MSC étend son réseau portuaire au Nigéria
Le 11 mars, MSC a signé une concession pour la construction et le développement d’un terminal à conteneurs à Snake Island dans le port de Lagos, au Nigéria. Un contrat qui engage des sociétés aux démêlées judiciaires souligne la Fondation pour un journalisme d’investigation.
Le 11 mars, le groupe MSC a signé avec Nigerdock une concession pour un terminal à conteneurs dans le port de Lagos au Nigéria. Située à l’ouest de Lagos, cette île est adossée aux terminaux de Tin Can. L’autorité portuaire nationale nigériane a concédé au groupe Nigerdock le soin d’exploiter et de développer les opérations industrielles sur Snake Island. Pour la construction du terminal à conteneurs, la société nigériane a signé un contrat de concession avec MSC.
Un linéaire de quai de 910 m
Au-delà du contrat signé avec Nigerdock, MSC a délégué les travaux au groupe ITB Nigéria, filiale du groupe Chagouri, et Deme pour les travaux des infrastructures et le dragage du chenal. Finalement, ce terminal proposera un quai avec un linéaire de 910 m. Les travaux de dragage prévoient un approfondissement à 16,5 m. Un tirant d’eau qui permet d’accueillir des navires de plus de 15 000 EVP. MSC ambitionne de doter ce terminal d’outils de dernière génération. Ainsi, MSC prévoit d’installer des portiques de quai et des grues pour les opérations de manutention. Ce terminal dispose d’une zone arrière de 30 hectares. Un espace qui pourra être agrandi à terme pour permettre l’arrivée de RTG.
Renforcer le rôle de hub de Lagos
Le groupe MSC affirme que cette prise de position confirme son implantation au Nigéria. Il table sur un investissement d’un milliard de $. « Cet investissement est le reflet de notre stratégie et de notre confiance dans le Nigéria. Il joue un rôle pivot dans la région. Il se développe comme un hub régional. Ce projet créera aussi de l’emploi et renforcera le rôle de hub de Lagos », indique Diego Aponte, président de MSC. Et le groupe suisse d’aller plus loin en prévoyant un approfondissement du chenal à 18 m. Rappelons que MSC a été le premier armement à escaler avec un navire de 24 000 EVP en Afrique de l’Ouest, au port de Lomé.
Un projet qui date de 2023
Le projet de Snake Island date du 13 mai 2023. À l’époque, le gouvernement fédéral du Nigéria a validé le développement de deux nouveaux ports dans le pays. Le premier concerne Snake Island et le second celui de Burutu dans la région de Warri. Snake Island a démarré avec la construction d’une zone industrielle réalisée par Nigerdock. Dans le même temps, la société nigériane a obtenu de l’autorité portuaire nationale le contrat pour le développement de terminaux dans le port de Lagos.
ITB Nigeria, un groupe impliqué dans le développement portuaire nigérian
Pour la Fondation pour un journalisme d’investigation (FIJ), ces contrats engagent des sociétés qui ont eu des démêlées avec la justice. « Aucune procédure judiciaire n’est en lien avec le projet de Snake Island », rappelle la FIJ. D’une part, ITB Nigeria est une filiale du groupe Chagoury. La FIJ rappelle que ce groupe a connu des procédures judiciaires aux États-Unis au cours des dernières décennies. Cependant, au Nigéria ce groupe participe activement dans le développement d’infrastructures portuaires et logistiques. Aucune procédure de corruption n’est à déplorer localement.
Nigerdock : des procédures judiciaires pour fraude fiscale
Pour la fondation de journalistes, les principaux reproches se font à l’encontre de Nigerdock. Créée comme une agence de l’État, la société a été privatisée et vendue au groupe Jagal en 2003. Le Parlement nigérian a mené une enquête sur le contrat de concession de Snake Island en 2008. Il conclue que le contrat de concession n’est pas valide. Les parlementaires proposent alors d’invalider ce contrat. Le gouvernement n’a donnée aucune suite à cette enquête. Néanmoins, en 2024, la société et plusieurs dirigeants de Nigerdock sont poursuivis pour des fraudes fiscales.

