Corridors et logistique

MACF : l’effet indésirable pour les territoires ultramarins

Dans une tribune, Jean-Claude Florentiny, directeur général du cabinet d’expertise Global Services & Logistics, explique les effets néfastes de l’application du Mécanisme d’ajustement du carbone aux frontières (MACF) pour les territoires ultramarins.

Le Mécanisme d’ajustement du carbone aux frontières (MACF) entre pleinement en vigueur depuis le 1er janvier. Il vise à soumettre les produits importés dans le territoire douanier de l’Union Européenne à une tarification du carbone équivalente à celle appliquée aux industriels européens fabriquant ces produits.

Une menace économique et sociale

Or, ce système « fait peser une menace sur économique et sociale sur les territoires français d’Amérique », indique Jean-Claude Florentiny dans une tribune publiée le 22 décembre. Pour le directeur général du cabinet Global Services & Logistics, l’application de ce système aux territoires ultramarins d’Amérique n’est pas réfléchi. En effet, cette taxe ignore les contraintes locales. Le MACF oblige les marchés antillais et guyanais à s’approvisionner encore plus en Europe. « Cette mesure nous détourne de nos marchés naturels que sont les Caraïbes et l’Amérique. ».

À rebours de la coopération régionale

Ainsi, les produits comme le clinker, le ciment, les aciers, l’aluminium, les produits azotés subiront une hausse mécanique de leur coût. Dans un contexte de pouvoir d’achat déjà fragilisé, l’entrée en vigueur du MACF ajoute à la crise. De plus, l’application de ce dispositif s’inscrit, pour ces territoires, dans une contradiction. En effet, les autorités cherchent à favoriser le développement des échanges régionaux. Pour les Antilles françaises et la Guyane, le MACF rend cette perspective plus couteuse. « Cette logique va à rebours des ambitions affichées de coopération régionale. Il fragilise les perspectives de marché unique antillais, de cabotage régional et de plateformes logistiques de proximité », continue Jean-Claude Florentiny.

Mener une étude d’impact

Face à ces effets, le directeur général appelle à mener une étude d’impact pour les territoires antillo-guyanais. Dans un premier temps, il demande la suspension de cette mesure ou, au moins, son adaptation. Il estime que le MACF « appliqué en l’état mettrait en péril des filières entières, renforcerait la dépendance aux importations lointaines et aggraverait la précarité sociale. Une position qui interviendrait quand la cohésion territoriale et la résilience économique devraient être des priorités absolues. »