ZIM repris par Hapag Lloyd et Fimi, un fonds d’investissement israélien
L’armement ZIM est racheté par l’armement allemand Hapag Lloyd et un fonds de pension israélien, annonce le site Calcalist.
La vente de ZIM revient finalement à l’armement allemand Hapag Lloyd, annonce le site Calcalist. Depuis six mois, la compagnie maritime israélienne fait l’objet de nombreux appétits. En décembre, le directeur général de l’armement propose de reprendre le groupe avec des cadres . Les actionnaires refusent.
Une cession à 3,5 Md$
Ainsi, le 15 février, l’appel d’offres a finalement trouvé preneur. L’armement israélien est réparti entre Hapag Lloyd et le fonds FIMI. Le premier se voit attribuer les lignes internationales de ZIM. Le second dispose des activités « locales » de l’armement israélien. Finalement, la cession doit se résoudre dans les prochaines semaines. Elle est estimée à 3,5 Md$. Or, précise le journal Calcalist, les actions de ZIM valorisent le groupe à 2,7 Md$ à la bourse de New-York.
Les opérations locales au fonds Fimi
La partie qui revient au fonds Fimi comprend aussi les actions de l’État. Le gouvernement conserve des actions dans la compagnie maritime pour assurer ses approvisionnements stratégiques en cas de conflit. Il s’agit de 16 navires sous pavillon israélien qui sont utilisés à des fins militaires. Ils servent aussi à approvisionner le pays quand les armements étrangers retirent leurs escales dans les ports israéliens en raison des risques.
La reprise de 100 navires
De son côté, Hapag Lloyd reprend les actifs internationaux du groupe. Selon le journal israélien, l’armateur de Hambourg s’acquittera de la majorité du prix de cession. À ce jour, la répartition du prix de vente entre les deux acquéreurs n’est pas publique. Les actifs repris par l’opérateur allemand comprennent le réseau de lignes entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique, environ 100 navires ainsi que les agences. Cette reprise ne modifie pas le classement des armements conteneurisés. Hapag Lloyd demeure en cinquième position.
Une grève au siège social de ZIM
En Israël, ce rachat inquiète. Les salariés du siège social appellent à un mouvement social. Le représentant des salariés au sein du conseil d’administration, Oren Caspi, affirme que le repreneur des activités israéliennes de l’armement ne prévoit que 120 postes à Haïfa. Aujourd’hui, le siège de ZIM emploie plus de 1000 personnes. « L’activité la moins rentable demeure en Israël quand les lignes les plus profitables quittent le pays. Ainsi, même pour les salariés qui seront conservés à Haïfa, le risque de perdre leur emploi dans un an est grand », rapporte le journal Calcalist.
L’opposition du maire de Haïfa
Par ailleurs, le maire d’Haïfa s’indigne de ce transfert de la compagnie maritime à une société étrangère. Il craint pour les habitants de sa ville qui risquent de se retrouver au chômage. Il s’inquiète aussi des conséquences sécuritaires pour le pays. « J’exige que le gouvernement israélien empêche la vente », souligne Yona Yahav, maire de Haïfa dans un entretien avec Calcalist.
La position de Tel Aviv
De son côté, le gouvernement doit encore donner son aval à cette cession. Des voix s’élèvent contre le risque de perdre une structure nécessaire à la sécurité militaire et alimentaire du pays. Les ministères et les institutions maritimes du pays doivent encore se prononcer sur ce dossier. Depuis six mois, les candidats se succèdent au chevet de ZIM. Outre Hapag Lloyd, la compagnie suisse MSC s’est alignée pour cette reprise. Pour l’avenir, l’attitude des clients de ZIM accepteront-ils ce transfert ? Cela reste un point essentiel compte tenu de la stratégie du groupe allemand d’absorber les noms pour ne garder que celui d’Hapag Lloyd. Il a agi ainsi pour CP Ships, UASC, Nile Dutch, Deutsche Afrika Linien.

