Port Anvers-Bruges : le trafic perd 4,1% en 2025
Le port d’Anvers-Bruges affiche un trafic de 266,5 Mt en 2025. Un niveau en retrait de 4,1% par rapport à 2024. Une baisse liée aux trafics de vracs.
Après plusieurs années de hausse, le port d’Anvers-Bruges enregistre, pour 2025, une baisse de son trafic. Il a souffert de la situation géopolitique internationale et des tensions sociales en Belgique. Cependant, en Europe, tous les ports subissent les effets des tensions commerciales et du conflit en Ukraine sans pour autant afficher une baisse de trafics.
Une baisse de 12,1% des vracs solides
Cette diminution globale des volumes tient aux vracs. Ainsi, du côté des solides, le recul s’élève à 12,1%. Le port fini l’année à 13,1 Mt. La direction du port constate une demande plus faible dans les engrais. De plus, le charbon continue de s’amenuiser au fil des mois. La transition écologique produit ses effets. Enfin, le sable souffre d’une filière BTP en panne.
Les vracs liquides victimes d’une moindre demande africaine
Dans le même ordre d’idée, les vracs liquides suivent la tendance. Ils perdent 12,9% à 72,8 Mt. Un recul dû à des volumes de dérivés de pétrole plus faibles. « Cette baisse est surtout la conséquence d’une diminution des exportations d’essence vers l’Afrique de l’Ouest et d’importations de diesel moins importantes », explique la direction du port. Cette orientation s’explique par la mise en opération de raffineries en Afrique. Les pays achètent moins de produits raffinés. Quant aux baisses de diesel, elle proviennent en partie de la mutation du parc automobile vers des énergies plus vertes. Enfin, la chimie européenne souffre d’une demande plus faible.
Conventionnelles : les fers et aciers perdent du volume
La catégorie des marchandises diverses ne compense pas ces diminutions. Tant les marchandises conventionnelles que le roulier et les conteneurs affichent des hausses. Du côté des marchandises conventionnelles, le marché traditionnel du port d’Anvers-Bruges, à savoir les fers et les aciers, recule en 2025. Ils perdent 1,7%. Une baisse qui s’explique par les positions américaines sur l’acier européen. Néanmoins, les autres flux de conventionnels rattrapent cette diminution. Quant au roulier, il enregistre une augmentation de 3% en tonnes à 20,9 Mt. Une croissance soutenue par les trafics de camions, de colis lourds et de voitures d’occasion. Par ailleurs, avec 3,34 millions de voitures neuves, le port d’Anvers-Bruges confirme sa position dans cette filière.
Conteneurs : une progression plus faible en tonnage qu’en nombre
Le port d’Anvers-Bruges réussi, malgré tout, à confirmer sa position sur le range Le Havre-Hambourg dans la conteneurisation. Avec 13,6 MEVP traités dans ses terminaux en 2025, il enregistre une progression de 0,7%. D’un autre côté, la progression en tonnage du trafic conteneurs est inférieure en 2025. Elle s’élève à 0,4% à 149,5 Mt. Une tendance qui signifie que le port traite plus de conteneurs vides. Et la direction du port l’avoue : « la part de marché baisse de 1,2 % au cours des neuf premiers mois à 29,3 %. Cela tient à la congestion persistante. » Il peut aussi s’agir d’un effet des mouvements sociaux qui ont perturbé les chaînes logistiques en Belgique à plusieurs reprises.
Les États-Unis, premier partenaire commercial
Les perturbations du commerce international, notamment les décisions de l’administration américaine sur les droits de douane ont fait craindre des modifications dans le classement des partenaires du port. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les États-Unis demeurent le premier partenaire commercial du port belge. Ils pèsent 11,8% des volumes à 31,3 Mt. Une hausse des produits américains tirée par les importations de GNL. D’autre part, les détaillants ont anticipé la hausse des droits de douane en achetant massivement au cours du premier semestre.
La Chine au premier rang dans la conteneurisation
D’un autre côté, la Chine reste un partenaire commercial important, notamment pour les conteneurs. Les volumes depuis l’Empire du milieu progressent de 3,8%. Un phénomène qui aggrave le déséquilibre des flux entre l’Europe et la Chine. En effet, les exportations vers la Chine baissent de 3,3% Un phénomène qui ne modifie pas le classement des partenaires commerciaux du port d’Anvers-Bruges. La Chine demeure le principal partenaire commercial pour les conteneurs. De plus, elle gagne du terrain dans le trafic automobile. Ainsi, en 2025, les entrées de voitures neuves en provenance de Chine progressent de 11% supérieures. Et pour la première fois, la Chine dépasse le Japon au classement des importations de véhicules.

