Ports

Le GPM de Marseille-Fos gagne sur les conteneurs au premier semestre

Avec 36,4 Mt pour les six premiers mois, le GPM de Marseille-Fos affiche une baisse de 3%. Les vracs tirent les flux vers le bas quand les conteneurs compensent partiellement cette diminution.

Les semestres se suivent et s’opposent au GPM de Marseille-Fos. En 2025, le premier semestre a affiché une progression du trafic au GPM de Marseille-Fos. Des volumes tirés par les vracs. En 2026, la situation s’inverse. Le trafic global du port perd 3% à 36,4 Mt. Une diminution tirée par les vracs.

Les vracs liquides rétrogradent

La direction du port explique cette tendance par le contexte marqué par une forte volatilité. Ainsi, les vracs liquides perdent 5% à 22,4 Mt sur ces six premiers mois. Une diminution liée aux baisses de volume notamment sur le GNL. En effet, cette filière affiche une baisse de 46% à 2,2 Mt. La direction du port explique ce revers par la bonne tenue des flux en 2025. De plus, les contraintes techniques sur les capacités d’importation ont limité les entrées.

Seul le brut progresse

Les produits raffinés suivent le mouvement. Ils perdent 3% à 5,9 Mt. La reprise du raffinage local entraîne une baisse des importations. Quant au GPL, il garde une relative stabilité. Il rétrograde 1% à 1 Mt. Les entrées reculent compensées par des exportations plus dynamiques. Dans cette filière, seul le pétrole brut progresse. Il gagne 10% à 11,2 Mt. Ces flux sont portés par la reprise d’activité à plein régime des raffineries locales.

L’activité sidérurgique tire la filière vers le bas

Les vracs solides s’orientent dans la même veine. Ils perdent 19% à 3,1 Mt. Les matières premières pour la sidérurgie sont marquées par un redémarrage progressif. En effet, le début d’année est resté atone. L’activité sidérurgique a vécu sur ses stocks, limitant ainsi les entrées. La direction du port se montre optimiste pour la fin de l’année. La reprise d’activité du deuxième haut-fourneau d’ArcelorMittal laisse entrevoir une amélioration.

La progression des vracs divers

Les autres vracs s’inscrivent dans une tendance de hausse. Ils affichent un trafic de 1,3 Mt, en progression de 11%. Une croissance portée par les besoins industriels en minéraux, pellets de bois et de certains flux énergétiques et de construction. De plus, les terminaux bénéficient d’une dynamique soutenue à Caronte, avec des exportations en hausse de calcaire, de ferraille et de clinker.

Une progression de 13% des conteneurs

Les marchandises diverses compensent partiellement les diminutions des vracs. En effet, le trafic conteneurisé progresse de 13% à 823 000 EVP. Il confirme sa solidité, porté par la forte dynamique des bassins de Fos-sur-Mer qui augmentent de 16% à 713 000 EVP. Les trafics sur les bassins de Marseille affichent un recul en raison de transferts de lignes d’un bassin à l’autre.  Cette performance s’appuie sur une progression soutenue des échanges avec l’Asie, notamment la Chine. Le transbordement connaît une croissance exceptionnelle, bénéficiant directe­ment à Fos dans un contexte de congestion des hubs méditerranéens. Parallèlement, certains marchés restent bien orientés à l’image de l’Algérie, confirmant l’efficacité du repo­sitionnement des lignes à Fos.

La part de marché du ferroviaire s’améliore au détriment du fluvial

Cette progression du trafic conteneurs s’accompagne d’une amélioration de la part modale du ferroviaire. Avec près de 4 000 circula­tions sur le réseau ferré portuaire, le ferroviaire gagne 11%. Il totalise 93 868 EVP sur ces six premiers mois. Cependant, cette hausse est prise au transport fluvial qui perd 11% à 24 578 EVP. Cette croissance est particulièrement significative sur les bassins Ouest. Sur les bassins Est, l’augmentation de 31 % des circulations confirme le succès des aménagements réalisés à Mourepiane. À Fos, l’ar­rivée d’un nouvel opérateur, Medway, sur le terminal Seayard contribue à renforcer l’offre ferroviaire, avec des taux de remplissage en forte progression. Aussi, sur le semestre, la mise en service des aménagements du projet Graveleau augmentent les capacités de traitement ferroviaire du pôle conteneurs.

La diminution des flux de véhicules neufs

Enfin, le trafic roulier progresse de 1%. Des flux qui se matérialisent par une progression de 3% des trafics de remorques. Il est tiré par la progression des imports et la bonne tenue des échanges. Les liaisons avec la Corse sont à la hausse, avec une reprise confirmée depuis le printemps. À l’international, l’activité progresse également, portée notamment par le dynamisme des échanges avec la Tunisie. Des hausses limitées par le recul des entrées de véhicules neufs. Un recul lié au contexte de mutation du secteur. Avec 101 000 véhicules, la diminution de trafic s’inscrit dans un marché français stable.

Des investissements engagés à hauteur de 95 M€

Le recul des trafics n’entame pas l’ambition du GPM de Marseille-Fos. Sur les 125 M€ d’investissements envisagés en 2026, la direction du GPM a déjà engagé 95 M€ à fin juin. « Cette mobilisation sans précédent accompagne la transformation industrielle, logistique et environnemen­tale du territoire », note le GPM. Parmi les projets engagés se retrouve la réalisation de la future Zone de Services Portuaires n°2 (ZSP2). Sur 45 hectares, elle accompagnera la croissance du trafic conteneurisé en créant de nouvelles capacités pour le stockage, la maintenance et la logistique des conte­neurs à proximité immédiate des terminaux.