Politique

Italie : une réforme portuaire qui centralise les investissements

Le 9 janvier, le gouvernement italien revient sur le projet de réforme des ports. Il alarme la classe politique italienne en raison de la centralisation des investissements les plus lourds.

La note publiée par le ministère des Transports italien le 9 janvier revient sur le communiqué publié le 22 décembre. En effet, ce dernier expose le projet de réforme du ministère. Ces changements marquent « une étape décisive pour l’avenir de la logistique et de l’économie maritime italienne ».

La création de Porti d’Italia

Le projet du ministère repose sur la création d’une nouvelle structure, Porti d’Italia Spa. Cette société est détenue par le ministère de l’Économie et des Finances. Le ministère des Infrastructures et des Transports joue un rôle de coordination. Porti d’Italia sera responsable de la gestion des investissements d’infrastructures. D’autre part, elle identifiera les travaux d’intérêt économique et jouera un rôle de promotion des ports italiens à l’international.

Une simplification des procédures

En outre, la réforme introduit une simplification des procédures. Elle vise à accélérer l’approbation des plans d’aménagement portuaires. Elle doit aussi permettre des décisions plus rapides concernant les dragages. Le projet de réforme a pour objectif de favoriser l’utilisation des déblais de dragage pour les insérer dans l’économie circulaire.

Les autorités portuaires conservent leur rôle

Le ministère assure que cette société ne viendra pas obérer les activités des ports. « Les 16 autorités portuaires italiennes restent pleinement opérationnelles », souligne le ministère. Elles auront la charge de l’attribution des concessions et de la gestion des escales. Cette réforme décharge ces autorités du poids financier des grands travaux. Le financement de cette société se réalise au travers des bénéfices des ports.

Une réforme par une mesure technique

Ce projet a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique et parmi les professionnels. Le ministère a donc réagi en rappelant, dans une note du 9 janvier, les tenants et aboutissants de ce texte. Ainsi, il réaffirme que ce projet ne vise pas à une « mise sous tutelle des ports italiens. Il s’agit exclusivement d’une mesure technique et administrative, conforme aux dispositions légales et à la pratique de ce ministère qui, dans le cadre de chaque exercice financier, a toujours autorisé l’exercice provisoire en l’absence de tous les avis compétents. » Le ministère assure qu’il vise à « garantir la bonne gestion des ressources publiques. »

Un texte qui paralyse les ports

Cette mise au point intervient après l’intervention à la Chambre de la députée du Parti Démocrate, Valentina Ghio, vice-présidente du groupe à la Chambre et membre de la commission des transports. Le projet implique une mise sous tutelle des ports. Selon la députée, ce texte « paralyse les ports italiens et compromet leur capacité de développement. » Arguant que cette mesure entame l’autonomie des autorités portuaires, elle condamne ce texte qui « empêche de réaliser des investissements, de lancer de nouveaux travaux, de lancer des appels d’offres et de mettre en œuvre les stratégies à moyen et long terme. »

Une centralisation au détriment de l’autonomie locale

De plus, cette volonté de centraliser les décisions d’investissement des ports est vivement condamnée. Pour les opérationnels, la création de cette société vise à donner une vision « jacobine » de la gestion portuaire au détriment de l’autonomie locale. « Cette réforme bloque les investissements et affaiblit la compétitivité du système logistique national », a conclu la députée du Parti Démocrate.