Ports

Pérou : plus de 206 M$ investis dans les ports concédés en 2026

Le Pérou confirme ses ambitions portuaires avec un programme d’investissements record de plus de 206 M$ pour 2026. Annoncé par l’Ositran, ce plan de modernisation concerne les huit terminaux portuaires concédés du pays. Un plan qui intervient dans une économie portuaire en croissance.

Le Pérou mène une stratégie de modernisation de ses infrastructures pour les huit terminaux concédés. Le plan de gestion, présenté par l’organisme de gestion des infrastructures (Ositran), consacre une partie importante de son enveloppe au port de Callao. Il vise à renforcer la compétitivité logistique du Pérou sur les corridors commerciaux reliant le Pacifique à l’Amazonie.

Le port du Callao, locomotive du programme

Le complexe portuaire du Callao concentre l’essentiel des ambitions. APM Terminals Callao, gestionnaire du Terminal Norte Multipropósito, entame la réception des travaux de la phase 3A (silos à grains, nouveaux accès) et le lancement de la phase 3B, qui prévoit la construction d’un nouveau poste à quai de 440 m avec un dragage à -16 m. L’investissement associé dépasse 97 M$. De son côté, DP World Callao prépare une demande d’avenant à son contrat de concession. Il souhaite une enveloppe d’1,5 Md$ sur plusieurs années. Une somme qu’il destine à la construction d’un avant-port, d’un nouveau quai et d’un brise-lames.

Une dynamique nationale portée par six autres terminaux

Au-delà du Callao, les investissements se répartissent sur l’ensemble du territoire.  Ainsi, le Terminal de Paita, porte d’entrée stratégique du nord du pays, mobilise 24,2 M$ pour l’élargissement de son bassin de manœuvre de 15 mètres. Son positionnement s’inscrit dans la logique du corridor IIRSA Norte, visant une connexion transocéanique avec le Brésil via l’Amazonie. Le Terminal General San Martín-Pisco alloue 16,3 M$ à l’acquisition de grues et à l’automatisation de ses systèmes de gestion énergétique.

Du maritime au port fluvial de Yurimaguas

Matarani, premier port concédé supervisé par l’Ositran, consacre plus de 16,3 M$. Il prévoit la construction d’un nouveau quai, d’un brise-lames et l’extension de ses zones de stockage de conteneurs. De son côté, Salaverry investit près de 8,8 M$ dans l’extension de ses capacités d’entreposage d’anthracite et l’ajout de 96 prises reefer supplémentaires. Enfin, le terminal fluvial de Yurimaguas-Nueva Reforma, en Amazonie, mise sur son repositionnement en hub logistique multimodal, en lien direct avec le corridor amazonien vers le Brésil.

Une ambition structurelle pour la compétitivité régionale

Ces investissements illustrent une stratégie d’ensemble. Elle a pour objectif de moderniser les infrastructures, développer les capacités de traitement tant pour les conteneurs que les vracs, et renforcer les corridors reliant le Pacifique à l’Atlantique. Pour les acteurs de la chaîne logistique internationale, le Pérou confirme son rôle de pivot portuaire en Amérique du Sud, à la croisée des flux asiatiques, européens et sud-américains.


Le trafic portuaire au Pérou en hausse de 8,8% en 2025

Avec un trafic de 69,4 Mt en 2025, le Pérou affiche un trafic en hausse de 8,8%. La majorité de ce trafic se réalise par les flux conteneurisés. Ils pèsent 53,9% du total soit 37,4 Mt. L’autre courant de ces ports est à mettre à l’actif des vracs solides. Ils représentent 34,8% du total, soit 24,2 Mt. Ils se composent, à parts égales, des vracs solides traditionnels et des minerais exportés. Le solde, soit 11,3% du trafic se compose de marchandises conventionnelles (4,4 Mt), du vrac liquide (2,8 Mt) et du fret roulant (458 883 t).

Conteneurs : Un équilibre entre chargement et déchargement

Le trafic conteneurisé totalise 4,09 MEVP en 2025. Un flux en progression de 17,3% par rapport à 2024. Le trafic conteneurisé péruvien se réalise avec un équilibre. Les chargements et les déchargements représentent chacun 36%. Le transbordement pèse 1,3% en 2025. Le solde, soit 26% se fait pour des mouvements des navires. Ce trafic se réparti, à hauteur de 97%, entre quatre terminaux. Ainsi, les terminaux de DP World et APM Terminals de Callao pèsent 81% du trafic conteneur total avec 3,3 MEVP. Avec 414 637 EVP, le port de Paita se positionne en deuxième place. Pour clore ce tiercé des ports conteneurisés, le terminal de Cosco à Chancay affiche un trafic de 231 478 EVP. Ce dernier a démarré ses activités en novembre 2024. Il s’agit de sa première année de plein exercice.