Les ports au cœur de la multimodalité ferroviaire
Les organisations européennes impliquées dans le fret ferroviaire saluent les propositions pour développer l’interconnectivité des réseaux. Elles demandent une accélération des modalités.
La stratégie européenne de décarbonation des transports passe par une meilleure efficacité du système ferroviaire. Le fer apparaît aujourd’hui comme un pilier de cette stratégie, notamment au départ des ports. L’enjeu n’est plus de transporter davantage par rail, mais de mieux connecter les ports.
L’initiative de la Tchéquie
Alors, la décision du Conseil Transports de l’UE pose les bases d’un développement de ce mode. Dans un communiqué CER (Communauté des opérateurs ferroviaires et des gestionnaires d’infrastructures), souligne le manque d’avancées sur ce dossier. « Les progrès sont au point mort, le rail ne représentant qu’environ 17 % du transport terrestre. L’initiative de la Tchéquie en faveur du fret ferroviaire apporte un élan indispensable. CER exhorte, donc, la Commission européenne et les ministres à la traduire en actions concrètes. »
Un enjeu stratégique pour les ports
Cette dynamique se traduit par plusieurs initiatives. En premier lieu, il est proposé de créer l’European Railway Platform (ERP). Une marque une étape importante dans l’organisation du secteur. Cette future instance doit donner une voix commune aux professionnels impliqués dans le fret ferroviaire. » Son objectif est d’améliorer la gouvernance de la capacité ferroviaire et de mieux tenir compte des réalités opérationnelles du terrain.
Une évolution stratégique pour les ports
Pour les ports, cette évolution est stratégique. La tendance actuelle modifie la perception des ports. Ils deviennent des nœuds logistiques où s’articulent les flux, les dessertes ferroviaires, le routier et les opérations de manutention. Plus la connexion entre ces modes est fluide, plus le port gagne en compétitivité et en capacité d’absorption des volumes. En Europe du Nord, Rotterdam, Anvers et Hambourg démontrent de l’intérêt de consacrer une part au ferroviaire.
Une logique de corridor
Le débat européen va d’ailleurs dans ce sens. En effet, les acteurs du rail insistent sur la nécessité de renforcer l’interopérabilité. Ils demandent aussi à accélérer le déploiement de l’ERTMS (Système européen de gestion du trafic ferroviaire) et de mieux coordonner les investissements entre corridors ferroviaires et terminaux terrestres. L’objectif est d’assurer une continuité de service entre le maritime, le rail et la route. Une préoccupation qui vise surtout les flux internationaux et transfrontaliers.
Les ports au centre du report modal
Les ports occupent ainsi une position centrale dans la chaîne logistique et pour le fret ferroviaire européen. Les manutentionnaires sont favorables à cette approche qui permet à nos adhérents d’avoir voix au chapitre », indique Lamia Kerkoudj-Belkaid, déléguée générale de la Feport. En créant cette instance interprofessionnelle, la multimodalité n’est pas seulement une tendance technique. Elle devient un véritable levier de compétitivité pour l’ensemble de l’écosystème logistique européen.
Le multimodal présente de nombreux avantages
Cette logique multimodale répond à plusieurs impératifs. D’une part, elle permet de réduire les congestions routières. D’autre part, elle vise à améliorer la performance environnementale et à sécuriser les délais d’acheminement. Par ailleurs, elle offre aussi une meilleure résilience aux chargeurs, qui recherchent des solutions capables d’absorber les aléas sans rupture majeure dans la chaîne logistique.

