD
Et pour clore ce catalogue d’investissements, la direction du port annonce les deux lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt pour le site de l’ancienne raffinerie de la SRD. Deux lauréats remportent le projet. Il s’agit, d’un côté, de Technip Energies et de Tepsa. La première construira une usine de production de carburant d’aviation durable à base de bio-éthanol. Quant à Tepsa, elle opèrera un terminal de vrac liquide pour les besoins de Technip Energies. Deux projets qui nécessitent un investissement de 1,7 Md€ et qui pourrait apporter un trafic supplémentaire de 1,2 Mt.

